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Des ides de Mars au 8 Mai, Jeanne d'Arc et Saints de Glace
Chronique
de René Saens, suivie d'un reportage en terre de
tradition, à Orléans, à l'occasion
des fêtes johanniques (festivités commémorant la
libération d'Orléans le 8 mai 1429, par Jeanne
d'Arc portée par les troupes du Dauphin de France, le futur
Charles VII)
Chronique et rappel historique, suivis d'une évocation poétique sur le thème de :
" la
Ballade de Jeanne " (texte et composition musicale)
Tout
d'abord, commençons par une information de type "Nature et
météo". Que signifie l'expression " Saints de glace " ?
Elle fait référence à la: période du calendrier
propice à un refroidissement des températures printanières (avec risque
de gel tardif pour les cultures) Chaque année, aux
alentours des 11, 12 et 13 mai, ce phénomène vise les pays situés au
nord de la Méditerranée. Les trois saints de glace sont : saint
Mamert, saint Pancrace et saint Servais.
Ndlr - Cette
chronique revêt un caractère particulier : elle alterne évocation historique,
réflexion et reportage contemporain. Suivant plusieurs
angles de vue, elle retranscrit des instants où
se rencontrent, voire s'entrechoquent, fresques
historiques et événements d'actualité.
Grâce
à Dieu ou à ses saints, ajoutons même que l'Histoire parvient aussi - avec l'aide des
hommes qui la façonnent -,
à se montrer digne de
respect. A une condition toutefois : encore faut-il que l'observateur
ait la volonté de régler la focale de l'appareil sur les
espaces de lumière, plutôt que sur ses zones d'ombre.
Il
ne sera pourtant pas question, ici, de revisiter l'histoire pour la
déformer. Tout en la respectant, l'auteur la rappelle en toile de fond.
Les touches, soit de critique, soit d'humour, qu'il se permet d'y
ajouter touchent à la
représentation contemporaine qui nous est livrée.
A
l'instar du drapeau (et du symbole qu'il resprésente), ne
soyons cependant ni surpris, ni choqués qu'un plus
grand nombre de nos concitoyens redécouvre cette l'histoire qui
a préfiguré la leur.
Demeure
une interrogation en toile de fond : Quel pourrait bien être
le symbole
suffisamment fort susceptbile de nous rassembler un jour ? Question à
1.000
€ ? Ne cherchez pas y à répondre immédiatement (attendez la fin de
l'analyse) Nous faisons confiance à votre intelligence pour mener à
bien cette approche (merci de
ne pas sous-entendre que nous avons eu tort de procéder ainsi)
Nous sommes même tentés de traiter la question comme le ferait un
animateur de télé... Tenez, voici un indice pour vous, auditeurs,
téléspectateurs et lecteurs : le 8 mai, n'est-ce pas aussi la date de
l'armistice, la fin de la seconde guerre mondiale. Cet indice sera
t'il suffisant pour que vous trouvez la réponse ? Qui veut prendre
la main ?
Initialement écrite en l'an de grâce 2005, cette
chronique peut encore surprendre. C'est la raison pour
laquelle nous
vous invitons à redécouvrir son
actualité.
Les
commémorations - que certains médias nous
font consommer souvent sans modération -, se déroulent
habituellement selon un protocole
éprouvé. Sauf imprévu (public frondeur ou absent pour causes de
conditions atmosphériques hostiles), le spectacle
laisse peu de place à
l'improvisation ou au renouvellement. Du moins, c'est ce que l'on
pouvait penser
jusqu'à présent.
... Après Mars et avril, les mois de tous les dangers pour la nature qui renaît, Mai pourrait-il se satisfaire de n'être que le mois du souvenir ?
A l'inverse, Mai deviendra t'il le point de référence et le
carrefour stratégique de nos choix de société ? Autrement dit,
pouvons-nous dire que ce mois se situe à la croisée des
chemins que l'histoire visite et revisite à intervalles
réguliers ou bien à l'orée d'une réflexion
qui prépare notre avenir citoyen ?
Allons
y regarder de plus près, sans pour autant consulter les augures.
Le cru - présent ou à venir -, peut-il, à son
tour, nous réserver bien des surprises ?
Quand l'Histoire s'en va... télescoper le présent
Pour nombre
d’entre nous, le mois de mai (qui s'annonce dès le
printemps) - déjà bien chargé d'Histoire et
d'histoires - demeure bien
énigmatique.
C’est le mois de tous les contrastes.
Pourtant affublé, il y a quelques années encore,
d'un surnom flatteur, le « joli mois de mai »,
chercherait-il à son tour à nous couper
l’herbe sous le pied ?
Habituellement, pour les travailleurs
des champs et des villes, les quelques semaines couvertes par ce mois
étaient synonymes de promesses de récupération et de réconfort. " MAI " nous offrait
généreusement ses jours
fériés et ses jours de pont. Mois «
marial » aussi, pour celles et ceux qui ont emmené
dans leurs humbles besaces quelques souvenirs d’enfance
toujours aussi vivaces. Que s’est-il donc passé ?
A l’origine, un dérèglement climatique (la canicule de 2003 qui, à sa façon, est
entrée,
elle-aussi, dans l'histoire) a provoqué une mise à
contribution des
Français en faveur de leurs valeureux
aînés. Avec pour résultat : en mai, un jour
férié en moins ou quelque chose qui y ressemble
fort pour celles et ceux qui ne se le voient pas offert. Car, il faut
bien le dire, des passe-droits existent aussi dont
bénéficient pas seulement les
plus fortunés
Aurions-nous
oubliés que la survie à un coût… qu’IL
(Dieu) n’a - semble t’il - pas prévu ! En
outre, serions-nous devenus nous-aussi, collectivement et «
communautairement » plus égoïstes ? A ces
questions, nous ne prétendons pas avoir de
réponse « prête à
poster » Nous les posons cependant,
Chaque année et
certaines années de (dis)grâce plus que d'autres,
les événements qui ont fait l'histoire
(entretenus - parfois plus que de raison -, par celles et ceux pour qui l'horloge et la
référence au temps se sont
arrêtées dans un
passé révolu, mais qui, néanmoins, reste porteur
de
messages) viennent
s'inscruster dans notre actualité.
Ainsi, l'anniversaire
de la
fin de la seconde guerre mondiale et la commémoration des
exactions qui l’ont accompagné s'invitent-ils régulièrement
au banquet des tables et tablettes médiatiques,
pour
former tout autant d'accumulations d’atrocités
remontées à la
surface !
Certes, il faut bien, de temps à autre, les rappeler et
les gérer, personne n’en doute.
Mais
faut-il le faire chaque fois avec autant d'insistance, au point de contribuer
à entretenir un climat délétère ?
Contrairement
à ce que l’on pourrait penser en de telles
circonstances, le plus souvent… peu d’analyses approfondies, de
nature sociologique et historique, ni de développements
vraiment pédagogiques ne voient le jour.
En
réalité, beaucoup de discours officiels
se contentent de redites culpabilisantes, faisant ainsi douter
de
leur efficacité. Peut-on se satisfaire de
«
placages d’informations » en dehors de toute
rigueur de présentation et de toute évaluation ?
(Ndrl - trop de catastrophisme ou de « catastrophe à visage humain » pour reprendre l'expression d'Alain Minc) Il ne serait d'ailleurs pas inutile de revenir sur ces
différents points. Peut-être, nous
permettrons-nous même, ici, quelque audace en
suggérant des réflexions qui pourraient nous
faire sortir des chemins de la désespérance sur
lesquels certains semblent nous conduire avec trop
d’assiduité et d'insistance !
Revenons-en à des sujets plus légers.
Comme chaque
année, les
anniversaires
frappent aussi
aux portes de palais républicains.
D’aucuns n’osent les fêter, comme
s’il y avait, non pas de la honte à cela, mais
quelque mauvaise conscience à le faire. Tandis que certains
se font porter pâles, d’autres se font de la bile,
au point même de s’en faire opérer. Tout
laisse donc à penser que, en dépit du Carême des
chrétiens, il y a de
l’engorgement dans l’air, autant que dans les tubes
digestifs. Cela au moment même où les Chinois font
feu de tous bois et de toute part pour alimenter notre
société de consommation ! Ont-ils besoin de nous rappeler
que ce
sont eux qui ont inventé la poudre ?
Quelques-uns diront : « Attendons encore
un peu » Les ides de mars sont passées…
malgré tout (sans que, pour autant, beaucoup
d'idées nouvelles aient fleuri) et, mieux que
César, nous y avons survécu... quand
même. Laissons désormais passer la «
lune rousse » et les « saints de glace »
Autrement dit, ces jours où les risques de gelées
tardives sont plus grands. Rappelons que celles-ci «
roussissent » les jeunes pousses qui avaient eu la
malencontreuse idée de faire trop vite confiance au
printemps, à la manière dont les
électeurs font, souvent et trop naïvement,
confiance aux élus !
Est-ce que ce sera mieux plus tard, le jour où nous verrons
peut-être… la fin des haricots ? En tout cas,
voici que s’annoncent des fins de mois difficiles, politiquement
parlant, cette fois (Ndrl
- Rappel historique : en mai 2005, le
référendum sur le
traité européen, parti d'un petit oui porteur de bien peu
d'espérance, se termina par un non
fortement dubitatif. Décidément, avril et mai au
jardin, des mois où fleurissent les surprises de taille)
Au milieu du gué, pouvons-nous enregistrer d’autres
défaillances ?
Jeanne
d’Arc aussi ?
Pour ceux qui ne seraient pas Orléanais - et nous les savons
nombreux -, nous rappelons ici que, il y a six
siècles " moins le quart " (ce qui nous fait dire que les voix prônant une sixième
république ne sont, probablement encore, qu'à leurs balbutiements !), un certain 8 mai de
l’an de grâce 1429, Jeanne d’Arc
délivrait Orléans. Le temps pour votre serviteur
de rendre hommage à cette valeureuse Jeanne, issue du
Peuple, autant dire à cette « Grande dame
» de l’histoire de France qui sut
libérer les femmes et les hommes de son temps du joug
d’un envahisseur. Que de conséquences évitées en termes d’humiliations, de souffrances et de
privation de liberté !
Autres
temps, autres mœurs, diront
certains. D’où elle se trouve
aujourd’hui, notre bergère lorraine a du, depuis le temps,
pardonner aux Anglais, ainsi qu'à leurs descendants devenus,
entretemps, sociaux-démocrates ou blairistes (voire
même
affairistes) En tout cas, c'est certain, ils continuent de s'opposer
aux Européens, eux qui semblent désormais réussir bien mieux
que
nous, économiquement parlant du moins. Outrecuidance ultime, ils
se permettent de venir racheter nos terres de France devenues
presque... européennes ! Very Choking !
Revenons à l'histoire régionale de ce " petit coin de
France " à qui la Nation française, l'Esprit et le Siècle des Lumière
doivent pourtant leur survie.
Pour sa part, l'anniversaire
" johannique " demeure, en terres orléanaises du moins, un passage
obligé. Nous sommes cependant d'avis que, mieux
traitées, les fêtes johanniques seraient susceptibles d'avoir une
audience
plus large et mieux comprise (Ndlr
– Dans une dizaine de villes de France, dont Reims et Rouen,
mais cependant à des dates différentes, se
déroulent ainsi des cérémonies
commémoratives en hommage, non seulement à Jeanne
d’Arc, mais aux hommes et événements
qui ont fait la France et son histoire) Il arrive que les festivités qui y sont organisées enregistrent parfois des défections
de
marque. Ainsi, en 2005, Monsieur
Valéry Giscard d’Estaing, autrement dit le
père putatif de la Constitution européenne,
devait-il
décliner l’invitation à venir
les présider à Orléans.
Avait-il entendu des
contre-voix ou pensait-il que certaines voix allaient d'ores et
déjà lui faire défaut ? Ce signe
devait-il
être
considéré comme un mauvais présage,
un pressentiment laissant déjà
transparaître un avant-goût d'amertume ?
Retour
sur histoire : en cette matinée
du huit
mai, tombant un dimanche, le parvis de la cathédrale
d’Orléans paraissait plutôt
clairsemé. Les lourdes grilles de fer qui obstruaient
l’accès à la cathédrale
ressemblaient, dans leur indifférence hautaine, à
des grilles de Préfecture française un dimanche
ordinaire ; d'autres diront à un jour de semaine
précédant la visite du Ministre de l'Intérieur. A
contrario, cela nous rappelait – non sans
quelque tristesse – que, au Moyen Age du moins, les
cathédrales étaient des lieux de vie et de
rencontre(s).
Pourtant, vers les onze heures, alors que le «
défilé des provinces » entamait sa
deuxième demi-heure, le bourdon et les cloches
commencèrent à vouloir communiquer un
début d’allégresse. Elles
s’ouvrirent pour laisser place aux quelques dizaines de
personnalités et de Corps constitués qui
s’y étaient réfugiés, tandis
que d’autres, en tenue officielle, faisaient patiemment, mais
dehors, le pied grue. Venues du cortège quelques
personnalités saluèrent leurs compatriotes plus
ou moins anonymes. La plupart cependant, restèrent droit
dans leurs bottes, comme à la parade, le regard droit devant
!
Il
faisait beau, c’était
l’essentiel. Aucune des gentes dames présentes,
à une exception près (l'épouse du
Maire, qui se
voulait aussi élégante que la reine d'Angleterre)
n’avait
jugé utile de se couvrir d’un chapeau faisant
office de « pare-soleil » ou de «
parapluie » à utiliser selon les circonstances. Il
faut dire que le fauchage des blés, comme les
élections, n'était pas encore à
l’ordre du jour.
Que s’est-il passé ou dit au cours de la
cérémonie ecclésiale qui vient
d’être évoquée ? Nous ne le
savons pas ! Le cortège officiel
s’ébranla en essayant de régler ses pas
de modernité peu motivante dans une tradition certes fort
respectable, mais probablement plus spontanée et plus
enthousiaste en d’autres temps, … celui des
héros [Les personnalités habituelles
étaient au rendez-vous, à des titres divers, en
recherche de contacts sincères, d’acclamations ou
de prestige, pour des fêtes johanniques qui semblaient
cependant avoir quelques difficultés à trouver
leurs marques (coup de fatigue, imagination et attention en berne ou
déconnexion d’avec les
réalités du moment… ? Comme dans un
règne gagné par la désillusion, elles
ne devaient cependant pas connaître - du moins " cette
année-là " - d'enthousiasme véritable
(fenêtres fermées, plus personne aux balcons)
Elles furent néanmoins marquées
(sauvées ?) par l'hôte du jour, Monsieur Jean-Louis Debré,
Président de l’Assemblée Nationale, de
même que par Guillemette Jourdain, en digne
représentante de Jeanne, probablement la plus
crédible et la plus sincère dans sa fonction,
sans oublier – fidélité oblige
– les Forces Armées et les infatigables (mais pour
combien de temps encore ?) « Sudistes » de
Saint-Marceau mouillant, comme à l'accoutumée,
leur chemise]
En tout cas, restant quelque peu sur ma faim,
j’eus l’idée de me diriger vers
la rive sud de la Loire, autrement dit du
côté de l’ancien fort des Tourelles.
C’est ainsi que mes pas me conduisirent
spontanément vers un autre édifice, de dimension bien plus modeste,
mais qui avait cependant fait salle comble. Ses
portes étaient d’ailleurs largement ouvertes.
Etait-ce le fait du hasard ? Je ne fus pas surpris d’y
retrouver le maître des lieux (pardon, le maître de cérémonies)
qui entretenait une assistance attentive en termes directs et
néanmoins pertinents.
Cet homme, les lecteurs le connaissent
déjà (voir la chronique « Vicaire
à Saint-Tropez » ainsi que le livre portant le
même titre) Au moment où j’entrai, je
l’entendis prononcer ces quelques mots :
« Jeanne avait
reçu une mission. Comme pour chacun de nous, elle se
révèle chaque jour »
Je ne pus
m’empêcher de penser : « Se pourrait-il
que, aujourd’hui, à Orléans,
l’Esprit ou peut-être même son Esprit, se
trouve ici ? »
Ndrl
- Dans ce dernier paragraphe, l'auteur fait allusion à
Gérard Fouquet qui fut, jusqu'à la date récente de
cessation de ses fonctions, le très estimé
curé-doyen de Saint-Marceau. A noter, au sujet de cet édifice religieux, qu'il fut le premier de France à
recevoir habilitation pour y construire un autel en l'honneur de
Jeanne d'Arc. Autre fait marquant, il abrite un orgue exceptionnel,
récemment rénové. C'est le seul en France
où l'on peut jouer l'ensemble du répertoire de
Jean-Sébastien Bach. Enfin, fait notoire
également, chaque année à l'occasion de la
Saint-Fiacre (saint-patron des jardiniers), les horticulteurs,
pépiniéristes, paysagistes et fleuristes orléanais
rivalisent de prouesses pour décorer l'édifice avec
magnificence.
René
Saens,
8 mai 2005.
Ce rappel historique
est un hommage à Jeanne,
l'héroïne, et à ses " compagnons "
d'épopée, gens d'histoire et de faits d'armes :
Baudricourt, Xaintrailles, La Hire, l'écuyer Jean
d'Aulon, Alençon, De Rais, et... tous les autres, simples
soldats, sans oublier non plus le Commandant en chef, le "
Beau Dunois " dont le rôle fut décisif.
Surnommé le " Bâtard d'Orléans ", sans
que cela puisse être interprèté,
y-compris par lui, comme péjoratif, il était le
demi-frère de Charles VII. Ce dernier, alors
appelé le Dauphin, fils renié de Charles VI et
d'Isabeau de Bavière, ne fut pas
considéré par l'Histoire comme faisant partie des
plus valeureux. Cependant, fort jeune à l'époque
des faits, il sut se ressaisir lors de son règne, en prenant
des mesures plus énergiques et pertinentes. Ainsi,
l'unité du pays qui devint la France, fut-elle
consolidée et préservée par son fils
et successeur Louis XI. Ce n'est que bien plus tard qu'elle engendrera
les " Lumières " de
même que, après bien des soubresauts, la mise en
œuvre de principes républicains qui, au cours des siècles, ont fait l'objet
de nombreuses discussions ou remises en question. Aujourd'hui
encore, les Français se réfèrent
à des situations et événements pour
lesquels ils
ont probablement quelques raisons d'éprouver un sentiment de
fierté (et d'autres moins,
dès lors qu’il faut considérer, aussi,
le revers de certaines médailles) En tout cas, n'oublions
pas, en les associant à l’hommage
précédent, celles et ceux qui ont
souffert et se sont battus avec force et conviction (soldats,
résistants, déportés) et qui,
aujourd’hui encore de par le Monde, continuent de se battre,
parfois au prix de leur vie, pour ce simple mot, une parole sans cesse
attaquée, mais préservée à
cause de ce qu'elle représente : " Liberté
"
PS : Le lecteur ne sera
pas surpris de trouver dans le prolongement de
cette chronique, comme nous le faisons de temps à autre
– en tout cas le plus souvent possible – un
poème.
En effet, aucun lecteur ne nous reprochera, et nous lui en
sommes gré, de chercher à réchauffer
l'atmosphère dans l'attente de jours meilleurs, à défaut de jours de liesse !
Les
circonstances et notre dévotion à Jeanne nous y obligent aussi tout
naturellement. Ce ne sera cependant pas « Sambre et Meuse
», bien que ce genre de filiation ne lui soit pas
étranger non plus. Il est intitulé : «
La balade de Jeanne », balade devenue, après harmonisation
et orchestration «
La balade de Jeanne » (avec deux « ll » cette fois :
La ballade de Jeanne
(extraits)
Elle n’en finissait pas,
La guerre de Cent ans !
Joan of Arc,
Princesse des cœurs,
Sous les murs d’Orléans,
Tu as engagé
Le recours des gens,
Ville libérée !
Joan
of Arc,
Jeanne
la pure,
Que
longtemps durent,
Les
lendemains
Que
l’on ne craint !
Jehanne
d’Arc.
De toi, on s’est moqué ;
Nous sommes choqués !
Joan of Arc,
Princesse des cœurs,
Avais-tu le choix,
De le récuser,
L’immortel régent
De ta destinée ?
A l’écoute des voix,
Emprunte d’émoi,
Joan of Arc,
Princesse des cœurs,
Tu ouvres le chemin,
Sans chaîne entravée,
A des lendemains
Longtemps espérés.
[ … ]
Tu préfères la rebelle
Aux charmes de la belle.
Joan of Arc,
Princesse des cœurs,
Que la Justice immonde,
Par toi rejetée,
Epargne le monde
Et tous ses blessés.
Tu n’es la possédée
D’aucune entité !
Joan of Arc,
Princesse des cœurs,
Au peuple, tu appartiens !
Presque inespérée,
Ta voix nous parvient :
Vive la Liberté !
Paroles et musique de René
Saens
Ndrl
- " La Ballade de Jeanne " a été interprêtée
en public pour la première fois le 8 mai 2004 à l'occasion du cinq
cent soixante quinzième anniversaire de la libération
d'Orléans par Jeanne d'Arc.
Pour la (petite)
histoire, le texte initial comportait deux strophes supplémentaires.
La première (il est probable que l'auteur se soit autocensuré) ne figure cependant pas sur le CD musical. La voici :
[Tu
n’as pas fait l’Ena
Pour
servir l’Etat,
Joan
of Arc,
Princesse
des cœurs,
Nul
besoin de mentir
Pour
les amadouer,
Humains
à servir,
Par
toi, tant aimés]
La seconde, éludée cette fois par le Comité d'Organisation, était ainsi libellée :
Finie la Guerre des Roses
Ton arme repose !
Joan of Arc,
Princesse des coeurs,
Que la perfide Albion,
Enfin écartée,
Dépose ses pions
Sur ton échiquier.
.....
Décidément,
il était écrit que l'histoire, celle qui s'écrit
tous les jours, a plus d'un tour dans son sac. Qui pouvait bien se douter
que, quelques années plus tard, une candidate à la
magistrature suprême - au demeurant socialiste et laïque pratiquante - viendrait,
elle-aussi, revendiquer ce qui pourrait s'apparenter à un
héritage prémonitoire ?
Encore
une histoire de voix ! Cependant, à supposer que le respect pour
l'Histoire comporte une part notable de sincérité (et
d'humilité) soient bien au rendez-vous, nous considérons avec bienveillance toute candidature au Club des
admirateurs de l'héroïne et de l'histoire de France !
.....
© Novasens - René Saens,
Extrait
du CD musical « Fleuve
sauvage »
Celui-ci
contient quatre morceaux, soit
2
titres suivis de leur version orchestrale :
.
« Mes
îles au Bord de Loire »
.
« La Ballade
de Jeanne »
(une création artistique vivante
et contemporaine
et, aussi... une idée cadeau toujours d'actualité
!)
EDRS Editions et Tec Infor com, 2004-2009
(Titre et recueil toujours disponibles auprès de l’Editeur)
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