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« Edvige », une « salope » en
gestation ? Chronique
de René Saens
Peut-on
mieux maîtriser les dérives humaines (ou celles des Institutions
que les hommes se sont donnés) que les violences de la nature ?
Suffit-il de les affubler d’un nom flatteur, au demeurant à consonance
féminine pour en diminuer les outrances réelles et/ou
potentielles ? A ces questions, simples dans leur exposé, nous
aimerions apporter quelques éléments de réponse aux implications bien
plus complexes et fondamentales qu'il n'y paraît.
Big Brother pris dans l'oeil du cyclone
Souvenons-nous :
Katrina ou, plus récemment, Hana… des noms de sinistre mémoire, ceux d’ouragans qui ont
ravagé la Caraïbe, puis, dans leur foulée, les côtes américaines.
Pourtant, à l’origine, ces noms semblaient… presque sympathiques !
Venons-en
maintenant à l’« ouragan Edvige » Que peut-on craindre aujourd’hui de
ce fichier « Edvige » (« Exploitation Documentaire et Valorisation de
l'Information Générale »), une base de données destinée à tracer les
éléments d’information relatifs à chaque individu vivant sur le
territoire national ?
A l’origine, et comme de
coutume pourrions-nous dire, de « bonnes intentions » et de « fins
prétextes ». Des motifs de sécurité évidents, puisqu'il s'agit de prévenir et
de suivre les actions de toute personne (qualifiée généralement d’«
individu » par la police) pouvant intenter à l’ordre public et, dans le
pire des cas, susceptible aussi de s’engager dans des actions à
caractère violent, voire de perpétuer des attentats.
Un « monde dangereux » qui doit
cependant rester « vivable »
Sur la
finalité, la sécurité publique, nous ne pouvons nier que les dangers
sont bien réels. De fait, Il existe de - bonnes - raisons de suivre les
actions de toute personne désireuse d'intenter à l’intégrité de la
Nation et à la Sécurité des citoyens. Nous vivons, en effet, dans un
monde où les dangers peuvent poindre et se concrétiser à chaque
instant, de multiples façons et au travers d'instruments sophistiqués. Nous savons par
exemple que les technologies peuvent être détournées pour s'inscrire dans
des actes de malveillance et de sabotage. En outre, il est exact que
des menaces de nature terroriste existent bel et bien. Elles émanent,
en particulier mais pas seulement, de groupes islamistes (parfois
manipulés par ceux qui en tirent profit, cela s'est déjà vu) et dont
les ramifications sont internationales.
La psychose de la « société de la
suspicion et du danger permanents » !
Si le doute est permis
et, donc, si la vigilance est de mise, ne faut-il pas craindre, à
l’inverse, qu’un excès de zèle vienne nuire au citoyen en faisant peser
sur lui une suspicion permanente, sujette en outre à caution ? Quelles
dérives sont à attendre ou à craindre ?
Dans le
décret mettant en œuvre le fichier Edvige, il est question de ficher
les personnes « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public »
Examinons donc la « nature » de cette surprenante imprécision.
Une
telle formule est, à l’évidence, inacceptable en
l'état ! Nous ne
sommes pas loin de l’arbitraire du « délit de sale
gueule » et de la
mauvaise intention supposée… livrée à la
seule appréciation
(subjective) du policier ou du gendarme de service, autrement dit
à des
critères dépendant de la simple interprétation et
de l' « humeur » (ou encore de l'hystérie
médiatique) du
moment.
A
partir de là, toutes les dérives sont – à
l’évidence et hélas – permises. Ainsi, rien n’indique qu’il ne soit
pas « jugé ou apprécié » - par des policiers zélés - que des
gamins dessinant un jeu de marelle à la craie sur la voie publique
puissent être considérés comme des tremblions potentiels à l’ordre
public
!
L’exemple peut paraître caricatural ou excessif ? Pas si sûr !
Réfléchissez-y bien !
Il est donc sage que de telles
mesures soient circonstanciées et encadrées. Nous préconisons donc une
démarche inverse à une interprétation « potentiellement » abstraite et
arbitraire. Sans parler des conditions d'accès à un tel fichier, par
qui et comment ? Les risques de détournement d'utilisation et d'utilisation frauduleuse sont, tout autant, réels.
L’assertion « susceptible de porter
atteinte à l’ordre public » s’avère grotesque et dangereuse en
l'absence de faits précis et circonstanciés. En effet, le fichage ne
peut se concevoir que pour les personnes ayant participé à des actes de
violences ou en ayant fait l’apologie ou encore ayant manifesté
(publiquement ou secrètement) leur intention d’y prendre part.
La liberté est un combat de tous
les jours
Nous vivons dans une société
certes très imparfaite, mais « globalement » démocratique » (du moins
dans ses aspirations), ainsi que dans un Etat de droit (mais dont le Droit est souvent
détourné à leur profit par des « puissants », voire des « exploiteurs »
sachant habilement, via des relations entretenues au plus haut niveau, utiliser la
loi à leur profit)
C’est dire que le combat pour la
démocratie est un combat « permanent » Nul ne
saurait l’oublier. Il
faut savoir aussi que, tous les jours, des milliers de « petits
fachos
en puissance » partent à leur travail, dans
l’attente de pouvoir se
distinguer. De tous temps, ces hommes et ces femmes zélés
ont existé.
Ils sont toujours là, aujourd’hui, tapis dans les replis
de leur ombre,
comme le ferait des petits chiens attendant le moment propice de faire
plaisir à leur maître (ou précipiter le cours de
leur avancement
incertain) Il en existe des milliers dans l’Administration (en
particulier, dans l’administration fiscale) En l’absence
d’un
encadrement vigilant, ces individus sont de véritables dangers.
Par le
passé, leur mentalité servile et leur absence de
discernement en ont fait d’ « excellents collabos »
des régimes d’inspiration fasciste ou totalitaire,
autrement dit
d’authentiques traîtres à leur pays et à
leurs concitoyens !
Evoquons
donc, aussi, cet « encadrement » qui, lui-aussi, n’est pas sans poser
problème ! Nous vivons encore dans la survivance idéologique d’un Etat
centralisé abritant une Haute Fonction publique instruite dans la
croyance de sa supériorité régalienne et de sa toute puissance à gérer
– souvent fort mal – les affaires du pays. Ces hauts
fonctionnaires, façonnés selon l’ancienne tradition, n’ont pas encore
compris que le pouvoir dont ils se croient investis n’est qu’un pouvoir
de délégation et, surtout, de SERVICE. A l'inverse, ils travestissent
ou trahissent bien souvent leurs missions, plus préoccupés qu’ils sont
par la défense de leurs intérêts, privilèges et statuts.
Pourtant,
pour subsister dans son utilité, le pouvoir est, sera et devra
être citoyen. Pour qu’il en soit ainsi, encore vaudrait-il mieux que
les médias traditionnels (plus enclins à agir en lèche-bottes des
idéologies et pouvoirs dominants) mettent un point d’honneur à
participer à l’éducation civique, autrement dit à la constitution d’un
état d’esprit citoyen. A l’inverse, leurs directions respectives,
issues du même sérail idéologique et de la même veine autocratique de
l'élitisme auto proclamé - imbues d’un complexe de supériorité qui
donne bien souvent l'envie de vomir –, sont – aujourd’hui encore, à
quelques exceptions près – bien incapable d’y contribuer de façon
décisive.
Alors,
Citoyens, réveillez-vous et ne vous laisser pas tondre la
laine sur le dos. Ne vous laissez pas « ficher » comme des animaux !
Ces gens-là, Monsieur,
voudraient vous posséder dans leur fichier comme si, de vous Citoyens, ils
voulaient continuer de se considérer les propriétaires. Dans leur
esprit, vous êtes leurs serfs, « invités à » sinon contraints d’agir et de penser comme
eux. La question vous est posée : vous contenterez-vous d'être leurs
larbins ?!
Ces
gens-là, Monsieur, sont de Droite et de Gauche confondues
(peut-être même bien encore plus près d'une gauche d’inspiration étatique,
sectaire et totalitaire qui, dans sa superbe, prétend, à sa façon
aussi, tout régir et diriger, y-compris les consciences - le bonheur
malgré vous, cela ne vous dit rien ?)
Ils sont unis
dans leur combat, alors, nous-aussi, soyons unis dans le nôtre, celui
de la Liberté et de la libre conscience !
René
Saens,
Le 10 septembre 2008
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