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Emmanuelle
Beart : artiste
engagée ou nouvelle Emmanuelle ?
- Chronique de René Saens .
Cet
article a fait l'objet d'une première publication en
avril 2005 sous le titre : " Fantasme cinématographique ou
nouvelle
Emmanuelle ? " Il a fait l'objet d'une actualisation en avril 2010.
Dans
cette chronique, relative aux prestations de Emmanuelle Beart au
cinéma, René
Saens aborde la question de l'image de l'artiste et de la
femme. La
sortie du film dans lequel elle a donné la
réplique à Charles
Berling : " Un fil à la patte " de Michel Deville
(comédie inspirée de
l'oeuvre de Georges Feydeau) en sert d'illustration.
Les
lectrices et lecteurs intéressés par
l'actualité mannequinat
et photos de l'actrice, sont priés de se reporter
à la rubrique intitulée
:"
Femme libérée " de fantasmes
inavoués... (lien)
Présentation décalée
(sur un ton humoristique) de l'Album " Cuba libre ", recueil
de photos de
nu artistique, par
Sylvie
Lancrenon (prudes s'abstenir)
NB
- Il ne
s'agit pas, ici, de porter un jugement de valeur sur une prestation
d'acteur ou sur le thème abordé dans un film,
mais sur les conséquences de sa présentation. Ces
rélexions valent, en particulier, pour les
publivores "
façonneurs " de stars.
La
question posée par cette chronique est la suivante : "Est-ce
qu'une actrice (ou tout acteur) engagée dans un film doit se
" laisser prendre " son image à l'occasion de la
présentation aléatoire qui en est faite lors de
sa sortie ? "
Nous
le savons tous, les acteurs louent leurs services pour jouer dans des
fictions. Cependant, est-ce anodin ? Notre interrogation est la
suivante : la présentation du film " un fil à la
patte " (sorti en avril 2005) ne risque t'elle pas d'écorner
l'image que
Emmanuelle Beart a
voulu donner au travers de ses engagements (ce faisant, nous
ne
dénions pas à l'artiste le droit de faire ce que
bon lui
semble,
nonobstant les véritables choix que nous souhaitons pour
elle) ?
Ainsi, l'affiche
placardée à l'occasion de la sortie
de ce film n'est-elle pas contre-productive
à bien des
égards ? En tout cas, surprenante et inattendue par rapport
à certains de ses combats et engagements
antérieurs.
Bien que ne lui étant
pas spécifiquement consacrée, le
présent sujet inclut aussi, circonstance oblige, une
- inévitable - critique de la présentation
(affiche plus bande annonce) du film " un fil à la patte "
et de son accroche promotionnelle inattendue. Cette dernière
présente en effet, et à notre vive surprise, les
caractéristiques d'un travail fait avec les mailles
épaisses d'une dentelle aguicheuse qui voudrait former un
filet racoleur. L'affiche de ce long métrage à
l'état d'esprit probablement un peu court laisse transpirer
le résultat d'un art incertain. Quelque chose qui ressemble
à du voyeurisme, mâtiné d'un clin
d'oeil trop appuyé en direction du porno
banalisé, avec en prime la mission impossible de faire
vendre à bon prix ... quelque chose qui ne le vaut pas (du
montage bricolé dans tous les sens du terme). L'objectif
recherché était peut-être
différent. En tout cas, le résultat est
là, sous nos yeux pourrait-on dire. Autant de choses, donc,
assez éloignées de la façon dont
l'image des acteurs est utilisée habituellement. L'effet de
surprise passé, le spectateur semble pourtant offrir une
bonne résistance au piège qui lui a
été tendu par... on ne se sait qui - mais veut-il
savoir ? Incrédule, il ne cherche même pas
à en détricoter les tenants et les aboutissants.
Ce fil paraît en effet bien trop gros.
Supposons, un instant, que les producteurs veuillent écouler
le produit de ces brillantes é...lucubrations à
l'international. Auront-ils d'eux mêmes la décence
de changer l'affiche du film ? En effet, comment ne pas se souvenir que
l'actrice principale visitait, il n'y a pas si longtemps encore,
plusieurs pays du Sud-est asiatique en vue d'assurer la promotion
d'autres causes, dont la protection des enfants victimes de la
prostitution et des abus sexuels ? Un minimum de cohérence
s'impose, nous semble-t'il, même si la répartition
internationale du travail autorise l'incitation au voyeurisme ici, et
l'hypothétique possibilité de se refaire une
virginité là-bas ! Un tel scénario
apparait cependant porteur de trop de malentendus.
Décidément, cela ressemble à un grand
coup bas porté aux grandes causes. L'actrice a-t'elle
été abusée à son tour ?
S'est-elle laissée, à son insu, prendre et
détourner son image ? Mais dans ce cas, qu'elle veuille bien
le dire ... afin de lever toute ambiguité !
Notre
" coup de gueule " est motivé par des
considérations tout à fait
élémentaires qui, nous l'espérons,
apparaîtront justifiées : nous aimons la vie
autant que nous aimons les femmes. Oui, nous sommes d'accord pour dire
que faire l'amour (ce que certains appellent, plus
communément, baiser) a un sens... sans doute
traité de façon bien légère
dans un vaudeville. En tout cas la présentation qui nous en
est faite est, " ar-tis-ti-que-ment parlant ", trop gratuite !
Même pour faire vendre un film, une telle allusion au sexe
monté sur de gros sabots ne paie donc pas, sauf pour sa
mauvaise mine et ses mauvais crayons. Ce coup (de pub de bazar) ne
s'avère donc pas aussi génial que le producteur
l'avait imaginé. Plus important encore, nous pensons que
certaines personnes pourront, devant cette publicité, se
sentir violées ou flouées par ce
détournement d'intimité. Que dire aussi de cette
" image tout public " lancée y-compris et surtout
à la vue des plus jeunes ? S'agit-il d'une alternative
à l'éducation sentimentale ? Est-ce trop demander
que de suggérer de mettre un peu plus de
poésie dans la communication publique (il faudra certes
ramer dur, tellement on re-part de loin). Voici ce qui
rappellera sans doute aux lectrices et aux lecteurs une exclamation
trop vite passée de mode, entendue pourtant à un
moment ou à un autre de leur vie. Elle donna d'ailleurs lieu
au titre d'un film : " Et la tendresse, bordel ! ". A supposer qu'un
film n'ait pas vocation à verser dans
l'angélisme, car le thème qu'il traite est tout
autre, au moins peut-on s'attendre à davantage de
délicatesse ou d'attention dans sa présentation.
S'il
était possible de résumer en quelques mots les
propos précédents, nous dirions que le respect du
public est une règle intangible. Si on a cru pouvoir le
méprendre, lui - le public - ne se trompera pas en
retour ! ... Nous voulons bien admettre que tous les genres sont
possibles. C'est même souhaitable. Mais alors, ne
faut-il pas mieux rechercher une présentation et un
cadre mieux en adéquation ?
Au champ d'honneur des comparaisons, il ne suffit pas de lever la
tête pour relever le débat. Depuis les temps
immémoriaux de la « feue
médiatique » Brigitte Bardot,
jusqu'à notre époque contemporaine, nombre de
stars du grand et du petit écran se
sont essayées - le plus souvent avec bonheur - à
des arts difficiles, le temps de se ménager quelques
respirations et ressourcements.
Il ne s'agit pas de pratiquer l'étiquetage ou le
dés-habillage a priori, autrement dit la critique gratuite
... Nous
nous efforçons de suivre avec un regard attentif les
évolutions qui subliment la
créativité. C'est la raison pour laquelle nous
sommes particulièrement sensibles aux messages que nous
transmettent les interprètes qui affirment vouloir donner un
nouveau cours à leur mode d'expression, voire même
un tour nouveau à leur carrière.
(Entr'acte
ou parenthèse ?) Sans être ni dans le
personnage, ni dans la peau de
l'actrice, quelques questions viennent
cependant à l'esprit : Quel jeu veut-on lui faire
jouer ? Comment envisage-t'elle ses prochains
rôles et la
présention qui en sera faite ? Dans les circonstances
qui viennent d'être évoquées, est-ce
que Emmanuelle Beart n'a pas
fait - dans la période récente - des choix
cinématographiques plutôt
imprudents ? Les situations illustrées par des
comédies de boulevard de type " jambes en l'air " font
certes partie d'un répertoire qui a fait le lit des plaisirs
de moultes générations. A ce titre, nous les
apprécions, et n'excluons donc pas les fantasmes divers qui
peuvent, aussi et parfois, donner lieu à
réalisation. Cependant certaines intrigues apparaissent bien
légères, voire décalées par
rapport au temps, au genre et à l'action, et
peut-être même tout juste à la hauteur,
soit de la carrière, soit de l'idée que l'on se
fait de la star... Une fois de plus, il s'avère
donc que, tout en dirigeant des acteurs, un metteur en scène
ou un réalisateur endosse une lourde
responsabilité dans l'aventure qu'il fait courir
à ses " bons petits soldats " ! Ces derniers peuvent ainsi
se trouver mis à contribution pour essayer - en vain - de
sauver un film du naufrage. Pour autant, doivent-ils se
"décarcasser" au point d'accepter de se laisser prendre (le
cas échéant " voler ") leur
image par le
manque d'inspiration d'une jaquette qui donne l'impression
d'être encore plus racoleuse et besogneuse que celle d'un
film porno ? A priori, nul acteur désireux de sauver sa peau
ne devrait être contraint (même, et encore moins,
pour faire plaisir à un réalisateur),
à " monter " dans un film qui a tout l'air d'être
une galère qui prend l'eau de toutes parts ! Les films sont
par définition des entreprises qui demandent de fortes
implications, nous le savons bien. S'embarquer avec des
réalisateurs qui veulent réaliser leur fantasmes
tardifs apparaît fort risqué. Concernant Michel
Deville, que lui reste-t'il de la connaissance du mélange
subtil d'audace équilibrée de
poésie qu'il
sut pourtant manier avec un certain talent - il est vrai il y a fort
longtemps - dans " Benjamin ou les mémoires d'un puceau
" (avec l'aide décisive de Nina
Campaneez) ? Une brochette prestigieuse d'artistes peut-elle
le sauver d'une
entreprise hasardeuse ? Son dernier film ne recevra probablement pas le
parainnage de l'Unicef qui, en la matière, semble cependant
moins regardante que le Comité Miss France au sujet du
respect de l'image ! En définitive, il est donc heureux
qu'une présentation apparemment ratée ne traduise
probablement que la réalité d'un film qui ne
tient pas son rendez-vous avec les acteurs, ce qui a au moins le
mérite, convenons-en, d'épargner au spectateur de
se faire berner plus longtemps... Un vif regret bien sûr pour
un réalisateur qui aurait
préféré une meilleure
apothéose à sa carrière. Il est vrai
que les thèmes auxquels il s'est attaqué ont,
presque toujours, relevé de genres difficiles à
traiter et à rendre, porteurs en eux-mêmes de
beaucoup d'amertume et d'acidité
mélangées, et de tout autant de
désillusion potentielle.
Il serait donc injuste d'invoquer seulement un moment de
fragilité ou d'inconstance passagère de cette
actrice pour qui nous avons du respect (tout
dépend cependant de la façon dont elle
s'abandonne) qui se trouve ainsi quelque peu chahutée dans
une phase de transition d'où elle pourrait sortir grandie
dans ses exigences, à condition donc de rester
vigilante dans les choix ultérieurs. Est-ce d'ailleurs pour
retirer ce " fil à la patte ", pour s'extraire de ce cercle
dans lequel certains voudraient l'enfermer qu'elle cherche
désormais à raconter d'autres histoires et, le
cas échéant, à ajouter quelques
ingrédients aux scénarii et à leurs
interprétations ? Une autre façon de donner libre
cours à un talent qui mérite néanmoins
de rencontrer quelque bonne direction afin que le vent lui soit
favorable. Nous avons donc envie de souffler aux
auteurs : " Mais, Bon Dieu ! Proposez des rôles de
qualité à ces artistes femmes. Elles vous les
rendrons au centuple ! " Du moins, peut-on en émettre le
voeu.
Quid
de l'avenir ? Coup
de coeur en perspective ?
Sincère
dans sa démarche, Emmanuelle ? A
priori, nous le pensons, mais nous nous interrogons encore sur des
aspects contradictoires de certaines de ses actions. Ce que nous connaissons d’Emmanuelle
BEART, c’est, en vérité, beaucoup et
peu à la fois. C'est une action en faveur des enfants du
Monde, dans le cadre de l'Unicef
(Ndlr – Livre-reportage « Sous nos
yeux » - E. B et Olivier Guespin) C’est
aussi une plastique quasi-irréprochable dont le papier
glacé des magazines a donné à
plusieurs reprises un aperçu...
Maintenant, à la croisée des chemins, que peut
avoir à nous dévoiler l’ex(?) ou future
Nouvelle Ambassadrice des grandes causes ? Nous pressentons bien que
ses charmes de femme-enfant, rebelle et farouche, subsistent encore en
elle (grâce à Dieu pour compenser les attributs de
la " beauté du diable ") D'ailleurs, récusons
avec force
un tel rapprochement ? Pourquoi la beauté (qui s'accompagne
de
charme et de talent) devrait-elle engendrer punition,
restriction
ou bien encore damnation ? Voilà autant de caricatures et
d'idées
reçues à revisiter. Revenons-en à
l'artiste, objet
de notre interrogation : retiendrait-elle encore
quelque chose de plus intime appartenant à la femme-star qui
pourrait, ainsi, s'affirmer ?
En d'autres termes, la future Emmanuelle nous réserve
t'elle une rentrée, officielle ou
événementielle, à l'instar
du vin nouveau,
issu de grappes voluptueuses et gorgées de saveurs qui ne
sauraient plus se
retenir
d’exploser, après avoir (im)patiemment
mûri au soleil d’un
été de porcelaine ? La comparaision
pourra
paraître audacieuse ... seulement à celles et
à
ceux qui ne sont pas habités par l'âme des
poètes.
Fantasmer, c'est aussi faire du cinéma !
René
Saens,
Avril 2005
Actualisation avril 2010
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Annoncesno1.com - le magazine, avril 2005 - avril 2010
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