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Euros
et dollars... « à gogo » ! Pour quelles
finalités ? Chronique
de René Saens
- voir aussi, nos chroniques
intitulées Wall Street ou le « casse du
siècle »
de même que Alerte récession
économique... sauver les
meubles ! -
|
Euros et dollars
à gogo !
Pour quelles finalités ?

RS, 14/10/2008
- 13:00
actualisé le 15/10/08 - 11:00
|
Ndlr
- Il y a peu de temps encore, nombre
de commentateurs avouaient leur
impuissance à comprendre et expliquer les
phénomènes engendrés
par la crise financière.
Puis,
de réunions d'experts en comités restreints,
culminant en de pathétiques
rencontres au somment, les Chefs d'Etat, secondés
par quelques Grands argentiers, se sont penchés sur
le lit du malade.
Selon
les mêmes commentateurs, hier
désemparés faute d'analyses
appropriées,
le
miracle se serait
enfin produit (comme tombées d'un ciel d'orage, des
trombes de
capitaux - plusieurs centaines de milliards d'euros -, sont
venues challenger le miracle de la multiplication des pains ; dans le
même temps, de conférences de presse en
réunions d'information,
les effets
d'annonces reléguent au second plan les plus grands
sermons d'hier!)
Exégèses et panégyriques sont,
à nouveau,
proposés à qui veut bien les entendre.
Pourtant, la
réalité est-elle vraiment aussi avenante et
rassurante
que l'on voudrait bien
nous la faire accepter ? A l'inverse, ne faut-il pas mieux, avec plus
d'attention encore que par le passé, faire preuve
de
prudence et
de vigilance, pour préférer remettre à
l'ordre du
jour quelques concepts et
valeurs fortes ? Selon l'auteur, voici donc venue l'heure de la
redécouverte des fondamentaux. |
Le jeu des montagnes russes
C'est un peu comme un lendemain de fête à Groland.
Une fête pour oublier que, la veille, l'on a fait des excès ! Après la descente
aux enfers,
subie par les marchés lors de cette crise boursière de 2008, à la
frayeur
des jours succède des journées d'euphorie de
façade qui ne font pas long feu. Les Bourses font du Yo-yo.
Les effets d'annonces
des Banques Centrales connaissent des
lendemains éphémères. Tandis que les Bourses cherchent à reprendre des
couleurs, les capitaux hésitent à sortir ou à se confier.
Rémission passagère ou chemin laborieux,
voire houleux,
vers la guérison ? Selon les communiqués
officiels,
l'on prédit que le malade va aller mieux, du moins en apparence. Il respire plus calmement.
Cependant, à y
regarder de plus près, l'on aperçoit (sur la photo
non retouchée) que des tuyaux bien visibles le
relient à une réserve
d'oxygène, portée au niveau d'une ceinture
probablement trop serrée.
Quel regard devons-nous porter sur ce monde financier qui, en quelques
mois,
est passé de la flamboyance au doute, puis à un semblant
de rémisssion avant de se laisser à nouveau rattraper par
la
maladie chronique ? Un regard empreint d’une humaine
bienveillance
ou bien marqué par une détermination sans
faille, destinée à mieux en combattre les
excès ?
A première vue, la
réalité nous apparaît sous
l'éclairage d'une nudité cruelle
: nul ne peut ignorer que, derrière le sourire de
façade de nos dirigeants, se
cache un grand corps économique malade challengé
dans sa compétitivité et son (manque) de dynamisme, qui,
d’un
instant à l’autre,
peut nous
faire faux bond, basculer et se retrouver « à la
renverse » ou, pire,
à la morgue.
Les affres de l'épargnant
Côté
positif, tout
n'est cependant pas perdu pour tout le monde. La nature ayant horreur
du vide, les structures financières recyclent par pans
entiers, mais au prix de quelles conséquences économiques
? Qu'ils soient chasseurs de trésors, rêvant
même de «
pêter un jour dans des draps de soie » ou
bien aspirants à
la survie, les investisseurs tremblent. L'épargnant qui
mise une part subtancielle de ses économies ne peut se
satisfaire du
plaisir
éphémère de la
rémission ponctuelle. Dans l'instant bref mais violent de
la descente - où un grand frisson le parcourt -, il
entrevoît avec peine
l'esquisse ou la
projection de la reconstruction qu'il espère.
Tout
comme pour la récession (ou la croissance molle) que l'on
craint, le bonheur espéré d'une reprise peut être
contagieux.
En attendant, les déclarations ne suffisent plus. La
crédibilité se perd, le manque de gouvernance devient
criant.
A
l'Elysée, au « Bal des dirigeants »
: éviter les glissades !
Suite à la crise dite des
subprimes (Ndlr
-
crédits hypothécaires américains et
« dettes pourries titrisées »
revendues à des banquiers gogos ou, ce qui revient au
même, à des
experts en investissements), qui constituait le danger émergée de la finance internationale (bulle
financière et hedge funds en constituant la partie immergée), les banques –
craignant la
faillite de leurs alter ego – ont commencé à ne plus se prêter d’argent entre
elles. Entrés dans une spirale de «
crédit crunch
» (donc de restrictions et de contraction du
crédit en général), les
marchés monétaires et les circuits
financiers se sont relativement asséchés, en
dépit des «
injections de liquidités » chaque jour plus
massives en provenance des
Banques
centrales. Les
institutions bancaires ne sont plus arrivées à remplir
leurs fonctions
initiales de financement de l’économie. Rappelons
que les financements
s’effectuent habituellement à trois niveaux :
celui des entreprises,
des particuliers et des collectivités.
Pour
pallier cette défection, il fallait donc une
intervention des
Pouvoirs publics. C’est alors que, tel Zorro, le
Président français est arrivé !
Soustrait pour
un temps à l’ivresse de ses escapades amoureuses,
et dissimulant à
peine ses fourmillements d’impatience, il est
entré dans la
danse. En la circonstance, point de
carrosse, mais un défilé princier de belles
limousines, pour un « Bal à
l’Elysée », voire à La
Lanterne ou en quelque autre endroit
prestigieux : G4 (inventé pour
l’occasion), G7,
G8, G8 élargi et... G20 en perspecitve, sans oublier
les réunions de
l'Eurogroupe. « J’ai » donc tout
essayé, dira l’histoire
émerveillée ou
stupéfaite !
Des
milliards d'euros comme s’il en pleuvait
!
Un ensemble de «
Go Go Gadgets » ont été mis en place. Il sont utiles pour parer au plus pressé, mais...
Ne disait-on pas, quelques
mois plus tôt que les Caisses de l’Etat étaient
vides. Voilà que
l’argent, après bien des excès de
pudeur contenue, repointe miraculeusement son museau... pour se remettre à couler
à flots ! Inutile de chercher trop loin,
car, derrière tout cela, il y a un truc d’illusionniste ou... de faux monnayeur !
Oyez
citoyens : A l'instar des banques, seriez-vous, à votre
tour, devenus
frileux dans vos
investissements personnels ? Vous les gelez, faut-il chercher à vous comprenre ? Qu’à cela ne tienne,
l’Etat (déjà lui-même en grande difficulté) va intervenir. L'Etat
dont les bras musclés
et protecteurs savent si bien diriger les plus
zélés de
ses serviteurs
vers les
sinécures, tandis que, dans le même temps,
il fait
subir
les affres des charges au plus grand nombre pour suster les premiers.
Puissiez-vous en
douter un seul instant, (naïfs que vous êtes !), que cet
Etat,
tel un Dieu tout
puissant, va investir en vos lieu et
place, ainsi qu'à la place de tous les agents
économiques
défaillants ? Comment ?
C’est très simple. Vous aspirez à une sécurité
légitime, n'est-ce pas ? Alors, la Puissance publique
va faire en sorte de vous l'apporter sur un plateau. Si vous ne faîtes pas partie de ceux qui voyez arriver la
fin du
mois arriver dès le dix, vous allez être
invités à
souscrire des Bons du
Trésor, à taux fixe et supposés garantis. Au passage,
l’endettement du pays va être
augmenté d'autant. Cette façon de procéder semble être très tendance.
Passons maintenant à la seconde
étape. Avec l’argent
récolté, l’Etat va
pouvoir prendre des participations
dans des Etablissements bancaires et Compagnies
d’assurance en
difficulté.
Voilà,
le tour est joué. C'est tellement simple qu'il est surprenant que les experts du Cercle des
économistes ou le Directeur
du FMI n'y aient pensé plus tôt !
Bon baiser de New-York, de Washington ou d'ailleurs, relayé
par Paris.
« Un bonjour du Club des apprentis-sorciers qui pensent bien à
vous »
Le doute s'installe
Décryptage. Vous
n’avez pas une confiance dans la Bourse, car vous savez que votre
économie nationale est fortement
concurrencée par les pays émergents. Vous
n'êtes pas davantage encleins à manifester une
confiance aveugle en l’Etat. Il est difficile de vous donner
tort, MAIS… ayez au moins confiance
en une chose : en votre… qualité de
contribuable.
Vous savez d'instinct que, si çà tourne mal,
toute cette « gadoue »
(pour rester poli),
c’est
vous qui allez vous la prendre en pleine figure. Vous ne doutez pas
un seul instant que, en dernier ressort, il va vous failloir assumer.
De simples jeux d’écritures ?
Simples
jeux d'écritures ou transfert
de pouvoirs et dettes ? Essayons de
suivre les voies tortueuses de la spéculation et les
mesures qui lui sont opposées.
Les Etats semblent se livrer à des jeux de casinos. Le casino
créé sa monnaie. A
l’origine du moins, les gens ont l'impression que cela ne va
pas leur coûter un rond. Le pire est que, dans cette
situation, ce n'est pas le citoyen qui joue, mais l'Etat à sa
place. La raison invoquée est de de garantir les
prêts interbancaires, en réalité de renflouer des
banques qui se sont montrées bien imprudentes
(au passage, quelle erreur d’en assurer la
couverture
jusqu’à cinq ans,
c’est-à-dire sur une durée courant
au-delà du
présent mandat présidentiel !)
Si ces risques à
couvrir existent bel et
bien, en France, en Europe et sur les autres places internationales, c’est
que
plusieurs gros sinistres devront être assumés au
titre du renflouement
de la finance internationale,
notamment anglo-saxonne.
Les garanties apportées sont, potentiellement,
estimées
à plusieurs centaines de milliards d’euros, voire
plusieurs milliers de milliards de
dollars. Pour l'instant, il s’agit d’argent, pas
encore sorti de la poche des contribuables, mais
d’ores et
déjà… bien gagé et
engagé (il constitue du « hors
bilan
», du « hors budget » qui
prend la forme d’une épée de
Damoclès suspendue au-dessus de la tête des
contribuables, déjà largement
sollicités et
à qui l'on peut décider de faire appel à tout
moment)
Attention
faussaires !
Peut-être
vous souvenez-vous que, à l’époque du
franc, des
annotations étaient
portées sur les billets de banque. Elles interpellaient
quiconque
voulait contrefaire la monnaie. La nature des sanctions encourues
était
soigneusement rappelée en bonne place sur chaque billet.
Vous
l’avez constaté aussi,
ces informations ont disparu des billets libellés en euros.
Jadis, les
faussaires étaient considérés comme
des gangsters.
Aujourd’hui, ils
officient sur les marchés monétaires. En bon traders, ils
savent
même faire plier la loi en direction
d'intérêts
quasi-exclusifs (du moins, l'avons-nous constaté à maintes reprises)
Il
nous faudra, plus que jamais, rester vigilants. Car, une fois la
finance
sauvée (en d’autres termes, après que
la «
socialisation des pertes »
aura été - plus ou moins bien- contenue et
conduite
à son terme), les
mêmes intervenants planétaires voudront reprendre
en mains
ce qu’ils
continuent
de considérer comme leurs joujoux, leurs machines
à
fabriquer des euros
et des dollars (il s’agit en réalité de
machines
à « soutirer de l'argent
» des circuits de production et de
création de richesses) La
frénésie des spéculateurs se manifeste
dans
l'aptitude à prélever, par anticipation,
les fruits du travail de populations ou
catégories
entières
d'individus.
Ce processus auto entretenu n’a,
en
réalité, aucune raison de
s’arrêter de
lui-même, sauf à avoir la volonté politique d'y mettre bon ordre.
Si
l'on n'y prend garde, ressurgiront les mêmes «
indélicatesses » ou modalités de détournement de richesses présentées sous un
jour favorable par les
chantres d'un
libéralisme débridé (qui se retrouvent le plus
souvent «
culs
et chemises » ou comme larrons en foire avec les milieux politiques
et médiatiques)
A l'inverse, un Etat responsable doit faire aller l'argent vers les véritables
activités productives. Dans le même temps, les
manipulateurs patentés chercheront à
refaire dévier les
flots de la finance vers leurs terres de
prédilection, à savoir la
spéculation.
C'est le rôle du pouvoir politique d'y opposer une force
d'orientation, de maîtrise et de contrôle. Il faut
cependant savoir que la force d'un Etat est inversement proportionnelle
à son niveau d'endettement.
Nous le disions en commençant : il faut revenir aux fondamentaux. Oui à la satisfaction des besoins
des
consommateurs, Oui à la croissance durable et
maîtrisée, Non au
détournement de ressources sacrifiées
à des vues à court terme ou au
profit exclusif de quelques-uns !
Vigilance
soutenue et renforcée
Une «
régulation financière » en vue !
Les temps approchent où, s’agissant
d’argent public engagé en leur nom, les citoyens
devront exiger des
présentation
de comptes rigoureusement certifiées (il ne saurait
être
question de constater a posteriori des reventes en catimini, couvertes
par l'opacité de relations de « copinage
» ou de cousinage entre, d'une
part, les Autorités monétaires et
le Ministère de l'Economie et des finances,
et, d'autre part, des milieux financiers qui, hier encore,
prétendaient tout régenter)
S’agissant aussi des grands équilibres et
des échanges
internationaux, une refondation
du système en vigueur est à
engager
(voici, en effet, que ces désordres sonnent la fin du « Dieu dollar
», ainsi que de la
surconsommation
et du gaspillage de ressources qui lui sont associés. Voici
également
venue l'heure de la remise en
cause des
déficits américains outranciers,
financés par des chèques en blanc
tirés sur une planète économique en
manque de réaction et de réactivité. La fin de
ce monde
financier-là semble donc
proche ou de plus en plus contestée.
S’agissant du
présent et, plus encore, de
l’avenir à moyen et long terme,
une redéfinition des
règles
du jeu s'impose avec, en perspective, l’idée de
replacer le travail et
l’éthique
au
cœur des processus économiques. Ce sera le
rôle, de même
que l'ambition légitime,
d'une politique responsable et citoyenne.
René
Saens,
14-15 octobre 2008
Pour
terminer sur une note d'espoir, n'oublions pas de participer
(tout
en gardant notre esprit en éveil) aux initiatives
qui se
déroulent sur le
terrain de la pédagogie et de l'action.
Nombre
de propositions
constructives méritent d'être portées
et soutenues.
Il n'est pas question de les abandonner à des hommes
politique
qui ont failli, soit par manque d'esprit
de responsabilité, soit en donnant la priorité
à
leur quête d'ego,
de notoriété, d'intérêts
personnels ou de sinécures.
En
complément des projets politiques, les actions des Associations
ont aussi les bienvenues. Voici quelques exemples qui ont
attiré notre attention au cours des semaines et mois
écoulés : l'engagement de Bernard Devert,
fondateur de
l'Association Humanisme et Habitat ou encore de Peter Harris,
fondateur de l'Association A Rocha (préservation de la
nature
associée
aux actions en faveur du développement durable).
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Voir
aussi les chroniques Solidarité
:
Pourquoi
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challenges de l'humanitaire Solidarité Actions
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