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G20 et finance mondiale à Londres : « succès »… fabriqué et mis en scène à des fins médiatiques ou bien esquisse de changements ? Chronique de René Saens
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Ils
figuraient - avec d'autres - sur le podium du G20. Seront-ils pour
autant dans le tiercé gagnant de l'application des bonnes résolutions
?
En outre, qu'y a-t'il derrière ces sourires de façade ?
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| Réunion du G20 à Londres le 2 avril 2009 © Photos Reuters |
Ndlr
- Après une « montée en puissance » et une
tension savamment
entretenue, le G20 (représentant les vingt pays les plus riches
de la
planère) s’est réuni le 2 avril 2009 à
Londres. Un G20 parmi d'autres. Une grand messe de ceux qui aspirent
à gouverner le monde.
Que
faut-il en retenir ? Vous trouverez, dans ces colonnes, une analyse et
des
perspectives appréciées, aussi, par référence à des sommets antérieurs.
En effet, le
risque semble élevé de voir apparaître très bientôt des différences
substantielles – maintes fois
constatée par ailleurs -, entre, d’une part, les ambitieuses
déclarations d’intentions et, d’autre part, les réalisations
effectives, souvent en retrait et limitées dans le temps. En outre,
certaines mesures annoncées peuvent apparaître contradictoires.
NB
- Cet article ne constitue pas une mise en cause systématique des
mécanismes de la circulation monétaire et de l'argent, dès lors
qu'ils sont utilisés en tant que moyens indispensables à l'échange des
biens et services (la monnaie est une
ressource
précieuse utilisée, le plus souvent, avec pertinence par les agents
économiques et, le cas
échéant aussi, avec une certaine fantaisie, quand ce n'est... frénésie
spéculative, telle que nous avons pu la constater au cours des années et mois écoulés. Il
s'agit donc de proposer
une analyse plus
approfondie et des mesures destinées à mettre fin aux dérives abusives.
A l'évidence, beaucoup de questions demeurent en suspens. Elles
portent sur les phénomènes d'anticipation et d'usurpation (spéculation)
du monde de la finance, ainsi qu'à ses gaspillages aux
conséquences dommageables, notamment pour l'emploi.
L’événement attendu est arrivé, le G20 s’est réuni ! Tout ce que la planète
politique et financière comptait de personnalités significatives,
promues ou
auto-proclamées comme telles, représentant une vingtaine de pays
ou groupes économiques tels que les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la
Communauté européenne… ainsi que, y-compris, le Fonds monétaire
international, ont pu délibérer sur l’avenir financier et, par voie de
conséquence, économique de la planète. Une rencontre que Jacques Attali
a préalablement comparé à une potentielle « réunion
d'alcooliques anonymes dans un bar » L'allusion visait la place de
Londres, lieu culte de la finance mondiale, co-productrice des
turpitudes que l'on sait.
Le sommet à peine terminé, une kyrielle de médias (« la voix de leurs maîtres »
?) se faisaient fort d'encenser les autorités qui s'étaient réunies
en conclave. Certains avaient, semble-t'il par avance,
décidé d'oeuvrer, eux-aussi et à leur façon, à la «
conversion quasi forcée » d'une opinion publique jusque-là rétive ou incrédule. Sans
véritable surprise, nous avons été les témoins de louanges
et commentaires dithyrambiques déversés par ces mêmes
serviteurs zélés (ou laquais de toujours ?) entourant, l'espace
d'un jour, nos éphémères « maîtres du monde » ou « maîtres d'un monde ancien ». Mais, plus précisément, lequel ?
C’est
ainsi que, avant même la fin de l’après-midi, le site Internet de
L’Express titrait sous la plume de Benjamin Masse-Stamberger : «
Pourquoi le G20 est un succès » Pourtant, malgré un titre pompeux, cet
article ne développait aucune analyse sérieuse. Il s’agissait seulement
de faire état de plusieurs manifestations en marge du somment, émanant
– hélas – des trouble-fête habituels (ceux à qui on ne demande
probablement jamais leur avis), qui, fort heureusement, n’avaient pas
dégénéré malgré les appréhensions suscitées. Ces commentaires étaient
suivis de confidentielles allusions à des tensions perceptibles
filtrant dans les couloirs du sommet et que, fort prudemment aussi, les
« grands de ce monde » avaient eu la sagesse de surmonter !
Le
lendemain, le site de Libération, qui donnait une nouvelle fois
l’impression de faire corps avec l’expression des « milieux autorisés »
(comme aurait pu le qualifier Coluche), titrait sur : « Un
compromis historique pour une crise exceptionnelle », en reprenant, mot
pour mot… un communiqué de l’AFP, ce qui ne mangeait pas de pain.
A
l’évidence, rien de nature à déplaire à l'expression des pouvoirs,
lesquels pourraient bien un jour, dans leur
grande bienveillance et magnanimité, récompenser l’un ou
l’autre de ces bons et
loyaux serviteurs. Autrement dit, le bout du tunnel médiatique pour un
sempiternel boulevard aux
illusions pouvant susciter quelques lueurs d'espoir,
celles qui font vivre ou survivre avant... l'issue fatale. Une
éventualité comparable au
kleenex que l'on jette après usage, parce que, un jour peut-être,
il aura été, soit trop utilisé, soit jugé moins
utile qu'attendu ?
Voilà, en gros, C’est tout ou presque. La messe est dite. Circulez (ou mieux, dormez) Bon
peuple, il n’y a plus rien à voir. Le nécessaire a
été fait (et superbement réalisé) par les
autorités compétentes.
Autre
commentaire qui ne saurait passer inaperçu, celui de Ségolène Royal (la
première à se lancer dans une appréciation
politique officielle) ajoutant en substance que les
dirigeants du monde avaient, enfin,
pris en compte l’angoisse et les demandes des gens.
Est-ce à
dire (tout aussi promptement) que l’élite financière, politique et économique
de ce monde troublé s’occupe bien des gens (de vous, de nous) et de
leur sort ?
Quid des réalités ?
A l’évidence, les dirigeants du G20 se devaient de prendre
quelques dispositions d’urgence. Cependant, regardons-y de plus
près.
Certes,
il
y a bien eu la désignation attendue des boucs émissaires
: hedge funds
(auxquels plus de transparence est demandée) et paradis fiscaux
(procédures d'échange d'informations) Autant de havres de
paix où des
contribuables sans trop de scrupules avaient pris l'habitude
de mettre avoirs et réserves hors de portée des yeux
du fisc de leurs pays respectifs. Problème cependant : une
réaction bien tardive, alors même que des pays comme
la France
ont, longtemps, toléré que leurs firmes nationales
dissimulent
certaines opérations à l’ombre du soleil des
tropiques,
y-compris pour Natixis (se référer à
l’article intitulé « Natixis, un immense gaspillage de ressources »)
En
ce qui concerne la liste noire (et cette autre, fort grise et fort
longue) de paradis fiscaux, rien ni personne de sensible ou conscient des questions
d’éthique ne saurait être contre le fait qu'il en soit fait mention, sinon les spéculateurs
et dissimulateurs eux-mêmes. Il ne s'agit cependant que du début d'un processus.
Beaucoup
d’Etats concernés au premier chef par cette mesure ont,
seulement
pourrait-on dire, manifesté leurs
très récentes « bonnes
intentions » de se plier à une réglementation plus
contraignante. Du temps est cependant laissé à leur
clientèle
fidèle pour se mettre en règle. Un répit
nécessaire pour trouver, le cas échéant, de
nouvelles
terres plus hospitalières (les Etats-Unis et certains Etats, tel
le
Delaware, par exemple)
Autre disposition plus fondamentale : la
dotation de plus de mille milliards de dollars affectée au FMI (Fonds
monétaire International) ainsi qu'à la Banque mondiale pour favoriser
le redémarrage de l’économie. Certes, il s'agit d'une disposition quasi
inévitable qui aura, aussi et accessoirement, le mérite de combler les
abîmes creusés par les financiers (et, par la même, de permettre à
ceux-ci de se renflouer) Il s'agit d'un fier et salutaire service qui leur est rendu…
hélas, sur le dos du contribuable international qui, pour sa part, devra continuer à redoubler de
vigilance vis-à-vis des arnaqueurs et spécialistes en falsification.
Si
ce plan réussi, ces
mille milliards de dollars pourront, grâce à l’effet multiplicateur des
prêts (et aux Droits de Tirage Spéciaux, mesure technique non détaillée
ici), générer jusqu’à cinq mille milliards d'autres prêts et en-cours
induits ! Un tel chiffre ne dit probablement rien à la plupart des
gens. Pourtant, il correspond, à quelques centaines de milliards de
dollars près, au montant des « titres pourris » de type subprimes et
autres créances douteuses détenus par les banques. Coïncidence
troublante, il correspond de surcroît au fabuleux montant des dettes
américaines.
Y
a t'il vraiment de quoi surprendre l'observateur ou le citoyen averti, souhaitant garder son esprit en
éveil sur autant de questions cruciales pour son avenir, qu'il s'agisse pour lui d'éviter de se faire
rouler dans la farine ou de se laisser emporter par la tourmente monétaire ?
Quelle confiance accorder désormais à cette élite politique et financière
planétaire, escortée de ses conseillers
spéciaux « ès-manipulations », sachant que ceux-ci s'évertuent sans cesse à changer - à l'insu du monde du travail et à leur avantage - lois, règlements et décisions ?
Les fabricants de fausse monnaie sont déjà (et toujours) à l’œuvre !
Les
citoyens qui ne renoncent pas à leur droit d'investigation et réflexion
légitime connaissent bien le principe des vases communicants : ce qui entre dans
la poche des uns risque fort de sortir de la poche des autres, mais,
cette fois… pour presque rien ou, très probablement, pour recevoir plus mince contrepartie.
Mieux vaut donc, dès maintenant, prévenir les
épargnants ou éventuels candidats à
l’épargne, et, en particulier, ceux qui vivent du
fruit de leur travail.
Après
une période plus
ou moins longue de déflation (avec des conséquences
prévisibles sur
l'immobilier surévalué, en vue d'un retour à
l'équilibre), l’effet pervers de
l’inflation
généralisée va se faire progressivement
sentir (la hausse des prix est
déjà à l’œuvre dans certains pays,
dont la Russie et les pays de l'Europe de l'Est) Les déficits
publics continuent de se creuser et la planche à billets tourne
partout à plein régime (dans le même temps, la
résorption des déficits publics est sans cesse
reportée aux calendes grecques)
Les Etats vont continuer à voler au
secours des banques en essayant de faire passer au second plan
d'habiles manipulations techniques supplémentaires (dont le
changement des normes comptables, accompagné de nouveaux
montages ou falsifications, à l'image de la création de
sociétés de
défaisance des
actifs toxiques) Autrement dit, un mélange de complaisances
(complicités ?) réciproques et de retours
d'ascenseurs entre « monde des affaires »
et hauts fonctionnaires
(nouveaux ou bien anciens, ou encore transfuges de leurs Corps
d'origine) se payant
sur le dos de la société en général et des
sociétés qu'ils prétendent diriger en particulier.
A
terme, la hausse des
prix va donc produire une dilution de l’épargne, son moindre rendement
ou son évaporation. Conjointement l'accès au crédit sera plus
difficile pour nombre d'agents économiques et de particuliers.
Un engrenage difficile à supporter ou à redouter pour pour
toute personne
susceptible de se
retrouver au chômage…
A leur corps défendant,les particuliers
vont ainsi être sollicités afin de contribuer au
renflouement des portefeuilles des financiers publics et privés
-
fabricants de monnaie fictive et autres « délinquants
de haut vol » s'attribuant par ailleurs des bonus
considérables. Pour la grande majorité d'entre eux, ils
ont échappé aux sanctions et sont toujours
aux commandes, ainsi que chacun peut le
constater.
Le « nouvel ordre mondial » : vœu pieux ou « foutaise » ! ?
Que
dire de la régulation annoncée ? A n’en pas douter, quelques règles
plus contraignantes vont être mises en place. Les petits et moyens
poissons seront pris dans la nasse, c’est certain (ils l’étaient déjà, à
quelques exceptions près) Pour les plus gros, cela reste à vérifier.
En
outre, les institutions vont être renforcées… au plus grand bénéfice
des « amis politiques » qui vont être désignés pour y siéger avec, à la
clef, les sinécures que l’on sait. Pourtant, des règles bien plus
simples et efficaces pourraient être mises en place (Je prie
le lecteur de bien vouloir m’excuser de ne pouvoir les évoquer ici,
dans cet article, car elles ne sauraient être travesties ou détournées
de leur sens)
En tout cas, voici encore une question qui mérite
d’être posée, car elle suscite déjà bien des interrogations : Ce
« nouvel ordre économique mondial »,
y-a t'il lieu, une nouvelle fois, d'y croire… autant que l'on peut croire au « Dieu
des principes révélés » ? Cela ne vous rappelle t’il pas
d'antérieures et savantes manipulations ?
Cherchons
dans nos mémoires récentes et tout-aussi contemporaines !
Voilà, nous nous
approchons... Lors des précédentes interventions en
l’Irak,
d’abord sous l'égide de George Bush père,
puis sous celle de
George Bush
junior, la même terminologie a été
employée pour couvrir des
intentions de domination économique et d'accès aux
ressources
pétrolières (cette fois encore, il s'agit de domination,
financière et économique) Souvenons-nous, en effet, de
l'évocation de feu ce « nouvel ordre mondial » et du
prix que nous
(les citoyens des pays porteurs de ce concept flou de
"Communauté internationale") allions - déjà
à cette époque - devoir
payer pour l’obtenir !
Serait-elle éphémère cette faculté des
gens à oublier trop
rapidement fausses promesses et mensonges par omission ? A ce
propos,
un homme politique, André Santini qui ne manque pas
d’humour, a dit un
jour : « Faire de la politique revient à avaler (ou
à faire ingurgiter) le matin un lézard, à midi une
vipère et, le soir, une couleuvre (voire un boa) ! » A
supposer qu'un tel régime soit
proposé et
servi chaque jour, le lecteur comprendra mieux l’embarras
ou… l’embonpoint
de certains.
Alors, Citoyennes, Citoyens, Bonnes gens : « Oyez et ouvrez vos yeux ! »
Amis salariés, entrepreneurs sincères, travailleurs et gens dévoués, amis chômeurs aussi, nos frères, priez
(et prions tous ensemble) pour le sort de la planète ! C’est vrai, elle
en a bien besoin. Elle mérite nos soins plus que nos compassions.
Réfléchissons,
aussi, à tout ce que, le moment venu, il nous faudra
accomplir pour remettre les choses en ordre de marche, afin qu’un
monde tournant plus rond puisse faire revivre une terre fertilisée
autrement que par le soleil des dieux éphémères.
Pour cela, une perspective, celle du retour, en force et en souplesse, de
l’efficacité attendue avec, pour condition nécessaire, un état d’esprit renouvelé.
Une certitude aussi, des soins et un travail assidus.
René Rouzioux-Saens,
Le 3 avril 2009
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