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Israël et la «
bombe humaine » de
Gaza. Chronique
et analyse de René Saens
Cette analyse est destinée à un public averti,
sachant développer des raisonnements pondérés, autrement dit en capacité de
réfléchir en dehors du cadre restreint des
préjugés ou intransigeances que des décennies de conflits et d'affrontements ont entretenu et
exacerbé.
L'analyse met également en évidence les
dangers que nous font courir les idéologies et croyances
religieuses qui favorisent les différentes formes
d''extrémisme. C'est, pour nous, l'occasion de préconiser
aux belligérants de s'extraire
du cadre limité d'un passé révolu pour poser les
fondations d'un avenir plus serein. Cette étape est difficile,
contraignante et semée d'embûches. Elle passe aussi par
l'apprentissage au respect réciproque d'un adversaire qui, un
jour - lui ou ses fils ou bien encore le meilleur de ses
représentants - sera en mesure de devenir un
véritable partenaire, peut-être même un ami, un
proche, un parent.
L'étude aborde, par plusieurs approches, le traitement du conflit
israélo-palestinien en essayant d'y apporter une part
d'objectivité. A ce
titre, son
auteur
l’a voulu sans complaisance. L'analyse ne
présente pas de
point de vue spécialement partisan ou orienté,
si ce n’est dans la
perspective de faciliter la compréhension d’un
problème complexe, en
vue d’établir une paix durable qui –
nous le savons – tarde à
s’établir… Elle vise, aussi,
à rééquilibrer les effets d'une
présentation (propagande pour certains) jusque-là
développée souvent à
sens unique dans nos médias nationaux. En ce qui nous
concerne, nous
cherchons à introduire une
démarche et une recherche de solutions
délibérément "
équilibrées " et, nous le pensons, viables.
Comment
qualifier ce conflit qui semble associer tous les genres : guerre de conquête pour des territoires,
doublée
d’une guerre de religion, de
confession ou d'idéologie (d'affrontements de civilisations vont même
jusqu'à dire certains) ? En tout cas, il s'agit d'un affrontement
qui ne
peut
laisser indifférent et pour lequel il
devient, plus
que jamais,
urgent de trouver des solutions.
Ne
cherchez pas semblable analyse dans vos magazines et journaux
traditionnels (ni davantage auprès d'hommes politiques
français sous
influence qui peinent à s'exprimer sur ces questions.) Vous
n'en trouverez, hélas, pas ou, seulement, de
façon ponctuelle ou à dose homéopathique ! En outre, il
s'avère que l'information est encore trop
largement contrôlée par des sources et
groupes d'intérêts qui
visent à orienter, museler ou monopoliser
le débat. Disons
simplement que les
choses sont en train d'évoluer.
Jusqu'à
présent, le politiquement correct, le consensus mou et le
raccollage
médiatique, ainsi que les concessions faites aux
communautaristes (qui
en demandent toujours davantage) nous enfoncent, chaque jour un peu
plus, dans de nouvelles ornières qui sapent nos
idéaux républicains (Il
est temps de refaire une place à l'Instituteur et
à l'Enseignant, ceux-là même qui
inculquent le
respect et le civisme)
Réagissons avant qu'il ne soit trop tard, afin que ceux qui
cherchent à
nous diviser n'importent pas leurs querelles sur notre sol qui, par le
passé, a connu guerres civiles et guerres de
religion et dont nos
ancêtres ont
déjà payé le prix.
Cette présentation
figure sur ce site pour répondre aux besoins
d’information et de
compréhension de celles et de ceux qui ne se satisfont pas
(ou plus)
de présentations soit superficielles, soit tendancieuses ou
trop
complaisantes par rapport à la réalité
de notre histoire contemporaine.
Quelques photos d'une guerre qui n'ose dire son nom ;
En termes d'image, une victoire à la Pyrrhus pour Israël ?
L'interrogation demeure : est-ce bien la (seule) réponse à apporter ?
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Bombes
à fragmentation et
au phosphore (Ph. NYT)
Disponibilité
catalogue, en stock, livrable de suite. |
Enfant
rescapé de Gaza
De la graine de
terroriste ?
Maintenant oui, peut-être! |
Avant
propos (Une incursion dans les méandres de
références millénaires)
En
guise d'entrée en matière de l'analyse qui sera
développée ici - bien que, pour notre part, nous pronions
une approche laïque et, par conséquent, non confessionnelle
de résolution des problèmes -, nous aurons volontiers
recours à quelques citations
bibliques, servies en guise d'une introduction qui pourrait s'intituler
: " La violence qui entretient l'esprit de vengeance peut attirer et produire plus de violence encore "
Si
l’on en croit la Torah (Ancien Testament), les
choix «
humains » sont, bien
souvent, contradictoires et d’autant plus difficiles
à assumer que les
avis peuvent diverger, selon les « bons »
ou « mauvais »
endroits (côtés de la barrière) où les hommes se trouvent :
20.10
Quand tu t'approcheras d'une ville pour l'attaquer, tu lui offriras la
paix.
20.11
Si elle accepte la paix et t'ouvre ses portes, tout le peuple qui s'y
trouvera te sera tributaire et asservi.
20.12
Si elle n'accepte pas la paix avec toi et qu'elle veuille te faire la
guerre, alors tu l'assiégeras.
20.13
Et après que l'Éternel, ton Dieu, l'aura
livrée entre tes mains, tu en
feras passer tous les mâles au fil de
l'épée.
20.14
Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le
bétail, tout ce
qui sera dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les
dépouilles
de tes ennemis que l'Éternel, ton Dieu, t'aura
livrés (Extraits,
non pas de la Charte du Hamas sur laquelle nous reviendrons, mais du
Deutéronome)
Nb
- Pour atténuer et rééquilibrer, il y
a - aussi - les 10 commandements
qui, selon Moïse, s'appliquaient au seul " peuple
élu ". En réalité, il
existe bien d'autres préceptes, dont certains peuvent
être contestés dans leurs
interprétations ou, pour le moins,
considérés
comme caducs et obsolètes ou propageant des
théories (ex. créationnisme
niant les constatations scientifiques) et superstitions
nées dans des sociétés de
l'Antiquité. En effet, pour tout citoyen
"converti" à
l'Esprit des Lumières et à
l'humanisme français, les références
du texte précédent - que l'on peut
retrouver,
aussi, sous d'autres formes et allusions, dans certaines sourates du
Coran -, ne sont pas sans poser interrogation, ni être
sources
d'inquiétudes. Prises au premier degré (ce qui
était d'ailleurs le cas
à leur origine), et hors recul par rapport au contexte
historique,
elles peuvent être considérées - par
les adeptes bornés et extrémistes
de tous bords -, comme des appels au meurtre, à
l'anathème, à la
destruction ou au
génocide.
Ou bien :
«
Je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur
les enfants
jusqu'à la troisième et quatrième
génération, pour ceux qui
m'offensent, et qui étends ma bienveillance à la
millième, pour ceux
qui m'aiment et gardent mes commandements » (Exode,
20 :
5-6, traduction du rabbinat français)
Ou bien
encore :
«
Maudit soit l'homme qui fait une idole sculptée ou fondue,
abomination
pour Yahvé, œuvre de mains d'artisan, et la place
en un lieu caché. -
Et tout le peuple répondra et dira : Amen »
(Deutéronome,
27 :15)
Développement
et analyse :
N'oublions jamais que, lors de chaque conflit, la
propagande va bon train.
Chaque partie avance, non seulement sous couvert de convictions, mais,
surtout, de certitudes, d'images et
de clichés
préfabriqués destinés à nous enrôler dans le
tourbillon d'une bonne conscience qui se voudrait universelle
(Cette
fois, c'est promis, juré : il s'agit de la bonne et ultime... croisade. Il en
ressortira,
soit un "Nouvel ordre mondial", soit un "Nouvel ordre
régional".
Autrement dit, LA solution se trouve à portée
de mains ou, plus exactement, de... canons et de bombes !
L'heure
est alors aux stratèges, politologues, commentateurs et propagandistes de
tout
poil.
Ils se mettent volontiers à l'oeuvre, sponsorisés
en sous-main ou à leur insu par les
industriels de
l'armement, tapis dans l'ombre de la mort. Dans un fatras
assourdissant, ils vont rivaliser de talents. Ils vont se faire un plaisir de doser un savant
cocktail
qui sera détonnant. Ils vont mélanger
anathèmes et
condamnations. En jetant de l'huile sur le feu, ils vont assortir leurs propos
de déclarations haineuses
et d'intentions supposées (censées être proférées,
bien entendu, en
réponse aux déclarations... de l'autre partie)
Voici
donc la nouvelle façon de pratiquer l' «
Art de la guerre » ?
Ils vont nous dire qui sera le premier à dégainer et
donc celui qui, de bon droit, sera le
premier à répliquer ou à anticiper l'attaque.
Après avoir fait
montre de cet étalage de savoir, d'autant de
muscles que de force indiscutable, la question de l'après
deviendra délicate. A Dieu ne plaise ! Nous savons d'avance
qu'elle ouvre sur un abîme de souffrances, sur une part de vide,
ainsi que sur cette terrible interrogation... Qui sera en
mesure de détruire le plus ?
Dans un conflit de la nature de celui que nous évoquons, nous savons que les
considérations religieuses sont importantes. Pour
les religieux extrémistes, il s'agira - à leur
façon, aussi - de distribuer
les bons et les mauvais points, les bons et les mauvais
rôles. A
celui-ci reviendra le rôle Caïn, à tel
autre, celui
d'Abel.
Qui va se dresser dans la posture de David ? Nul besoin de
dessin, nous avons déjà la
réponse.
Puis,
inévitablement, un jour viendra le temps du
décompte,... celui des statistiques macabres et piteuses.
Quant à l'enquête sur les crimes de guerre, elle
arrivera bien
plus tard, en son temps, si toutefois elle est autorisée par
les
Autorités militaires (Heureusement, il y a cette belle
invention du
secret défense). Pourtant, un jour ou l'autre, les
mémoires - du moins
celles qui ne pourront
trouver le repos -, voudront se libérer.
Voilà déjà l'esquisse d'une question
subsidiaire,
mesurée à l'aune de la conscience humaine,
quasi-universelle celle-là :
Combien
vaut un Palestinien par rapport à un Israélien
(ou l'inverse) ?
Eh
oui mes amis, c'est réducteur la guerre ! Cette constatation
nous donne aussi
- et peut-être encore plus qu'à vous -, le droit
de nous interroger sur vos turpidudes.
Le
conflit de civilisation, vous l'avez - d'une certaine
façon
-, voulu et provoqué par... votre intransigeance.
Maintenant,
qu'il est là, bien installé, à vous de
le gérer... sans en faire payer
le prix aux autres !
Au-delà des images de guerre... vers quoi doit donc tendre
cette analyse ?
Israël
a déclenché le 27 décembre 2008 une
opération dénommée « plomb
durci »
(ce qui suppose – sauf erreur
d’interprétation – de faire,
préalablement, « fondre » le plomb sous
le feu des armes) dont la cible
désignée est le Hamas, mouvement fondamentaliste
armé palestinien qui
contrôle, de fait, le territoire de la « Bande de
Gaza »
Rectifions
immédiatement le tir : « Plomb durci »
fait référence à une comptine
pour enfants, chantée à Hanouca, fête
juive dite « fête des lumières
»,
dont voici un extrait : « mon oncle m'a donné une
toupie, une toupie de
plomb coulé » Pourtant, il n’est pas
certain que cette référence soit
judicieuse dans la mesure où une guerre n’est ni
un jeu d’enfants, ni
un exercice sans conséquence dès lors
qu’un « déluge de feu et de plomb
fondu » vient, en représailles,
s’abattre sur Gaza. A priori, nous ne
pouvons donc établir de parallèle avec le feu
d’artifice du 14 juillet,
ni avec les valeurs d’un humanisme « à
la Française » qui, après avoir
été battu et rebattu, s’est
forgé dans le creuset de notre Nation, en
particulier au siècle des Lumières. Oui, je sais,
« la guerre, c’est la
guerre » Nul ne la fait par plaisir, si ce n’est
à y être contraint, ce
point de vue pouvant, d’ailleurs, être
partagé par chacun des
belligérants.
Nous allons donc aborder, ici, le
problème
isréalo-palestinien sous quelque « angle
d’attaque » dénué –
si
possible – de toute propagande officielle,
d’où qu’elle vienne. A
priori, ni amitié, ni hostilité
vis-à-vis de quelque gouvernement que
ce soit, « Merci Salomon » : cette terre,
plutôt que de la diviser en
deux, je préfère la voir attribuée
à ceux qui en prendront le plus
grand soin, sinon autant la partager en trois ou en quatre.
Tout
d’abord, rappelons quelques
faits et définissons le cadre de la discussion
Il
faut s’être rendu en Israël pour savoir
à quel point la question de la
sécurité est importante et, à juste
titre, obsessionnelle. L’Histoire
est là pour le prouver (dont l’encerclement qui,
en 1967 a précédé la «
guerre des six jours » où Israël jouait
sa survie), puis la guerre du
Kippour (ou du Ramadan pour
les Musulmans) en 1973, ainsi que, depuis lors, les attentats
suicides…
De
même, il faut s’être rendu en Palestine
pour savoir à quel point les
contraintes et le blocus israéliens sont très mal
vécus par les
Palestiniens qui ne sont pas tous, loin s’en faut, des
terroristes,
mais des Résistants, et non pas tellement des «
activistes » (idée le plus souvent
véhiculée par une presse française
depuis longtemps orientée et complaisante), mais
des « combattants ».
De
même, la « colonisation » (ou
implantation pour les Israéliens) étant
très mal perçue par les Palestiniens se trouve,
en toute logique,
combattue. En dehors des attentats qui sont condamnables, il s'agit
d'un combat essentiellement politique.
Qu'Israël
réclame et exige le droit
à la
reconnaissance et à la sécurité, est
un droit qui ne doit pas, ou plus,
être contesté. L’Histoire et
les hommes y ont constitué un pays ;
c’est désormais un
fait établi, même si l’on peut toujours
contester la justification
initiale et le bien fondé du projet sioniste (du nom de la
colline de
Sion sur laquelle est bâtie Jérusalem,
l'idée portée ayant été
celle de
la création d'un " foyer national juif en Palestine ")
Cependant, toute
position ou prétention
qui préconiserait la destruction de l'Etat
d'Israël apparaîtrait
comme « génocidaire » (au sens
où certains sous-entendraient
l'élimination de sa population) Etant, à
l'évidence, odieuse en soi,
elle est totalement inacceptable et
devrait être combattue comme telle.
Que les
Palestiniens
réclament et exigent la reconnaissance et le droit
à un Etat (dont la
capitale serait un quartier de Jérusalem,
Jérusalem-Est) ne paraît pas
davantage contestable Toute position ou prétention contraire
serait,
tout autant, « génocidaire » ou
privative de libertés et de droits
fondamentaux. Etant totalement inacceptable, elle devrait, de la
même
façon, être combattue comme telle.
Reste donc à
trouver les
conditions d’application et de mise en œuvre de cet
équilibre que l’on
sait fragile, d’autant plus fragile que cette
région est – ce n’est pas
un fait nouveau –, régie par des rapports de force
permanents.
Soyons
sérieux et appliqués dans
l'énoncé des justifications avancées
Il
faut savoir distinguer entre fond du problème
et prétextes
avancés, ce qui revient à dire que
mieux vaut ne pas prendre
les
citoyens du monde pour des naïfs et, encore moins, pour des
imbéciles.
Tout
d’abord, évoquons la rupture de la trêve
par le Hamas. Il est avéré que
le Hamas a repris ses tirs de roquettes artisanales sur les
localités
proches de la frontière dont, en particulier, la ville de
Sdérot
(autrefois territoires palestiniens), mettant en danger la vie et la
sérénité des Israéliens qui
y habitent désormais (ou qui essaient d’y
vivre)
Bien entendu, on peut reprocher aux
Palestiniens du
Hamas des actes de guerre qui frappent indistinctement les civils et
qui, partant, peuvent être qualifiés
d’actes terroristes. MAIS…
Imaginons que dans un monde rêvé – qui
ressemblerait à l’ambiance
feutrée des Salons des Chancelleries –, le Hamas
détiennent des armes
sophistiquées lui permettant d’atteindre
spécifiquement des cibles
militaires, pourrions-nous avancer pour autant qu’il soit
fréquentable,
du seul fait que l’on jugerait qu’il
mène une guerre de type «
conventionnel » ? N’attendons pas de
réponse du côté du « langage
des
armes » Si les armes pouvaient vraiment parler et
être utilisées avec
fair-play, cela se saurait déjà !
Les
Palestiniens ne
disposant pas d’armements sophistiqués (ce
qui, dans l'état
actuel
des choses, risquerait incontestablement de créer une
déflagration plus
grave encore), utilisent ce
qu’ils trouvent sous leur main, tantôt des pierres
(première et seconde
Intifada), tantôt des armes
basiques dont seuls les hypocrites peuvent regretter leur manque de
précision à atteindre des cibles militaires.
D’ailleurs,
la
notion de terrorisme demeure toujours relative. Elle l’a
été, aussi, en
leurs temps pour la Haganah et l’Irgoun, organisations juives
qui ont
combattu la puissance mandataire anglaise dans la période
qui a précédé
la création de l’Etat d’Israël.
Certes, les causes diffèrent toujours,
mais qui décide, en fin de compte de leur justesse ?
La
solution n'est pas du côté des
armes
Est-ce
que la dépendance dans laquelle Israël maintient
les
Palestiniens
(fourniture restreinte et sous contrôle étroit de
l’électricité et des
carburants) n’est pas, tout autant, à
considérer
comme un acte de guerre
d’une extrême gravité ? Que dire, aussi,
de la
destruction des pistes
de l’aéroport international de Gaza par
l’armée israélienne,
rendu inutilisable (en 2000, lors de la seconde Intifada)
après
qu’il eut été livré flambant
neuf et
inauguré
par Bill Clinton, en novembre 1998.
La réalité et la
cruauté des
faits sont bien présentes : l’économie
gazaouie s’est effondrée après
avoir été détruite. Le
chômage atteint désormais des sommets : plus de
soixante pour cent (et maintenant plus des trois-quarts) de la
population active est touchée. Le territoire
doit sa survie à l’aide internationale.
Dans
la période récente,
le pari risqué du gouvernement israélien a
consisté à « punir » les
Palestiniens pour atteindre le Hamas. C’est maintenant
l’inverse qui
risque de se produire (un regroupement politique autour du Hamas de
tous ceux qui estiment ne plus rien avoir à perdre, hors
leur
dignité... au sacrifice de leur vie) La
réalité qui s'en est suivie
peut être résumée ainsi : depuis un an
et demi, la bande de Gaza est
devenue, au pire, une prison à ciel ouvert, et, au mieux (ce
qui
demeure relatif), un camp d'internement concentrationnaire tenu par
l'armée israélienne. Ce qui est le plus choquant,
ce n'est pas tant ce
que je viens d'écrire pour tenter de décrire une
situation et un
ressenti, mais bien
plutôt que certains extrémistes juifs aient
pensé, non sans un certain
cynisme, " laisser Gaza s'enfoncer ou se perdre dans la mer "
C'est
ainsi que l'Etat d'Israël a laissé se
créer, par défaut de
considération, une " bombe humaine " à sa porte
(Oui, il y a la charte
du Hamas et son contenu... nous y reviendrons ; il y a, aussi, un Hamas
qu'il va falloir faire évoluer)
Voici une parenthèse
d'importance que je souhaite faire ici :
l'assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin par
un
extrémiste juif, en 1995, fut un crime odieux commis contre
la paix.
Bref
retour sur Histoire. Il y a une décennie ou deux
(presque à la
façon d'un
scénario à l’Afghane pour les
Américains), le Hamas était un allié
objectif d’Israël dans la mesure où il
servait à affaiblir le Fatah de
Yasser Arafat, alors l’ennemi désigné
(que certains Israéliens
voulaient, déjà, supprimer) Sans encourager
officiellement le
Hamas de l’époque, Israël n’a
rien entrepris, non plus, pour freiner
son développement.
Certes,
il y a donc bien eu rupture
d’une trêve toute relative par le Hamas
(précédée, aussi, par quelques
assassinats téléguidés de dirigeants
du Hamas par l'armée israélienne)
Il faut, de même, avoir l’intelligence de se poser
la question de
savoir où menait
le statu quo précédent qui ressemblait
à s’y méprendre à une
impasse.
Une
guerre tactiquement électorale
Le
moment du déclenchement des hostilités a
été soigneusement choisi par
le gouvernement israélien : entre Noël et le jour
de l’An. Avantage
supplémentaire dans l’esprit de ses instigateurs,
la période correspond
à une inter vacance du pouvoir aux Etats-Unis (le feu vert
officiel de
George Bush ne peut être considéré
comme une référence)
A
l’évidence, l’opération
israélienne
n'est pas dénuée d'arrière
pensées
électoralistes. Les élections
législatives en
Israël étant prévues pour
le dix
février 2009. Les faucons, dont Tzipi Livni et Ehoud Olmer
en
tête, pensent pouvoir «
tirer les marrons du feu », mais à quel prix ? Un
prix
sans doute plus
élevé politiquement que celui payé
pour la guerre
contre le Hezbollah
au Liban en 2006, qui s’est plutôt
soldée par un
échec.
Des " dégâts
collatéraux " sans précédant
En
tout cas, une
chose est déjà certaine. La terreur et le
traumatisme causés par les
bombardements israéliens risquent de « convertir
», y-compris dès leur
plus jeune âge, les enfants de Gaza à la cause du
Hamas ou à des thèses
radicales qui s’en inspirent fortement. C’est donc
un cycle de haine et
de violence qui vient d’être
ré-enclenché. Il va annihiler pour
longtemps encore les efforts de ceux qui ont pu œuvrer
à créer les
conditions d’une paix, pour de bien faibles
résultats jusqu’à présent.
En
outre, les dégâts collatéraux risquent
d’être sérieux, non seulement
à Gaza. En
voici un
exemple : dans les premiers
jours du conflit, le
simple fait de voir à la
télévision des « communicants
»
de l’armée israélienne, ainsi que leurs
relais, porter fièrement la
kippa tout en vantant la qualité des frappes chirurgicales
est
une image bien surprenante. « Confessionnellement et
communautairement » parlant, et par assimilation, elle
n’est pas de
nature
à rendre particulièrement sympathiques ceux qui
chercheront
ostensiblement à faire de même en public, quelque
soit le pays.
Ceux-là même auront beau jeu de parler
d'hystérie et
d'antisémitisme à leur
encontre, ce qui, comme à l'accoutumée, servira
à détourner l'attention
d'une situation que les plus bornés des
intégristes continueront à
refuser d'analyser.
Pourquoi donc cette sempiternelle restriction ou réticence
à ce que les
tenants et aboutissants du
conflit ne soient
sérieusement exposés ? Les coupables et responsables
désignés à la vindicte
populaire ne peuvent, en effet, être durablement
considérés comme les
seuls et uniques coupables, en particulier en l'absence d'un
exposé
équitable des faits et d'un procès ou
débat contradictoire.
En conséquence, il est temps,
aujourd'hui, d'engager le débat (j'allais dire le dialogue)
en termes de «
coresponsabilités » afin de contrer les
dérives «
communautaristes »,
à tendance racistes et sectaires, importées sur
le territoire français.
Pour en revenir au conflit, je suis toujours surpris de voir ou
d’entendre utiliser dans
la presse française le terme hébreu de Tsahal
pour désigner l’armée
israélienne. A chaque fois, j’ai
l’impression que les journalistes ou
les commentateurs
proposent de conter les aventures d’une troupe de boy-scouts
qui aurait
préalablement reçu la
bénédiction d’un rabbin. Or, il
n’en est rien.
Comme dans toutes les armées du monde,
l’armée israélienne est
chargé
de faire la « sale besogne »...
René
Rouzioux-Saens,
7
janvier 2009, complément
et actualisation du 9/01/2009
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