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| La
France courtisée ou l’histoire d’un
amour improbable
chronique de René Saens
Pour information - Cette
version, originale, de la chronique, légèrement plus osée et - en
quelque sorte - moins encyclopédique, a été conservée. Sous une
forme plus expurgée, elle figure dans la liste des chroniques de
François-René Saens sous le titre : La France courtisée.
Ndrl
- «
Je vous aime » :
des paroles prononcées, en mars 2007 et en guise d'adieu, par un
Président parvenu au bout d'un mandat en manque d'impulsion et marqué
dramatiquement au sceau d'une panne d'initiatives réformatrices.
Pourtant,
l'affirmation et le discours se voulaient ambitieux. Au-delà des mots,
notre chroniqueur et analyste
s'est
penché,
à son tour, sur la question de savoir si, en
matière de
conquête du pouvoir, le langage amoureux pouvait supplanter
le
langage
militaire, ou s'en dissocier. Elan du coeur, lyrisme ? Soyons
bons Princes. Pour les besoins du
raisonnement, confrontons les promesses avancées avec
une
réalité que nous pouvons, aussi, chercher à appréhender !
...
Une interrogation qui laisse place au doute face à certaines
inconstances
émanant d'hommes politiques (genre qui inclut aussi
le
féminin) souvent plus prompts à se
distinguer par leurs
promesses et leur ego que par leur pragmatisme basé sur la
connaissance du vécu et du ressenti profond
« des gens du peuple ». C'est
probablement pour cela que la France, bien que
courtisée assidûment
pour ses
faveurs, se refuse à ceux qui veulent la
représenter.
L'exposé
est direct et argumenté, de même
qu'illustré... (même les zappeurs peuvent y trouver un
intérêt !) Annonçant la fin programmée des
grands
hommes ou, plus exactement avec eux, la fin des illusions entretenues,
l'auteur
prône, en particulier, la transparence du débat qui favorisera une
définition plus précise des enjeux. Moins de polémique, plus de
visibilité et davantage de rigueur.
Animé de cet état esprit, il est probable que le couple
citoyen-citoyenneté soit en mesure de reprendre progressivement
en mains son destin et d'affirmer ses différences. Il pourrait
même assumer sa « rupture »
d'avec les discours démagogiques tenus par d'illusoires
porte-parole d'organisations ou personnages politiques providentiels,
même beaux-parleurs, belles ou sympathiques. René
Saens nous invite à engager cette réflexion ! En
mètre-étalon
(référence) de
l'analyse politique, l'auteur ose même effectuer un
parallèle avec la vie
(rêvée) des stars. «
La plus belle fille ou femme du monde peut-elle donner... ? »
En
outre, la politique est-ce une affaire d'hommes ou
de femmes,... sexuée elle-aussi ? Le
11 mars 2007 au soir, lors de son allocution
télévisée, le Président de
la République encore en fonction, Jacques Chirac, tout en
faisant preuve d’une émotion
maîtrisée, assurait ses « chers
compatriotes de France et d’Outre Mer » de son
« amour » pour eux, de même que de sa
passion pour la France.
Cependant, cette affirmation - dont il n’est pas certain que
la réciprocité s'avère
établie -, est-elle
aujourd’hui suffisante pour draper d’un voile de
mots, même choisis, un bilan pour le moins
contrasté ou qui, force est de le constater,
apparaît d’ores et déjà bien
moins glorieux qu’affirmé ? Pourrions-nous
même parler d'un non-bilan, à peine
esquissé,
recouvert du voile - pudique ou impudique
- façonné par une floraison de
vœux et de
recommandations, de même que par la trame d'une posture
politique
qui n' «
accroche plus » ? En
outre, peut-on croire, désormais, au mythe de
l’homme providentiel, à la façon dont
des enfants s’enthousiasmeraient devant la hotte du
Père Noël ? Pourtant, notre capacité
d'émerveillement et d'enthousiasme demeure
présente. Nous
en avons besoin. Elle ne demande qu'à être
réveillée. Par qui, comment et pour quels
desseins ? Plan de cette chronique
:
.
Oui, telle Marianne ou la promise drapée (ou non) dans sa
robe blanche,
… la France est belle !
.
« Amour et fierté »,
ralliez-vous à mon panache blanc,
… pour participer à quelques brefs instants de
bravoure ;
.
De la parole aux actes, il y a une fracture, un fossé et
pour tout dire… une autre époque ;
.
Le double langage politique : Faites ce que je dis…
pas ce que je fais !
.
la France, courtisée pour ses portefeuilles et les
sinécures qu’ils procurent,
… en proie aux plus cruelles des désillusions ;
.
Face au Monde nouveau qui s’affirme
… l’illusion et la fin programmée des
grands hommes ;
.
Il faudra désormais se faire à cette
idée…
.
La France ne recherche plus d’Homme providentiel mais des
amants ardents et tendres
… qui lui feront découvrir cieux et horizons
qu’elle rêve d’atteindre ! Oui,
telle Marianne ou la promise drapée (ou non) dans sa robe
blanche, …
la France est belle !
Oui, Monsieur le Président, la France est belle et
désirable. Que ne l’aviez-vous dit plus
tôt ? Elle l’est d’autant plus
qu’elle a, au tréfonds
d’elle-même, la capacité
d’être aimante, comme le serait tour à
tour une déesse passionnée et une amante faisant
les beaux jours de celui qui saurait se faire aimer d’elle en
retour. Mais, au fond de vous-même, êtes-vous
sûr d’avoir réussi cet exercice (bien
plus difficile car mesuré à l’aune des
résultats), de vous en faire aimer, vous-aussi ? Avez-vous
eu raison d’exprimer toute la fierté que vous nous
dîtes être la vôtre ? Pour notre part,
nous sommes loin d’éprouver ce même
sentiment ou cette même certitude. Alors, les doutes (et les
regrets aussi), partagés par nos concitoyens, nous allons
les exprimer ici.
Oui, Monsieur le Président, la France a du charme. Si, sur
l’instantané que nous en prenons, elle se
découvre ainsi, c’est grâce à
l’amour, à la passion et au travail assidu de
toutes celles et de tous ceux qui, avec patience, soins multiples et
persévérance, l’ont construite.
Grâce aussi à toutes celles et à tous
ceux qui, tantôt en amants sincères,
tantôt en bons pères de
famille, l’ont conduite à
l’orée de ce vingt et unième
siècle. «
Amour et fierté », ralliez-vous à mon
panache blanc …
pour participer à quelques instants de bravoure
Avant d’évoquer les désillusions et les
«
z’amours » qui passent ou trépassent,
nous avons, aussi, le devoir de faire preuve
d’objectivité pour saluer quelques instants de
courage et de bravoure, de ceux dont il n'est pas certain qu'ils
puissent être supplantés par les mieux
intentionnées des
bravitudes. Selon une amplitude
qui le recouvre à des degrés divers, il en va
ainsi du sort du commun des mortels : chaque être laisse la
rémanence ou le reflet de ses ombres et de ses
lumières.
Tout d’abord, il y a l’engagement. Un chemin de
presque cinquante ans de vie publique, semé
d’embûches, de sinuosités et de
turpitudes. Ce chemin, accompagné de prises de
responsabilités au sommet de l’Etat,
d’abord en tant que ministre puis de Premier ministre, et,
aux termes d’une consécration suprême,
en qualité de Président de la
République, mérite un niveau certain de respect.
De même, il demeure indissociable des hautes fonctions
exercées qui, davantage encore, suscitent et
méritent ce respect. Il va donc sans dire – mais
cela va mieux en le disant – que le mérite
inhérent d’un tel parcours ne saurait
être le fruit défendu du hasard. Cet
itinéraire est donc singulier. Il était juste de
le rappeler.
Pour l’essentiel, le voici donc arrivé, ce moment
fugace propice au rappel de quelques instants où
s’inscrivent, sur la photo de nos vies et sur
l’écran de nos jours, les
éphémères minutes de
compréhension et d’émotion
partagées. Humilité oblige : ainsi que nous
l’ont enseigné les dramaturges antiques, ce sont
les événements et les circonstances qui
créent et révèlent les hommes, bien
plus souvent qu’il n’arrive à
l’homme de disposer, du moins à lui seul, de
l’aptitude à façonner
l’Histoire.
Instants de bravoure, donc. Pour être brefs, citons-en deux.
Tout d’abord, la position ferme, soutenue par ailleurs par
quatre vingt dix pour cent des Français (excepté
Bernard Kouchner et quelques penseurs aventureux du nouvel ordre
mondial [à
l'inverse, pour le Darfour, nous sommes d'accord]) face à
un George Bush se lançant, comme
un beau diable, dans le conflit irakien (« la
démocratie ne s’exporte pas, encore moins avec des
engins d’assaut ») Comment, non plus, ne pas se
souvenir de Jacques Chirac, ayant ceint des habits de «
représentant de commerce » (parfois avec des
accents bonimenteurs), emporté par l’enthousiasme
de son premier mandat, se plaisant à présenter -
notamment à l’étranger -, autant les
produits
de nos industries que ceux de nos terroirs ? Il n’est pas
certain que le résultat fut toujours au rendez-vous, au
moins la forme y était-elle.
Pour reprendre l’expression de l’un de ses
meilleurs et populaires (ici, c’est plutôt un
compliment) supporters, Patrick Sébastien, il y eut aussi
« Chirac, le type sympa », le dévoreur
de têtes de veau (il en fut un temps privé lors de
l’épisode de la « vache folle
») et l’amateur de bière mexicaine
(cette rubrique n’étant pas
sponsorisée, la marque ne sera pas citée !)
Voilà pour le côté humain du personnage
dans lequel, probablement, nombre d’entre nous pourront ou
pourraient se
reconnaître. Cela étant, … De
la parole aux actes, il y a une fracture, un fossé et Pour
tout dire… une autre époque
En revanche, et de façon générale au
cours de son mandat présidentiel, la lucidité de
l’analyse politique dont a fait preuve Jacques Chirac
laisse place à de nombreuses interrogations, voire
à
de la perplexité. L’une de nos interrogations
concerne, en particulier, la dissolution de
l’Assemblée Nationale en 1997, qui fut une
véritable balle tirée dans le pied de son camp.
Il y a eu bien plus grave encore. Avec Chirac, en règle
générale - du moins si l’on
s’en tient à la période qui couvre son
mandat présidentiel -, la forme n’est pas en
cause. Ce qui pose problème, c’est le manque de
profondeur d’analyse et l’absence de transposition
en termes concrets d’idées, certes
générales et généreuses,
qui ne mangent pas de pain. En effet,
les beaux discours présidentiels n’ont, en
définitive, débouchés que sur
très peu de réalisations ou
d’améliorations tangibles. Ainsi, la lutte contre
le racisme et l’antisémitisme, se
réduit-elle pour Jacques Chirac (de même que pour
ses premiers ministres successifs) à des discours
pontifiants, à des flots de paroles et à un
verbiage dénué d’esprit
d’analyse et de toute explication des causes et des effets.
En bref, de la parole révélée (le roi
est nu), de l’affirmation qui dispense de procéder
à l’examen attentif. Ce qui revient à
dire : ne soulevons surtout pas le couvercle de la marmite…
de peur de révéler des torts partagés
et des réalités inavouables !
Autre thématique, l’Europe, avec une
incapacité quasi-totale d’avoir les
idées claires sur le sujet. Concernant, le
référendum sur la Constitution
européenne, un divorce avéré
d’avec la majorité des Français et une
incapacité de comprendre les faiblesses du texte
proposé (là encore un verbiage de plusieurs
centaines de pages, dont il n’est certes pas le
père putatif, mais là n’est pas le
problème) Alors qu’il eut
été de bon sens de
considérer qu’une Loi Fondamentale se devait
d’être succincte et claire comme de l’eau
de roche, et donc se restreindre à l’essentiel,
c’est à dire au bon fonctionnement des
institutions ; le reste étant affaire de traités
conclus par des gouvernements plus ou moins
éphémères, à
l’inverse d’articles de loi gravés dans
le marbre pour plusieurs générations.
Sur l’écologie, encore de beaux discours (critique
de l’Amérique incluse) Pourtant, dans les dix
jours qui ont précédé le sommet
européen de Nice en 2002, un déplorable record du
monde de la consommation de kérosène battu par un
chef d’Etat en exercice !
En
ce qui concerne le deuxième septennat de Jacques Chirac (devenu
entretemps
quinquennat), nous ne pouvons donc, hélas, que faire part ici
de
nos plus extrêmes réserves, partagées aussi par d'autres observateurs
et analystes à l'esprit acéré (en voici un
exemple, l'appéciation
portée par Alain Minc : " Chirac, une catastrophe à
visage
humain ! ") Le
premier septennat a été marqué, pour sa part, par de
nombreuses
ambiguités dues au partenariat forcé entre Chirac et Jospin
(la "cohabitation"). Sur un certain nombre de points, ce ne fut pas,
non plus, une réusssite. Là encore, le devoir et le " droit
d'inventaire " doivent, aussi, pleinement s'exercer envers Lionel
Jospin lui-même. Le
double langage politique : Faites ce que je dis… Pas
ce que je fais !
Remontant le fil de l'histoire, devons-nous évoquer le système des
avantages
(dont les emplois fictifs de la Mairie de Paris et autres attributions
de logement de fonctions), de même que la faveur de
nominations d’inspiration clanique (nominations de courtisans
et de serviteurs zélés à la
tête de sociétés, à la
direction d’Airbus ou à des postes de
responsabilités importants, ainsi que reclassement de
collaborateurs et d’affidés politiques,
mené jusqu’à la dernière
minute) Des méthodes pratiquées, il est vrai,
tout aussi allègrement par François Mitterrand en
son temps (prébendes de l’affaire Elf,
écoutes téléphoniques, commissions
occultes versées à l’occasion des
ventes avortées de frégates à
Taiwan…), autrement dit des pratiques d’un autre
temps, émanant d’hommes du passé. La
grande majorité des Français ne peut pas se
reconnaître dans cette façon de vivre et de
pratiquer la politique.
Que dire enfin du train de vie de l’Elysée qui a
littéralement explosé durant la
période Chirac ? (Ndrl
: une partie du budget élyséen était
auparavant pris en charge par d'autres Ministères)
Compte tenu de ces rappels, le «
coup de chapeau » tiré par François
Bayrou (candidat à l’investiture
suprême) à l’adresse du discours de
Jacques Chirac tenait probablement davantage, lui-aussi, de
la forme que du fond des résultats. Un commentaire
décalé donc
de la part d’un homme qui, en d'autres circonstances, s’est montré plus
pertinent
dans ses analyses sur la volonté de changement des
Français. la
France, courtisée pour ses portefeuilles et les
sinécures qu’ils procurent, …
en proie aux plus cruelles des désillusions
En dépit de propos qui se veulent rassurants et des messages
tenus in extremis par le Président sortant, les
éléments que nous venons de rappeler incitent
à la circonspection, tant les déconvenues et les
désillusions ont été nombreuses et
durement ressenties. Ainsi, la non-résorption de la fracture
sociale, pourtant argument clef d’une
précédente campagne, figure t’elle en
bonne place des promesses non tenues et des circonstances aggravantes
qui peuvent leur être associées.
Bien entendu, il serait injuste de mettre tout sur le dos du Chef de
l’Etat. Cependant, ayant lui-même
sollicité le suffrage des Français, il convient
de rappeler qu’il a, précisément,
été élu pour résoudre les
problèmes auxquels il promettait solution. L’Etat
des lieux est donc à mettre au passif de cet homme qui a
promis « x » fois plus qu’il
n’était en mesure de tenir et qui, de
surcroît, au moment de se retirer, pense encore disposer
d’un niveau d’autorité qui lui permette
de rajouter une nouvelle couche à ses propos.
Désolé, mais c’est trop
tard… Nous ne pouvons plus aimer ! Tout au plus,
pouvons-nous compatir, mais il faut bien avouer que cela ne sert plus
à rien ! Si le choix que feront les Français
libère davantage d’enthousiasme, nous devrons
désormais réserver nos meilleurs sentiments et
encouragements à son successeur. Face
au Monde nouveau qui s’affirme …
l’illusion et la fin programmée des grands hommes
Oui, le Monde a changé. Si la France y a encore une place
(qui demeure malgré tout enviable) ainsi qu’un
rôle à jouer, elle ne doit pas
apparaître comme une étoile morte ou en voie
d’extinction. Elle ne doit pas davantage se
présenter en donneuses de leçons (gauche et
droite élitistes s’étant
déjà trop largement employées et
discréditées en participant à de
telles mises en scène) A l’avenir, la France ne
peut davantage se prévaloir d’un quelconque
monopole des idées. En revanche, elle se doit de
préférer jouer son rôle
d’activateur, d’animateur et de
régulateur.
Avec Jacques Chirac, c’est une page qui se tourne.
C’est la fin d’un chapitre, la fin d’un
épisode et, en même temps, la fin d’un
livre. C’est aussi la fin d’une époque,
la fin d’un mythe, celui de feu « le Grand Homme
», développé et entretenu par le
général De Gaulle, et dans lequel
François Mitterrand avait, lui-aussi, tenté de se
glisser après en avoir vivement combattu les
dérives supposées.
Il
faudra désormais se faire à cette idée
: sauf à revoir le Messie sur terre, il n’y aura
donc pas davantage de grands hommes qu’il
n’existera de grandes femmes (excepté dans les
magazines de mode qui ont, par ailleurs, toute notre sympathie
– voir
photo illustration) Et
oui, toi l’ami(e) d'un jour
qui me fait l’honneur de lire cette chronique,
tâches de ne pas l'oublier : désormais,
la charge
qui t’attend sera lourde et noble à la fois. Tu
détiens déjà, peut être sans
en avoir pleinement pris conscience, une partie des leviers de
la
grandeur ou la décadence de ton pays car, souviens-toi, ton
destin y est associé ! Quant
à la
hiérarchie et à l’autorité,
elles continueront certes d’exister, mais seront de moins en
moins prégnantes et porteuses de l’illusion du
pouvoir qui va avec ou qui leur sont traditionnellement
associées.
En matière politique – et c’est
d’ailleurs bien ainsi –, l’exercice du
pouvoir ne peut plus se concevoir que dans la
délégation et la représentation, avec
nécessité d’un contrôle, non
pas lourd, pesant, administratif ou bureaucratique, mais
démocratique avec élections à la
clé (et, peut-être même bien,
des " conseils de
surveillance " tirés au sort, et non cooptés par
une
élite qui - continuant à se perpétuer
en ne frayant
qu'avec ses membres -, souhaite conserver toute son aptitude
à
tirer les ficelles). Aujourd’hui, encore bien
davantage que
par
le
passé, dans toutes les strates de la
société, il y a nécessité
d’ouvrir les réflexions pour nourrir
débats et dialogues. En effet, cette demande existe bel et
bien. Elle est légitime. Elle doit être
comblée.
Contrairement à ce qu’affirme le
Président sortant, qui apparaît sur ce point comme
un grand amnésique et anesthésiste du
débat
d’opinion (un peu à la façon d'un
Giscard), l’expression des extrêmes doit
être possible dans l’espace que nous venons
d’évoquer (l’extrémisme
ultra-radical qui voudrait se manifester en force et
brutalité
en étant cependant exclu ou s'excluant de
lui-même) En dehors de cela, nous affirmons que
toute expression et analyse respectueuse des hommes est saine,
nécessaire et vitale pour notre
démocratie.
Contrairement aussi à ce qu’ils voudraient nous faire
croire,
les adeptes des discours lénifiants (qui n’ont de
cesse de vouloir casser le thermomètre), se
révèlent donc – probablement
– les plus dangereux pour la démocratie. En tout
cas, ce sont ceux qui, en dépit d’affirmations
contraires, semblent se méfier le plus du peuple et de sa
souveraineté. Ceux-là n’ont pas compris
que le temps de la soumission à une élite et
à une administration toute puissante visant à les
aliéner plus qu’à les aider et
à les faire progresser, n’était plus de
mise et donc n’aurait plus jamais cours.
Certes, le contexte d’un système où la
démocratie et son expression prédominent,
n’est pas parfait. Nous savons qu’il en sera ainsi
encore longtemps. Cependant, le niveau de connaissance et de culture
contribuent à l’essor de cette
démocratie. Les nouveaux médias participent, dans
le même temps, à la rendre plus
prospère
(aux médias traditionnels s’ajoutent
désormais les expressions individuelles
libérées grâce aux forums et blogs
Internet… à portée de souris)
L’expression démocratique se trouve ainsi
renforcée, même si elle se montre parfois
brouillonne et
pas encore suffissament précise. Elle est en recherche
d'éléments d'analyse. C'est ainsi qu'elle
progresse.
Cela ne veut pas dire que nous pouvons nous dispenser d’y
mettre, à dose homéopathique, quelques
garde-fous. Ce qui reste à encadrer, ce sont les tentations
ou les dérives sectaires et partisanes, de même
que toute expression qui se voudrait méprisante ou
injurieuse. De tels comportements s’opposeraient en effet au
souhait du plus grand nombre de nos concitoyens qui aspirent
à un dialogue basé sur la
compréhension, ainsi que sur une volonté
portée par un désir sous-jacent,
l’état
d’esprit du « vivre ensemble ». Cette
volonté
s'appuye sur des valeurs fortes, tissées - après
bien des vicissitudes - au fil de notre identité et de
l'Histoire qui l'a fabriqué(e).
Prédire
la fin des grand hommes, ou plus exactement la fin des personnages
idolâtrés, adulés ou considérés supérieurs (la fin des élites
autoproclamées), ne signifie pas bien entendu que les hommes (ou les
femmes) aspirant à l'exercice du pouvoir ne devront pas avoir des
qualités d'hommes d'Etat. Cependant, tant par la méthode que dans la
forme, leur façon d'exercer sera bien différente (nous reviendrons en
conclusion sur leurs qualités) : méthodes et pratiques managériales,
forte capacité d'analyse, sens du terrain et des réalités, charisme et
communication. La
France ne recherche plus d’Homme providentiel mais des amants
ardents et tendres…
qui lui feront découvrir cieux et horizons qu’elle
rêve d’atteindre !
Oui, la France est belle et désirable. Elle doit le rester,
non seulement pour les étrangers fortunés, les
patrons d’industrie, les touristes ou les (trente pour cent
de) retraités aisés, mais aussi pour ceux qui, la
façonnant au quotidien, veulent recevoir
l’assurance de récolter sereinement le fruit de
leur travail, tout en en transposant les
bénéfices à leur famille et leurs
proches.
Nous le savons, et l’évolution des mœurs
le reconnaît aujourd’hui, cet homme en question est
sexué jusque dans les arcanes de son destin. Parfois, il
peut même se permettre de sortir des sentiers battus (qui, le
plus souvent, ne sont cependant pas les moins praticables) pour se
permettrent l’originalité d’une
homosexualité qui n’est plus condamnée. Là-aussi, des tabous tombent...
qu'il ne s'agit pas, pour autant, de transformer en nouvelles normes !
En tout cas, saisissons ici l’occasion de dire que la
représentation politique, de même que la fonction
présidentielle,
n’est pas affaire de sexe et, encore moins,
d’alcôve. Elle ne peut, non plus, être
considérée comme un essai qu’il
faudrait faire, le cas échéant sans
protection… et à quel prix ! Il ne
s’agit pas davantage d’un argument de vote (ni en
pour, ni en contre), car seul le programme et le dessein doivent
être considérés avec sérieux
et attention. Ce qui, de notre point de vue, exclut toute tentation
démagogique qui ignorerait les valeurs fondamentales ou qui
encore, faute de pragmatisme et de détermination,
repousserait à plus tard la résolution des
questions en suspens… que nous savons nombreuses.
En fin de compte, une France qui a besoin de ses fils et de ses filles,
de ses amants ardents et attentionnés, tous (ou les plus
nombreux) volontaires et motivés. En ce sens, la
générosité - nationale et universelle
de destin -
nous oblige, le plus souvent possible, à agir ensemble. De même, afin
de
sortir de l'ornière que constituent la
dépendance, l'assistanat et les frustrations
qu'elle entraîne, nous avons besoin d'un couple
citoyen-citoyenneté suffisamment fort pour être
capable de
s'assumer dans l'épreuve et la réussite. Un
renouveau des
valeurs en quelque sorte.
De l'ambition : oui, il en faut pour représenter et diriger...
Le pouvoir : un mot qui fait rêver beaucoup de monde. En
quelque sorte,
l'accès à la pointe supérieure
d'un triangle dont les bases seraient ou devraient
être, d'une
part, la
sincérité et le charisme, et, d'autre part, la
profondeur d'analyse conjuguée avec le réalisme
des propositions. En d'autres termes, de la visibilité, du
tangible et de l'espoir pour le plus grand nombre. Pour les traits de
caractère : volonté et courage avérés
afin de réduire individualisme et corporatismes qui
tendent à s'incruster dans toutes les strates de la
société, de même que pour résister aux
groupes de pression, qu'ils soient confessionnels,
communautaristes, catégoriels ou économiques. En
résumé, une vision de l'intérêt
général et une posture
positive en faveur d'une pédagogie permanente (l'inverse de
la démagogie). Un subtil
mélange de
grandeur et... d'humilité aussi !
Alors, ce « Je vous aime », cette
relation à un amour improbable… pourrait prendre tout son sens
!
René Saens,
12 mars 2007
Ndrl
– La photo suivante se veut une illustration libre
d’un
point abordé dans la chronique de René Saens,
agitateur
d'idées et poète devant l'Eternel, dans laquelle
il
affirme que, désormais, il ne faut plus s'attendre
à la
venue de personnages providentiels (feu les grands hommes)
L'Histoire ne leur accordera plus les mausolés ou
les
Panthéons convoités. Les femmes recevront un
traitement
égalitaires (voire qui leur sera
supérieur dans
les pages des magazines de mode ou les
médias people)
Fin
de cycle pour d'illusoires «
grands hommes » (le roi est nu) et sursis pour les stars
? Question
: Si Emmanuelle Beart était candidate, voteriez-vous pour
ses idées ou bien pour « Elle
» parce que
-
cerise sur le gateau -, c'est une femme susceptible d'offrir plus
d'arguments qu'un homme ? Contrairement à
la politique, cette photo semble indiquer que, pour une fois - s'il y
avait promesse -, la réalité serait au
rendez-vous... à condition bien entendu que le temps veuille
bien suspendre son vol et ne pas différer la
réalisation de ses promesses !
Emmanuelle
Beart posant nue
pour la couverture du magazine
Elle (ref. lien externe Wikipedia) 
Abordant cette fois
une thématique différente, celle
de l'image de l'artiste et de la
femme, François-René
Saens a
consacré une autre chronique sur le site Internet de notre
magazine AnnoncesNo1.
Les femmes y seront plus sensibles. Une
critique énergique et constructive, de nature littéraire et
cinématographique, intitulée : Fantasme
cinématographique ou
nouvelle Emmanuelle ?
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Voir
aussi les chroniques Solidarité
:
Pourquoi
? Comment
? Les
challenges de l'humanitaire Solidarité Actions
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