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JERUSALEM
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Jérusalem vaut bien...
un poème :
" Les livres de pierre " -
Chronique de René Saens
A la suite de
ce texte, vous pourrez accéder à la lecture du
poème :
"
Jérusalem, les livres de pierre ", une
évocation lyrique
de l'histoire tourmentée de Jérusalem.
Je me
souviens de ces journées d’avril et de
mai où, visitant la partie orientale de
l’Egypte,
Israël et la Palestine, nous plongions, avec nos amis de
route, dans un monde nourri de toutes les contradictions, à
la fois creuset des religions puis fief de toutes les tensions que nous
connaissons encore aujourd’hui. Assurément, un
voyage sur des territoires éminemment précieux et
contestés d’où il était
difficile de revenir indemne !
Déjà,
à partir du sud, la
traversée du Néguev puis de l’aride
désert de Juda laissait le visiteur dans
l’impatience haletante de la découverte des terres
où, selon la tradition, coulaient « le lait et le
miel »… Sur la plus grande partie du chemin, tout
n’était que sable et rochers parsemés
ici et là de quelques rares îlots de
végétation. A chaque croisée de
routes, se rencontraient les vestiges d’un passé
troublé portant témoignage de civilisations qui
marquèrent profondément
l’humanité. Près de la Mer morte,
Massada la rebelle, fière et provocante. Dans sa tenue de
forteresse assiégée, elle surplombe encore
aujourd’hui les terres dures et ocres,
brûlées par le soleil, où les
Esséniens avaient, au prix de mille
ingéniosités, cherché à
s’accrocher à la vie. Un peu plus loin vers
l’amont, la vie se montre, enfin, exubérante
grâce à la
générosité de son formidable
réservoir d'eau douce, Tibériade, plus
communément appelé « Mer de
Galilée »
Puis,
à partir de Jéricho,
en longeant
l’aqueduc qui alimentait jadis les piscines
d’Hérode le Grand, s’engage la
montée vers Jérusalem, le lieu de
l’extase ! Voilà en effet que, au
détour de la montagne, la ville trois fois sainte se laisse
admirer, oui, mais sans se laisser surprendre. Comment pourrait-il en
être autrement de l’une des plus anciennes villes
du monde qui repose à l’abri de ses imposants murs
hérités de Soliman, dit le magnifique, le
vainqueur des Croisés ?
Mais ne parlons pas de ses conquérants, parlons de ceux
qui ont
construit son prestige millénaire. Issu de la filiation de
David qui en
fit sa capitale, le roi Salomon y fit construire un temple
digne des merveilles de ce monde antique, même si la
tradition a pu
amplifier
le réel au-delà de ce qu'il
fut (Certaines parties ou extensions du temple étant
très probablement
postérieures à son règne).
Selon le Livre des Rois, sa magnificence fut
l’œuvre de plusieurs dizaines de milliers
d’ouvriers qui s’y
relayèrent en flots
ininterrompus. Ceux-ci déployèrent leur
ingéniosité depuis les forêts du Liban
où s’équarrissaient bois et poutres de
cèdre, recouverts par la suite d’or, autrement dit
de cette richesse prodigieuse extraite des mines du Roi
séducteur. Avec les pierres majestueuses qui servirent
à la fois de soubassement, de terrasse et de murs,
l’ensemble forma le temple recueillant et symbolisant la
puissance de l’Alliance passée avec le Dieu des
Hébreux.
Revenons-en à notre volet contemporain, toujours aussi
prégnant, fruit d’une continuelle effervescence
émaillée de conflits et d’oppositions
qui ressurgissent au moindre bruissement d’aile
d’une colombe qui ne veut dire son nom. Dans cet univers
instable, tout paraît devoir être à
refaire à chaque instant ! Cette analyse, difficile et
contraignante, sera reprise dans le cadre d’une autre
chronique. Nous y aborderons les enjeux d’une paix qui reste
encore à construire...
En cet instant, nous ne pouvons être parcourus que par
l’humilité de notre tâche, tout en
essayant de prendre quelque hauteur par rapport au quotidien. En effet,
gardons à l’esprit les finalités
d’une route qui sera encore longue.
Dans l’attente que pouvons-nous faire, sinon encourager les
belligérants à s’asseoir à
la table des négociations ? C’est probablement peu
de choses, penseront certains. Ne s’agit-il que
d’un début ? Il faut leur laisser le temps
nécessaire à la prise d’engagements
positifs. Les raisons existent pourtant
d’accélérer une réflexion
qui suspendrait bien des souffrances. Cela étant, nous
n’ignorons pas non plus que notre patience et nos
énergies seront encore mises à rude
épreuve. Pourtant, nos pensées doivent
d’ores et déjà accompagner les futurs
négociateurs. Nous savons qu’ils en auront bien
besoin.
Dans l’attente, que pouvons-nous faire ? Eh bien, prononcer
ces simples mots ! Toi Jérusalem,
la « Jérusalem éternelle »,
toi qui suscites nos intérêts et cristallises nos
attentions, pour chacun d’entre nous et pour nous tous
… nous attendons de toi des jours meilleurs. A toutes nos
prières, nous
joignons aussi ce poème :
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Les
livres de pierre
Des livres de pierre
Ici enfermés,
Quand d’autres sont ouverts
Aux yeux des profanes,
Des livres d’hier
Comme enluminés,
L’espoir peint en vert
Dans des cœurs diaphanes
Dont, souvent, le sang,
A taché le bleu
Clair du firmament
Abritant les cieux.
Bâtisseurs de cieux
De l’aube des temps,
En quête d’un Dieu
A l’humeur changeante,
Vous serez jugés
A l’aune du Seigneur,
Sinon appréciés
De vos successeurs.
Pierre philosophale
Transmise à Abra[ha]m,
Axes des cathédrales
Ou des abbatiales,
Supportez l’effort
Du peuple de Dieu
Dans les instants fort
Miséricordieux.
Pierres d’angle ou de voûte,
Vos flèches catalanes
Parfois nous déroutent.
Vierges ou bien gitanes,
Quand l'esprit de vie,
Eloigne de soi
Regrets ou envies,
Servez bien la foi.
L’archange Gabriel
Est le messager,
L’abeille sur son miel,
Votre bon berger.
Au mont Arafat
Comme en Canaan,
Il vient ici bas
Pour de nobles temps.
L’arbre de Jessé,
Fort sur ses racines,
Fut pourtant blessé
Par la faux maligne
Quand l’Arche d’alliance
Ne put cheminer
Sur les voies d’errance
Des frères divisés.
Dans l’univers
gris,
Dieu voit les couleurs.
Il les fait survivre
A tous les malheurs.
Vibrez cathédrales,
N’ayez cœur de pierre !
Vos chœurs et dédales
Sont lieux de prière.
Tout comme synagogues,
Temples ou bien mosquées,
L’élan qui vous porte
Est à partager.
Quand les hommes entonnent
Le chant des fidèles,
Dans les cieux résonne
La voix des prophètes.
Toi,
Jérusalem,
Céleste
et innée,
N’oublie
pas : ils t’aiment
Pour
l’humanité !
René
Saens
Extrait du Recueil de textes, paru chez EDRS
"Parfums, Saveurs et Couleurs de Vie"
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Annoncesno1.com - le magazine, 5
janvier 2005
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