|
… Le onzième commandement !
Au pays des songes : A la recherche du
commandement perdu.
Avertissement
- Cette
présentation regroupe deux chroniques au contenu assez dense (à la fin de cette page, un lien vous conduira vers le second article, plus analytique).
Sur la forme,
toutes les deux font référence à l'univers des rêves et à ce qu'il
comporte de
fantaisie. Sur le fond, elles traitent d'un sujet "explosif" :
l'emprise des religions sur la société (c'était pour hier) !
Questions induites : quelle force ou sagesse ont-elles conservée aujourd'hui ? Quel peut bien
être leur apport pour demain ?
Le combat se poursuit, éternel, entre le bien et le mal. Pour l'individu, un choix potentiel
entre liberté de croire et de ne pas croire, entre expression
personnelle et contrainte sociale, entre archaïsme et modernité. D'une
certaine façon, entre "possession" d'idées anciennes, superstition et... nouvelle révélation.
Considérant la démarche, l'exercice
n'est pas gratuit. La question est la suivante : sans le support de l'histoire (quelle
soit belle, atroce, sublimée, réelle ou inventée), peut-on croire en
Dieu ? Peut-on imaginer que, dans cette hypothèse, le commun des
mortels puisse parvenir à un niveau de spiritualité qui ne soit pas
inférieur ou même transcendé ? Cette épreuve paraîtra probablement
difficile et particulièrement cruelle à certains. Alors, avis aux
amateurs, à ceux qui veulent bien se risquer à la tenter..
Attention, certains propos crus (et parodiques) peuvent choquer des oreilles chastes. Pour adultes seulement. L'auteur
revendique - à titre
ponctuel -, le droit d'utiliser cette forme d'écriture
"décomplexée"
par rapport au tabou que représente, en règle
générale, toute esquisse
de critique à l'encontre des traditions religieuses ou, plus
précisément, des conditions dans lesquelles elles ont vu
le jour
(en résumé, des sociétés tribales et
patriarcales où l'idée
même d'égalité ou de démocratie
était inconnue)
Les deux récits sont aux antipodes l'un de l'autre. Entre les
deux,
ménagez-vous une pause, c'est conseillé (si vous n'avez
pas au moins
une demi-heure à y consacrer, ne commencez pas, revenez plus
tard)
A ceux qui pourraient en ressortir
décontenancés, précisons qu'il
existe un remède, un contre-coup (non remboursé par la
Sécurité
Sociale, hélas), une sorte de bible (de l'anti culpabilisation),
un
contrepoint et
un antidote à la désespérance, l'ouvrage de
René Saens " Parfums,
Saveurs
et Couleurs de Vie".
Le premier texte qui vous est présenté ici est l'exception qui confirme
la règle. Il n'est pas représentatif des écrits de l'auteur (le récit
qui va suivre a une vocation pédagogique, le contrepoint viendra à son
heure, dans la seconde partie)
Ndlr - Cette
fois encore, nous
vous présentons un
texte inédit, un dialogue pris sur le vif où les
traits d'humour se télescopent et nous interpellent.
Récit qui pourra paraître un brin caustique et iconoclaste dans un
environnement que certains « milieux autorisés »,
pour reprendre l'expression de Coluche, autrement dit élites
autoproclamées détentrices
de certitudes non vérifiées -, voudraient aseptiser.
Or, nos
sociétés, traversées par des courants médiatiques divers et variés,
invitent pourtant à un
dialogue capable d'adapter et de rénover les dogmes anciens.
Contrairement à ce que fut une réalité passéiste qui se
prolonge encore aujourd'hui, le débat ne
devrait être, ni accaparé par les idéologies « communautaristes » dangereuses
pour la stabilité et la paix sociale, ni occulté (ce qui reviendrait à
vouloir casser le thermomètre). La vigilance doit donc rester de mise face aux dérives
parfois sectaires (certaines avançant paradoxalement sous couvert d'une
éthique, prétendue supérieure, sujette pourtant à caution ou à
discussion).
Concernant en particulier les relations entre société et religion,
force est de constater qu'aucune des religions monothéistes ne semble, à un moment ou à un autre, avoir été épargnée par ce phénomène.
Perdure
encore un combat d'arrière garde avec des affrontements -
réels et potentiels - entre traditionalistes et rénovateurs. Pour les
« esprits ouverts », mieux
vaut courir le
risque d'enfreindre quelques lois (même d'une pesante
auto-censure), plutôt
que de se
priver de la possibilité de revisiter librement les idées reçues (ou
autres
préjugés) ! C'est ainsi que nous laissons au lecteur sa propre
liberté de
découvrir un
texte qui oscille entre respect et irrévérence supposée... Une
incursion téméraire dans le monde des tabous et dogmatismes qui, depuis
des millénaires, régissent nos consciences. Il
revient à chacun d'entre nous d'y associer la réalité
historico-religieuse de son choix et, plus concrètement, d'en
rechercher une adaptation ou transposition contemporaine.
Que
vous soyez - ou non - croyant, souvenez-vous que l’auteur
relate ici
les fantaisies d'un rêve (ou d'un cauchemar, penseront certains) Sous
réserve d'être, le cas échéant, lu et à interprété au second degré,
nous
souhaitons que ce récit puisse, aussi, avoir quelques vertus
pédagogiques.
« Les brav's gens n'aiment pas que
L'on
suive une autre route qu'eux »
Georges Brassens, " La mauvaise
réputation "
Il y a quelques jours, avant de croiser Morphée et son univers de rêves
prophétiques, je me suis endormi en interpellant Moïse. Quelle idée
saugrenue me direz-vous ? En nulle autre occasion, je ne
l’avais fait auparavant (je le jure sur mes grands
dieux), du
moins pas aussi directement. Non que je n’eusse cru bon
de le
questionner, mais l’idée même « d’oser » eut pu paraître
étrange à
beaucoup, et, en particulier, à mes coreligionnaires, mortels comme
moi, fussent-ils - ou non - dûment circoncis (d'ailleurs, à ce
stade, il n'est pas utile de préciser). Quelle prétention
aussi !
De surcroît, quelle inconscience ! Envisager de relater même
l’esquisse
d’une
telle évocation, il y avait de quoi s’attirer les foudres de
plusieurs générations de gardiens du temple. En outre, ne devais-je pas
m’interroger sur le sort qu'ils pourraient bien me réserver, à moi,
l'humble créature de Dieu ? Courir le
risque suprême, peut-être même la lapidation en place de Grève ! Plus
concrètement,
pourrais-je
encore prendre Nadine (au téléphone), parler business avec le Baron
Edouard ou accepter l'invitation de quelque media désirant inciter son
public à tournicoter en rond autour de certitudes établies !
Plus sérieusement, après avoir commis une telle exaction, un
tel crime de
lèse-majesté, pourrais-je encore prétendre à la vie éternelle et au
bonheur qui
va avec ?
Et pourtant, Oui… j’ai Osée, comme le firent jadis les
prophètes.
Comment pourrais-je, aussi, passer outre l'avis de ma mère :
« Jésus, mon fils, à qui vas-tu faire croire
toutes ces histoires ? » « Ecoute Maman… Laisse-moi je t'en prie. Je
n’oublie
pas que je suis ton fils, mais je suis grand maintenant, il faut me
faire
confiance ! » « - Fils renégat de ta famille ! Salaud de ton père » «
Ecoute, Maman, maintenant çà
suffit. Je suis un homme et je dois me faire respecter. Je ne suis plus
un
enfant. J’ai trente ans passés, tu sais » Ainsi, décidai-je de couper
court à
toute discussion…
Après avoir tué le père, je n’allais tout de même pas faire
mourir de chagrin ma propre
mère ! « Nom de Dieu » Pour un peu, je me serai laissé aller au
blasphème.
Non, décidément, je ne pouvais pas. Mes parents m’avaient trop bien
élevé, et
je les respectais, mes vieux !
Revenons-en, donc, à cette veille et début de Sabbat, c'est à dire à
ce
vendredi, jour de prière des musulmans, autrement dit à cette
avant-veille
de dimanche où j'étais censé me rendre à la messe (ou, soit dit encore,
d'un point de vue républicain et laïc, en
ce début de
week-end « on ne peut plus tranquille », tant attendu par
la majorité
de ceux qui veulent tout simplement se détendre ou se changer les
idées, sans pour autant vouloir faire entrer Dieu dans leur vie au
moindre prétexte...
fut-il le Bon Dieu !) A
peine endormi, j’étais
déjà
en
transe ! Réveiller les morts et les saints pour les
interpeller. Rien que
cela ! Et pourtant, que vous le croyez ou non, c’est bien dans ces
circonstances plutôt exceptionnelles que Moïse m’est longuement apparu
en songe…
Après des débuts hésitants, nous avons, enfin, réussi à
converser
ensemble. Nous avons pris langue comme disent les avocats. Du jamais
vu, du
jamais entendu. C’est ce que je vais révéler ici (je souhaite que le
lecteur-auditeur me pardonne de n’en donner sommairement que les idées
principales car, comme tout un chacun le sait pour en avoir fait
l’expérience, il est souvent difficile de se remémorer les termes
exacts d’un rêve)
Surréaliste et…
pourtant !
Je plante le décor...
Sortant
de mon corps, je me sentis soudain comme
« transporté ».
Je fus littéralement aspiré ! Quelques secondes plus tard, à peine,
j'atterrissais... au
Mont Sinaï ! Mon enveloppe charnelle et corporelle semblait s'être
évaporée. Seul un fil d'argent très ténu paraissait encore m'y relier.
Je
n'avais mal nulle part. Je
me
sentais bien et j'étais
bien... Je
me
trouvais comme enveloppé dans un doux nuage molletonné et je baignais
dans la lumière divine. Ah ! Je le
précise aussi, car je pourrais l'oublier : j'étais
dans la fleur de mon âge, c'est-à-dire
jeune et beau, ce que je suis encore... relativement
(j'exprime ici ce sentiment en ayant une attention particulière pour
mes
fidèles lectrices dont
certaines m'écrivent pour me dire
qu'elles ont
hâte de rencontrer l'homme de leurs rêves : en réalité plus jeune que
Michel
Drucker et, plus contemporain encore, que BHL*, ce qui nous
laisse un peu de marge !) (Ndrl
- *Acronyme
de Bernard Henri Lévy)
...
Au détour d'un chemin tortueux et escarpé, j'eus
soudain cette illumination : il (Moïse) cheminait là, rayonnant, à
quelques
coudées de moi. Le vieillard en apparence paisible qu'il semblait être
devenu ne m'apparut pas, pour autant, être le " Père
fouettard " de l'image d'Epinal, du moins tel que j'avais pu
l'imaginer jusqu'à présent. C'est
probablement pour cette raison que, passée la phase d'observation, je
décidai de l'interpeller... assez librement.
« Dis-moi, Moïse, il y a quelque chose qui me chiffonne. Dix
commandements, tu
n’aurais pas pu faire plus concis ? »
Embrayais-je, néanmoins assez
crûment - mais non sans un certain respect -, après les brèves
salutations et banalités d’usage.
- Dix, c’est deux fois cinq et,
c’est – aussi – sept plus
trois, chiffres bibliques s’il en est. C’est encore
douze moins deux, c'est-à-dire, très exactement, treize moins trois !
- Tu te fiches du monde et... sans doute de moi par la même occasion ?
répliqu'ai-je
presque instantanément, me demandant si c'était du lard ou du cochon !
- Dura lex, sed lex ! (Ndrl - la loi est
dure, mais
c’est la loi !)
-
« N' déconne pas ! Pour le coup, c’est pas d' toi.
Kiff pas, Mec, sur
un sujet grav' ! »
(j'avais l'impression d'être la réincarnation d'une racaille de
banlieue répondant
effrontément au Président de la République ou au Roi
Salomon... déjà à cette grande époque !)
- Je parle un peu latin... J'ai
dû apprendre.
- Hébreu aussi, je sais…
accessoirement araméen et égyptien !
« Zéro patate ! (Ndrl - aucune impulsion)
On dirait JC (Jacques Chirac) en train
de parler d'Europe ou de la construction de la Tour de Babel »
me dis-je intérieurement.
«
Une discussion qui, dès son commencement, part en vrille pour tourner
au
jus de boudin. S’il continue sur sa lancée, je
ne vais rien en tirer du tout, c’est sûr ! » pensai-je encore, au
comble
de la déception. Pourtant, dans un sursaut d’intelligence,
je réussis à me convaincre d’être patient... Renouer un dialogue
interrompu
depuis plus de trois mille ans, çà ne pouvait pas se faire d’un coup de
baguette magique !
C’est donc la raison pour laquelle je repris :
- A propos de ton histoire de
buisson ardent, n'avais-tu pas fumé trop de
H ou abusé du lait de gazelle ? Pour le lait de chamelle, je
sais que tu
n’en bois pas.
Je le sentis piqué au vif. En cet instant, il ne doit pas
être le seul,
pensai-je en mon for intérieur.
- Ecoute, je ne t’autorise pas
à me juger. J’avais affaire à
des types impossibles. Je n’arrivais pas à m’en sortir. Les enc… ! Tous
plus
insupportables les uns que les autres : idolâtres, hypocrites,
fourbes, rapiats, querelleurs,
buveurs invétérés, polygames,
baiseurs, sodomites… La totale quoi !
- C’est peut-être pour çà que
l'espèce humaine a
été prolifique, osai-je répliquer en guise de vaine compassion pour le
genre humain.
- « Ne me casse pas
les … avec çà », me
tança
Moïse d’un regard furibond ! Je fus surpris de la
tonalité peu amène de cette
réplique, attestant du caractère colérique de ce personnage biblique.
Un naturel qui revient au galop, murmurai-je ! Probablement, le
premier Ayatollah totalitaire de l'humanité, me risquai-je à penser ou,
pour le moins, telle fut le fruit de ma réflexion [le
chef religieux, initiateur et défenseur de l'intégrisme de sa nouvelle
religion (considérée d'abord comme une secte par les religieux
détenteurs de l'Autorité à laquelle il s'affronte, en devient, dans le
même temps, chef politique et chef de guerre]
En tout cas, je demeurais consterné par tout ce que je venais
d’entendre ! On le serait à moins. La réalité était
affligeante :
le quotidien poisseux, glauque, trivial ou trash pouvait-il s'élever au
niveau
des plus grands hommes et les faire chuter de
leur piédestal, y-compris
les plus vénérés ? N'était-ce pas un juste retour des choses
ou, peut-être
même, une vengeance divine ? Hommes hybrides, prisonniers d'une
mémoire révolue, fortement imbus de leur personnalité et minés par la
gangrène d'un
complexe
de supériorité les rongeant de l'intérieur, ne méritaient-ils pas (tout
comme nombre de politiques contemporains de tous bords ayant fait long
feu) de
figurer au palmarès ou à l'inventaire des plus
grands super-menteurs de leurs temps (souvent aussi par omission) ?
... A quelques nuances près, pour rester
objectifs. En certaines circonstances, du bon certes, parfois du mieux
par
rapport à l'existant, mais tellement de duplicité et de fables d'un
autre âge ! Combien de jeux de pouvoir bien humains et tout aussi
terrestres ? Combien d'allégories et de promesses bien différentes de la
réalité de terrain, combien de vallées de larmes pour si peu de
rivières où devaient couler de minces filets de lait et de miel ?
Et puis... par intervalles, quelques éclairs de génie, de la sincérité
et de l'engagement... juste ce qu'il faut pour sauver une carrière et
emporter une adhésion éphémère !
« Voilà,
maintenant, c’est bien parti », me dis-je après avoir surmonté
ces réflexions
contradictoires qui, bien que me laissant coi, me permettaient de
reprendre
quelque peu mes esprits. Après des débuts incertains, nous étions
enfin entrés « à toute berzingue » (Ndrl - à donf, à un rythme
soutenu et rapide) dans le vif du
sujet.
Mu par je ne sais quel sentiment de repentance à
l’égard de
mes lointains
ancêtres de la cent cinquante et unième
génération à m’avoir
précédé
(nous
sommes, je vous le rappelle, au vingt et unième
siècle après
JC !),
j’osais pourtant poursuivre mon questionnement :
- Est-ce bien vrai que mes…
enfin… nos ancêtres se
comportaient ainsi, qu’ils vivaient dans le péché et dans l’insolence à
l’égard
de Dieu ?
- Pire encore, j' te raconte
pas tout !
J’étais au summum de la consternation.
- N’y en avait-il pas un qui
était meilleur que les autres…
comme à Sodome et Gomorrhe ? … Me risquai-je.
- Si, moi !
- Donc, si je comprends bien,
les dix commandements sont tombés sur
toi ! Tu étais le plus crédible et... quasiment le seul sur qui Dieu
pouvait compter.
- « Ouais » ! (Une expression qui me
surprit vivement. Un relâchement surprenant dans le langage, observai-je intérieurement. Voilà un
homme qui, certes, n'exerce plus de fonctions officielles, mais...
Peut-être s'agit-il d'une réminiscence lointaine de son contact avec
les hommes rustres de son époque, lui concédai-je cependant... Me vint
alors à l'esprit cette interrogation plus contemporaire : " Se
pourrait-il que les hommes publics, voire même des Présidents,
utilisent - parfois - un langage aussi peu châtié ou amène, en privé
comme en public ? ")...
J'avais
l'impression que Moïse me contait, à la fois, ses faits d'arme et
leurs coulisses moins présentables, mais plus réelles encore. Il
poursuivit comme si je n'avais rien remarqué :
... Le travail m’échut donc
(et aussi à mon frère
Aaron).
Pourtant, a posteriori, je dois reconnaître que l’Eternel ne me fit pas un
cadeau..., un fardeau devrais-je dire, difficile à porter. Un boulet ce
Peuple !
- Alors, les dix commandements,
maintenant je saisis mieux. Tu as voulu marquer
le coup ! Tu n'avais pas d'autre solution pour les remettre dans le
droit chemin.
- C’est çà, mon fils, tu as -
en gros - tout compris.
- Oui, mais… dix, c’est quand
même beaucoup ! Surtout, quand
on sait que le cerveau d’un homme (je ne parle pas de celui -
multitâches - de la
femme) a déjà
du mal à se concentrer sur une seule idée à la fois.
- Comprends moi bien, il me
fallait un truc, une
réponse pour
chaque situation, tant les déviances dont je t’ai
parlé étaient
nombreuses.
Même les mecs couchaient ensemble… Je ne parle même
pas du berger pervers. Remarque bien que la gente féminine
ne
trouvait rien à redire à çà, tellement
elle en avait marre de
les avoir sur le dos à longueur de journée...
çà leur faisait des
vacances ! D’un autre côté,
j’avais affaire à des types cons, certes,
mais pas dénués d’intelligence.
C’était là tout le paradoxe. Mon idée
fut donc
de chercher à les rendre moins stupides, tout en leur faisant
croire
qu’ils étaient
les plus intelligents.
- Et donc capables de se
souvenir d’au moins… sept
commandements… Ceux qui les dérangent le moins ? Me risquais-je.
- Oui, mais j'ai quand même
voulu les maintenir à
dix, non pas tellement pour faire un chiffre rond, mais comme condition
sine
qua non
pour faire partie du Club de l'Alliance. Cotisation unique obligatoire
: dix pour cent du revenu, plus méchoui sacrificiel périodique.
Remarque que c'est peu, comparé à ce que représentent aujourd'hui
vos 53 % de prélèvements sur le Produit National Brut. De mon temps,
nous ne connaissions ni le socialisme, ni la dictature du
prolétariat, sa forme évolutive. Je connaissais seulement l'autocratie.
C'était
comme çà... à prendre ou à laisser, sinon exclusion d'office. Il faut
dire que Dieu, mon Divin Mandant, avait mis la barre assez
haut.
Je dois admettre aussi que - au début du moins - j'ai du faire face à
de nombreuses difficultés. Pour tout dire, j'ai même été confronté à un
véritable cas de
conscience.
- Ah bon ! Lequel ? Parle-moi de cet enfer pavé de bonnes intentions.
- Un jour que j'étais en
contact avec Lui par
channelling, IL
m’a fait part d'une exigence bien précise et tout aussi surprenante : «
C’est eux que j’ai choisis. Je les veux. Ils seront le Peuple
élu ! » Quand j’ai entendu çà, je suis tombé
sur le c.. ! «
Comment peut-on être aussi maso
? »,
me suis-je dit alors.
Tout le contraire de l'idée que je m'étais faite, celle du
Dieu créateur de l'homme à son image !
- A l'époque, j'imagine que çà a du faire
l'effet d'une
bombe... le scoop du millénaire ! Aïe, ce n'était pas gagné
d'avance ! Comme pour notre Loto contemporain, les
probabilités de gains étaient faibles. Et puis, à ce jeu là, ce ne sont
pas les
plus méritants qui gagnent, loin de là ! Que Dieu puisse se permettre
de courir de tels risques (Ndrl
- façon trader d'un monde virtuel)... ma foi, j'ai du mal
à l'imaginer ! Dans une
course de chameaux... parier sur des... (libre à vous de choisir - ou non - l'expression), il
faut vraiment être inconscient... Autrement dit, miser sur le
pire
pour penser... (peut-être ?) aspirer au meilleur, n'est-ce pas
contraire à toute logique... en totale opposition avec le bon sens le plus élémentaire ?
- Au vu du résultat, IL
n’a d'ailleurs jamais été tenté de recommencer ! IL était vacciné à
vie. Mais, dans le cas
d’espèce, c’était trop tard. Le mal était fait, comme on dit… Il faut
savoir que Dieu, c'est pareil
à la Justice : une fois une chose dite, il n’est plus possible de
déjuger ! Dieu
ne peut avoir tort, mon fils. «
Si on n'est pas d'accord, on démissionne ou… on la
ferme ! »
-
Cà me rappelle la réplique d’un
contemporain, murmurais-je.
-
Qui ? Questionna à son tour Moïse.
-
Tu ne le connais pas, du moins, je suppose que non. Et
puis, je ne veux pas perdre le fil de la conversation.
-
Dis quand même, on ne sait jamais !
-
Je voulais parler de
Jean-Pierre CHEVENEMENT (un inclassable entre revenant et "mort-vivant" politique ?).
-
Mais si, je le connais... Je m'en souviens. J’étais avec
le
Grand Saint Pierre le jour où il est venu frapper à
la porte
du paradis. Je vous livre ici un scoop : Dieu nous en a confié
les clés en alternance avec Jean le Baptiste, Pierre
l'Apôtre et Mahommet le Prophète.
Moi, Moïse, j'ai renvoyé Jean-Pierre (Chevèvenment
pour ceux qui ont du mal à suivre) en lui disant de s’en
retourner pour remettre, si
possible, un peu d’ordre au Parti socialiste.
-
Cette fois-là, tu as eu tout faux. Sauf perte complète de
connaissance, il ne s’est rien passé de tel !
-
En tout cas, ce n’est plus avec des hommes du passé que je veux
désormais avoir à traiter, mais bien avec TOI, Oh, mon digne
arrière-arrière…
petit fillot !
Je me sentis honoré de cette soudaine attention et considération.
Pourtant, je
restai interloqué... C’était probablement un piège ! « Dans quel souk
ou
Capharnaüm veut-il m’embarquer ? » M’entendis-je dire à moi-même. Il
veut sans
doute me refiler le bébé avec l’eau du bain, c’est à dire le Nil tout
entier ! Ou encore me donner le bâton des prophètes (pour me
faire battre)
Vous l’avez compris, je n’avais nulle envie d’attraper la
« patate
chaude » Si j’acceptais, ce serait à moi – et non plus à BHL –
de me glisser dans la peau du
culpabilisateur accusateur public numéro Un, le
super-crack que rien n'effraie, qui sait jouer à tout et, en
particulier, au
« Je sais tout »
(Pour faire court, la même chose que " Questions pour un champion ",
mais réservé exclusivement aux intellos à l'ego démesuré,
ainsi
qu'à leurs condisciples, les masturbateurs de l'esprit, ceux qui
connaissent déjà leurs réponses - et les disent - avant même que vous
leur posiez vos
questions !)
Avant de revêtir l'habit
grand-guignolesque du
gesticulateur
de service sur les plateaux de télévision, il fallait donc que j'y
regarde (ou regardasse) à deux fois. Bien sûr, je n'ignorais pas qu'il
y eut du grain à moudre et, plus prosaïquement, du blé à se faire en
exploitant ce filon. Le véritable
problème ne se résumait pourtant pas à cette basse considération
matérielle. Ne risquerai-je pas, à
mon tour - et à la vitesse de l'éclair -, de
devenir sectaire, intolérant et d'une insolence
coupable ? Ce
n'était pas l'unique revers d'une médaille... à faire crever de
jalousie tous les damnés de la terre ! Si j'avais l'impudence de le
remplacer, c'est bien lui - le Bateleur d'une société ne
sachant
plus à quel faux-prophète se vouer - qui, pendant ce
temps, se la coulerait douce avec Arielle, la nymphe
emblématique
des medias. Je la vois encore, de mes yeux, plonger - en tenue d'Eve
-, dans l’eau turquoise des piscines de la maison du Maître,
située en bord de mer.
Tout le Gotha parisien, chez qui j'ai à l'occasion mes entrées, sait
que celle-ci
s'étage sur cinq niveaux
et 750
m2
habitables, sertis dans la baie de Tanger. Imaginez maintenant
l'inverse : la Naïade et moi, la Bête, ou encore vous dans la piscine
ou ailleurs
pendant que... ! (Un véritable challenge pour un Feydeau des
temps
modernes !)
Il me fallait pourtant revenir à une certaine réalité... «
Maintenant, me dis-je, c’est
sûr. Si, à mon tour, je suis tiré au sort
par Moïse…
çà va me tomber dessus, dru sur la tête, MAINTENANT, avant que
je n'aie le temps de dire Ouf ou de compter jusqu'à dix ! »
C’est ainsi que, flairant le danger, je tentai une
échappatoire. Je poursuivis
donc, en dissimulant mal mon émotion et mes réserves :
-
A vrai dire,
les dix commandements… ce n’est pas ma tasse de thé. Je ne serais même
pas loin
de penser que c’est six ou sept de trop !
-
Ne blasphème pas, mon fils ! A genoux ! Souffre que
l’Eternel ton Dieu te demande pénitence avant de te pardonner.
Je
m’effondrai alors sur mon
prie-Dieu, disant mon regret qu’il put si mal me connaître ou
injustement me juger ou me
comprendre. Puis, à court d’arguments, je me mis à déblatérer des jérémiades :
- Avec toutes les
lois et décrets que l’on a déjà en
France - au moins cent mille au total -, plus toute la législation
européenne, on ne s’en
sort plus. S’il n’y avait que çà, mais il y a pire.
-
Ah bon ! Quoi ?
-
Je ne suis pas sûr d’être bon ou d’être le
meilleur sur un tel coup ?
-
Et bien, justement, c’est pour çà que Moi, Moïse, je te
veux. Je te choisis donc.
« L'hypocrite » pensai-je, « il est en train de me refaire le coup du
peuple élu
»
De
plus, ajoutai-je non sans malice : «
Pour tous ceux qui ne sont ni
choisis, ni élus (et qui pourtant s'y attendaient), çà va
faire
des déçus et des jaloux - voire des frustrés
-, c'est sûr ! »
... Six heures vingt six pétantes (vingt
sept moins une, aurait dit Moïse).
Comme le fit – jadis – le
Peuple de Dieu aux premières heures de l'aube, mon radio
réveil vient de se mettre en marche. J’entends l’animateur
sortir la blague du matin, celle qu’il a préparée et qu’il sert comme
un
croissant chaud : « C’est Moïse qui arrive au Paradis. Dieu l’accueille
en lui
disant… »
Ah oui ! Bon Dieu… Moïse ! Je l’avais oublié. Alors
çà,
Monsieur l'animateur, avoir osé interrompre un dialogue d'une telle
importance, c'est carrément odieux... Où en étais-je ? Ah oui ! Pour le
reste, nous règlerons çà plus tard...
C’est
alors que, finissant de me
réveiller en décillant les yeux, je commençai à voir très
distinctement, sur ma
table de chevet, une feuille de papyrus, format A4 quadrillée. Je lus,
les orbites
interloquées :
« Onzième commandement, le vrai,
l’authentique, celui qui peut
remplacer tous les autres ».
Je suis maintenant réveillé. Je regarde de plus près. Non, ce
n’est pas vrai ? Je ne
rêve pas (ou plus), c’est bien mon écriture ! Est-il possible
que ce texte m’ait
été confié durant la nuit, comme les écritures saintes ont été
révélées aux
prophètes ? Je relis. Je suis estomaqué !
Je bondis en criant : « J’ai gagné. Les dix commandements ont
été remplacés par un
seul… J’ai le feu vert du Grand chef... Bon
Dieu, çà
a été chaud, mais çà passe quand même ! »
La
suite après çà [ PUB PUB PUB... ] Profitons de ces quelques
moments de respiration offerts par notre partenaire... Vous pouvez
aller là où je pense pour vous soulager des misères du monde.
Démarche
logique après tout, puisque - au fil des siècles - les communautés et
courants religieux nous ont permis de sortir d'une barbarie millénaire
les mettant - aujourd'hui - (presque) à l'abri de critiques révolues.
Simplifions, simplifions donc et... simplifions encore. Et même OSONS
PASSER du négatif AU... POSITIF !
….
Maintenant, je m’adresse à vous, Frères et Sœurs. Le onzième
commandement,
celui qui m’a été confié durant mon sommeil, je n’en ferai révélation
qu’en deux mille ...x? (je vous préciserai la date exacte en temps utile). Tout comme pour
une «
votation »
qui serait l'apanage d'une société démocratique, je
devrai avoir reçu au moins cent
mille demandes en ce sens (à
formuler par
mail
ou par lettre)
Croyez-moi, Joséphine, Oser relater cette vision, c'est comme
« enfanter
dans la douleur » pour n'en garder que le plaisir ! Quel privilège en effet de pouvoir donner ou,
plus
humblement, participer à la transmission de la vie... du corps
et de l'esprit !
En outre,
je viens de prendre conscience de quelque chose d'important :
pour vous comme pour moi, à partir de ce jour, ami(e)s lecteurs,
auditeurs ou téléspectateurs,
le bonheur éternel devra se mériter (toute personne bien intentionnée
ne manquera probablement pas de me le rappeler à un moment ou à un
autre) !
Mais, tout le bonheur (ou, à
l'inverse, malheur que je récuse, mais que ils nous infligent)
n'est-il pas,
précisément, contenu dans le cheminement ?
Vous qui, en temps ordinaire,
n'avez accès au chapitre, c'est-à-dire n'avez droit à la
parole, je tiens cependant à vous rassurer : Le
onzième commandement,
ce n'est pas - et ce ne sera jamais : « Ferme ta gueule et...
tais-toi !
»
...
Le onzième
commandement, je vous l'ai promis. Je tiendrais donc ma promesse.
Je sais qu'il est, à la fois, le plus inattendu (on a voulu vous
faire croire que tout avait déjà été dit)
et le plus attendu des commandements. Il est, par conséquent,
difficile à révéler aux hommes. (l'univers
religieux maschiste a souvent oublié qu'un homme sur deux est
une femme, voire plus !)
Dans
l’attente de cette sublime révélation (Ndrl - voir ci-après le lien proposé), je vous adresse enfin ce
conseil :
« Croyez en Dieu, si tel est votre bon plaisir et votre libre choix. Au
besoin, référez-vous
- mais sans contrainte aucune - à ses prophètes. Et, surtout,
autorisez-vous à passer les
faits religieux au crible de la Raison et de
la "contemporanéité".
N'oubliez pas qu'ils ont pour principal fondement
les us et coutumes des civilisations anciennes, celles de nos
ancêtres lointains, de même que, aussi et parfois
hélas, les "positions" dogmatiques d'un passé
révolu !
En affirmant ceci, je ne prêche donc pas pour ma
chapelle. Je le dis parce que je suis persuadé que le Monde ne
pourra que mieux s'en porter.
Lire la
suite
: Nouvelle Révélation
: tout ce qui a été dit ou écrit est... !
René
Saens,
Nuit et brouillard, à l'aube d'un matin nouveau
12 et 13 novembre
2007.
© AnnoncesNo1.com - le magazine
- Laisser un message
-
(Ndrl
- Nous respectons les croyances
philosophiques et religieuses de chacun. Ce principe est à la
base
des libertés individuelles et de la liberté de conscience.
Cela
étant, d'un point de vue ethnologique, tout concept idéologique ou
religieux est à replacer dans le contexte historique et communautaire
qui l'a vu naître. Sous le regard des Sciences sociales, il
demeure sujet à analyse, approche critique et actualisation
contemporaine)
En référence, pour
mémoire ou information, voici le texte des 10 commandements,
selon
le Livre de l'Exode (20/3 - 17) :
I
- • 3 Tu
n'auras pas d'autres dieux devant ma face.
II
- • 4 Tu
ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des
choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre,
et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. 5 Tu ne te
prosterneras
point
devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi,
l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des
pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération
de ceux qui me haïssent, 6
et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment
et qui gardent mes commandements.
III
- • 7 Tu
ne prendras point le nom de l'Eternel, ton Dieu, en vain ; car
l'Eternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain.
IV
- • 8 Souviens-toi
du jour du repos, pour le sanctifier. 9 Tu travailleras
six jours, et tu feras tout ton ouvrage. 10 Mais le
septième jour est le jour du repos de l'Eternel, ton Dieu : tu
ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton
serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans
tes portes. 11
Car en six jours l'Eternel a fait les cieux, la terre et la mer, et
tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième
jour : c'est pourquoi l'Eternel a béni le jour du repos et l'a
sanctifié.
V
- • 12 Honore
ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que
l'Eternel, ton Dieu, te donne.
VI
- • 13 Tu
ne tueras point.
VII
- • 14 Tu
ne commettras point d'adultère.
VIII
- • 15 Tu
ne déroberas point.
IX
- •16 Tu
ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.
X
- •17 Tu
ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne
convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa
servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à
ton prochain. (Exode 20/3-17)
Parmi d'autres
versions disponibles, consultez par exemple
> celle de l'Eglise
catholique de France,
cliquer ici
|
|