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argentés : rapport entre réalité, fiction et mensonges entre amis. Une vérité due au fin mot de l'Histoire. Chronique
de René Saens.
L'histoire
nous doit la vérité. Nous devons la vérité à
l'histoire. RS
Ndrl
- Une interview de son auteur, parue dans la presse (Figaro du
29/02/08), nous révèle que le récit présenté dans le film "Survivre avec
les loups"
n'est en réalité qu'une touchante histoire...
inventée, alors qu'elle était annoncée comme vraie. Que faut-il
penser de tous ces flots de pathos (souffrance pathétique) servis au
quotidien ?
S'ils font pleurer dans les chaumières, ne sont-ils pas, aussi, de
nature à
réjouir davantage encore le coeur et le portefeuille des marchands de
Kleenex (et, de façon substantielle, celui des marchands de
neuroleptiques) Que signifie toutes ces
surenchères de la souffrance qui permettent au
"Français moyen" en état de mal vivre d'être rassuré sur son
sort, car il
constate, presque soulagé, qu'il y a encore plus malheureux que lui (ou
qu'il y eut plus malheureux que lui dans l'histoire) ? Quand s'arrêtera ce genre
d'escalade ? Est-ce que, cette fois encore, la religion
nous sauvera de l'effondrement psychologique qui nous guette au
détour du chemin ?
La
barque est particulièrement chargée. Dans l'histoire relatée ici, le
nom de
l'auteur a été inventé, sa religion aussi pour faire bonne mesure.
Misha Defonseca a pour véritable nom Monique De Wael *. Elle est belge,
voici
pour son histoire. Toute comparaison gardée, à la limite,
pourrions-nous dire, peu importe
que Jean-Pierre Foulcault soit un pseudonyme (ce qui reste encore
à
vérifier), sauf que... les préférences "ethniques" (précisons, de
nature de la bien-pensance confessionnelle et religieuse) sont
éminemment importantes pour se faire une place de qualité dans
l'univers
médiatique. En serait-il devenu de même en matière de filmographie ? (*)
Aux dernières nouvelles, Monique Dewael se repose dans sa villa
américaine payée avec les droits d'auteur versés indirectement par
les vrais-faux naïfs qui ont acquis son livre ou qui sont allés voir le
film au scénario supposé vrai, mais complètement truqué)
Dans
toutes ces histoires où émotions et drames se croisent au quotidien - et qui ne
manquent pas de nous faire perdre de vue les principaux enjeux du
moment -, quels sont les acteurs ou les participants les plus à
plaindre ? Les patients dopés aux histoires atroces, encore sous l'effet
des neuroleptiques ou, à l'inverse, ceux qui
ramassent l'argent à la pelle avec ces coups
médiatiques ? Nous ne saurions répondre directement à cette question.
Il importe à chacun d'apporter sa réponse en fonction de son
appréciation. Faisons simplement un acte de foi, parions sur
l'intelligence humaine !
Cette entrée en matière
pourrait vous paraître un brin cynique et provocante. Et pourtant ?
Est-elle vraiment éloignée d'une réalité qui n'arrête pas d'être aussi présente ? Ou plus
précisément, la réalité ne dépasse t'elle, comme bien souvent, la fiction ?
C'est la raison pour laquelle nous continuons d'opter pour la franchise (nous
ne faisons d'ailleurs que suivre la ligne que nous nous sommes
fixés)
L'enfer existe
encore bel et bien aujourd'hui, pas forcément où on l'attend !
A
propos d'histoire vraie, j'en ai une, également, que je me propose de
vous conter. Il y a quelques années, c'était au début des
années deux mille (2003-2004 pour être précis), j'occupais les
fonctions de Responsable d'Edition. Je me souviens, un jour, avoir été
contacté par une dame (que je salue ici), de confession juive mais là n'est pas la question, qui me proposait de publier un ouvrage de témoignages qu'elle
avait traduits. Il s'agissait d'histoires vécues, de récits de Juifs
européens qui, partant d'Allemagne pour la plupart, avait pu, soit
seuls, soit en bénéficiant d'aide, échapper aux persécutions nazies pour
se réfugier, les uns dans les pays nordiques, les autres en Amérique.
Il s'agissait d'histoires touchantes
qui... sonnaient vrai. A nul moment, aucun d'eux n'accusait ses compatriotes
de lâcheté, ni ne culpabilisait ses concitoyens (au contraire, ils
remerciaient ceux qui avaient pu les aider, le plus souvent au prix de
leur vie). Ils parlaient d'eux, de leurs émotions, de leur existence,
de leur volonté de vivre et de leur condition d'homme et d'être humain.
Et alors, me direz-vous, pourquoi ne les avez-vous
pas publiées ces histoires... vives, vraies, émouvantes et humaines ?
C'est, effectivement, une excellente question.
Et
bien, tout simplement parce que... vous ne les auriez pas lues ! La
presse officielle n'en aurait pas parlé. Pourquoi ? Tout cela était émouvant certes,
mais pas assez pathétique, pas assez dans le politiquement
bien pensant qui avait cours alors, pas assez dans le culpabilisant,
pas assez dans l'histoire reconstruite et réécrite, pas assez dans
l'identification communautaire, pas assez dans le scénario qui
fait vendre, pas assez dans le macabre, pas assez dans le manichéisme
qui sépare clairement les Bons des Méchants. Tous ces si et "pas
assez... de tout" condamnaient d'avance au boycott par la presse
historique, que nous qualifierons, respectueusement ici, d'inspirée à ses
meilleures sources. Les
témoignages étaient pourtant du plus grand intérêt. Ils avaient été
écrits, avec l'émotion et le coeur, non pas quelques dizaines d'années plus tard, mais au
moment même des faits ou dans les semaines qui suivirent. La sanction
était implacable : pas assez "vendeur" (je traduis, même si les
mots n'étaient pas aussi crus, c'était en tout cas ce qu'ils signifiaient). Pour que le livre soit "bancable", devions-nous nous résoudre à le faire passer par un réseau et un circuit spécialisé
édition-média où nous aurions laissé au vestiaire son intégrité et ce
qui le reliait à l'authenticité de la libre expression ? D'ailleurs,
les tests effectués alors,
y-compris
auprès de membres de l'élite communautaire, n'ont
laissé le moindre doute. Un tel ouvrage ne représentait pas d'intérêt
particulier, n'avait
pas sa place. L'objectif était alors la préparation de la commémoration
du soixantième anniversaire de la Libération. Tous les investissements
étaient mobilisés en vue de cette cause, y-compris et surtout pour la
réalisation de... fictions. Ce fut pour moi une vive déception, car
j'estimais que ce projet devait être partagé, porté et supporté.
Après
coup, je ne veux accuser personne. Je veux simplement faire part ici du
très vif regret et de l'amère déception que font remonter en moi les
ressorts cachés de ce scénario truqué, "survivre avec les loups". Je
pense à tout ce gâchis, à cet argent quasi-détourné (c'est un euphémisme) dans des fictions
montages dont il faut aujourd'hui réexaminer les motivations suspectes.
Je vous devais ce
témoignage pour vous dire, à vous aussi et surtout, lecteurs, d'avoir
cette exigence de qualité, de vérité et de véracité, ce goût de la
recherche des éléments d'une réalité qui est pourtant présente si vous voulez bien
vous donner la peine de la rechercher... à condition que vous vouliez, effectivement, faire cet effort de connaissance.
Comme
nous venons de le voir, la fiction a été préférée à la relation
objective de l'histoire. Est-ce un moyen d'écrire l'Histoire. Non, à
l'évidence, puisqu'il s'agit dans ce cas d'une réécriture sujette à
caution, qui n'est donc, ni intellectuellement, ni rigoureusement
valide.
Pouvons-nous aller au
fond des choses et regarder la réalité en face ?
Il
y a, aujourd'hui
encore, une chose qui me désole, c'est celle-ci. Elle a trait à cette
nouvelle forme de
révisionnisme de l'Histoire, peut-être le plus néfaste qui soit de par
sa fréquence et son ampleur. Quel révisionnisme me direz-vous ? Je ne
parle pas
bien sûr, ici, du révisionnisme odieux qui conduit à récuser
l'existence des chambres à gaz. Seuls quelques fous* peuvent encore le
prétendre. Mais de quelque chose de beaucoup plus pernicieux qui
consiste à réécrire l'Histoire à partir d'une approche communautaire
quasi-exclusive, voire sous une emprise communautariste. (*)
Les révisionnistes
ne représentent quasiment plus aucun danger, sauf pour eux-mêmes. Ils
sont, aujourd'hui très peu nombreux et isolés. A la limite, le fait de les conserver à
titre
d'épouvantail n'a que peu d'importance. C'est un combat d'arrière
garde. Les preuves sont tellement nombreuses, actées et répertoriées
qu'aucune remise en cause ne peut plus les atteindre)
Regardons
la dérive actuelle. Ce
n'est plus la seconde guerre mondiale que l'on propose d'étudier, ce
n'est pas davantage le nazisme en tant qu'idéologie, mais le génocide
des Juifs, la Shoah qui, à elle-seule, aurait vocation à tout expliquer
et à tout représenter : la guerre et l'intégralité de ses horreurs.
Nous ne pouvons pas être d'accord sur cette vision réductrice.
D'ailleurs, n'est-ce pas aller
très loin dans l'identification et la redéfinition que de ne vouloir
retenir que les nominatif et attributif issus de l'hébreu pour
accentuer
encore cette différenciation identitaire (le terme français
d'Holocauste
étant moins utilisé depuis 1985, date de la sortie du film de Claude
Lanzmann, Shoah) Cette posture a aussi pour conséquence de refuser d'y
introduire (dans un souci d'élitisme confessionnel, la
question reste
ouverte et posée) toute autre catégorie de population qui a
pu souffrir de la même idéologie nazie. Les frères de combat se
trouvent ainsi exclus d'office (et par voie de conséquence, les
libérateurs relégués au second plan), ce qui paraît surprenant à beaucoup. Ou alors, peut-on imaginer
une autre solution (qui n'est pas la nôtre) : la seconde guerre mondiale, avec toute ses implications,
serait enseignée dans les écoles de la République seulement et, à
côté et en opposition pourrait-on dire, les
écoles confessionnelles enseigneraient la part qu'elles auraient
elles-mêmes choisie et retenue, tout en utilisant leur vocabulaire spécifique !
Pour notre part, nous l'affirmons clairement,
car nous pensons le devoir à l'histoire : c'est bien toute la seconde guerre
mondiale qu'il faut enseigner, examinée sous l'angle du nazisme. Repartons d'abord des sources et de la chronologie des
événements
: le nazisme ou national-socialisme, doctrine totalitaire de
la pureté de la race (culte du surhomme et théorie de la "race aryenne") qui a conduit à l'eugénisme, à
l'élimination des handicapés, aux expériences sadiques de Mengele (Ndrl - médecin nazi et "expérimentateur" qui serait responsable d'environ quatre cent mille morts),
à
l'extermination des tziganes et des Juifs, et à toutes les autres
atrocités dont, par extension, Ouradour sur Glane et les villages
martyrs font aussi partie, même si indirectement l'outrage a été subi
dans un contexte de représailles et de vies d'otages sacrifiées (Guy
Môquet et ses compagnons).
Et
puis, encore et surtout, parlons de l'action et du dévouement des soldats, les Alliés et résistants, et donc de tous
combattants de la Liberté.
L'ignorer ou faire passer cette histoire-là au second plan serait non
seulement gravement coupable, mais à considérer comme un acte de
révisionnisme condamnable !
Ce
sont donc les faits,
dans leur intégrité et intégralité, qu'il nous faut enseigner, et pas
seulement une part choisie d'entre eux, au détriment manifeste des
autres !
Cette tentative pathétique d'appropriation, à laquelle nous avons assisté, paraît, soit un
non-sens, soit une intention délibérée. Elle peut, à la limite, se
comprendre dans
un cadre confessionnel strict (ou ethnique, bien que je n'aime pas ce
mot aux implications raciales, voire potentiellement racistes). En
aucun cas, elle ne peut être imposée à l'ensemble d'une
collectivité nationale. A l'inverse, et dans le même temps, cette
volonté de s'en démarquer ou de s'en "contre-identifier" paraît pour le
moins étrange et élitiste.
C'est donc à ce moment
précis de notre histoire contemporaine que nous devons,
avec tout le recul et toute la rigueur nécessaire, faire confiance aux historiens et au
corps
enseignant. A eux d'avoir cet aptitude et cette exigence de vérité...
de redécouverte et de retour aux sources précisément de... l'Histoire, celle dont
nous devons être dignes (il faut dire aussi qu'ils n'ont pas attendu que des donneurs de leçons viennent le leur rappeler).
Cela
étant, il s'agit ici de pédagogie et non de commémoration, car l'école
n'en est pas le lieu. En dehors d'un tel programme, aussi louable
soit-il, nous avons, aussi, autre chose à apprendre à nos enfants. Des
valeurs positives, des leçons de vie, où le macabre n'a pas droit de cité, pas davantage à faire incursion, ou du moins pas de façon
aussi récurrente, persistante et insistante. De cela aussi, nous serons
amenés à en reparler au besoin.
René
Saens, 29
février 2008.
PS
: Plusieurs spécialistes ou groupes ont réussi à démasquer cette
imposture contenue dans le livre et le film "Survivre avec les
loups", en particulier Serge Aroles, spécialiste des
enfants-loups, ainsi que Regards, la revue du Centre communautaire laïc
juif de Belgique.
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| Voir
aussi les chroniques Solidarité
:
Pourquoi
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