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Poésie
et éducation :
un espace de rêve à
préserver... ? Suggestions pour apprendre
la poésie aux enfants ! Chronique
de René Saens.
Apprendre
la poésie aux
enfants ou
Comment développer leur esprit créatif ?
Télécharger
les poésies
cliquez
ici
(deux textes vous sont proposés)
Apprendre
la poésie aux enfants : il s'agit d'une invitation
lancée
à l'intention des parents et éducateurs
pour que
ceux-ci reprennent à leur compte un flambeau (quasi
olympique). Jamais complètement éteint, il nous
faut
cependant - à
intervalles réguliers -
veiller à le ré-allumer ou à souffler
sur la flamme pour le stimuler !
Ndlr
- Depuis l'ouverture
de
ces chroniques Internet, nous considérons comme un devoir
d'ouvrir nos
colonnes à l'expression poétique.
L'occasion d'entretenir la sensibilité des
enfants en nous adressant aux parents et éducateurs.
Nous avons ressenti la
nécessité de renouveler cette
implication il
y a quelque temps
déjà (plus particulièrement
à la mi-février 2008) Face à une
déclaration d'un homme politique, jugée bien imprudente
(relatée
par ailleurs : « Une
mémoire pour des enfants-soldats ?
»), nous
avons craint que
l'Ecole ne soit conduite à répondre à
une bien étrange injonction (pour
les enfants de CM2 en particulier), et dont
la nature ne serait pas sans poser
de multiples interrogations.
En effet, à
l'égard de jeunes esprits, ne court-on pas, d'ores et
déjà, le risque
de voir une Ecole, trop
limitée dans ses perspectives,
faillir à sa
mission éducative ? Sauf remise en cause fondamentale, le
rôle de
celle-ci ne
consiste t'il
pas - en complément de l'aptitude à proposer un
savoir de base et
l'apprentissage au
maniement d'outils -, à ouvrir
l'esprit sur la
vie et ses diverses formes d'expression ?
Pourtant, en lieu et place,
quelques
visions
macabres ont été
agitées à diverses reprises... dans la
perspective de susciter quels cauchemars ?
Une
approche qui pose encore plus d'interrogations que
celles évoquées en
son temps par Barbara (l'hiistoire de l'aigle noir)
!
Aujourd'hui, nous voulons éviter
qu'un oiseau de proie
ne vienne planer en ces lieux dont le caractère de
sanctuaire éducatif est à préserver.
C'est la raison pour laquelle nous
préconisons, ici, l'administration (au besoin sans l'ambage
du seul "A"
majuscule qui a souvent déçu !) de quelques
antidotes ou traitements préventifs.
Dire
et apprendre la poésie :
voici donc une invitation renouvelée, lancée en
direction des parents et
éducateurs pour que
ceux-ci reprennent à leur compte un flambeau qui ne
demande qu'à être rallumé et transmis !
Il en va de la
responsabilité de chacun d'entre nous.
Le voeu que nous réaffirmons ici consiste à
reprendre et poursuivre ce travail d'apprentissage de la
poésie
aux plus jeunes. En soutenant - avec d'autres - cette
proposition, nous vous
laissons la responsabilité de partager ce choix exigeant.
Pour
faciliter votre
travail
d'éducateur (parent et/ou enseignant), ainsi qu'en accord
avec la Maison d'édition qui
pouvait nous accorder cette autorisation de diffusion, les
deux
textes présentés ici
ont été rendus libres
de droits (pour usage
privé et/ou à des
fins éducatives) Leur
téléchargement gracieux vous est
également proposé sur ce site.
Ndrl
- Voici, tout d'abord, un premier texte qui allie
simplicité,
spontananéité et capacité
d'évocation pour les plus jeunes :
Le
Monde est un jardin
La
terre est un jardin
Dont il faut prendre soin.
Elle
est à toi l’enfant,
Elle sera ton printemps !
Fais-y
pousser des fleurs,
Elles seront pour ton cœur,
Fais-y
pousser ta voix,
Elle sera pour ta foi !
Car
ton monde est meilleur.
Ne cherche pas les ailleurs
Qui
porteraient douleur.
Portes-y tes couleurs !
René
Saens,
Pour télécharger le texte "Le
Monde est un jardin"
cliquez
ici
Voici
un second texte. Il passe tout autant par la
réceptivité et la
sensibilité des
parents. A ce titre, il est, peut-être davantage encore,
à porter par
eux.
Cette compostion a une histoire que vous pourrez découvrir
à la fin de sa présentation.
(Ndlr
- le poème peut se prêter à
l'apprentissage et à la récitation des
trois premières strophes seulement)
Jolie
rose !
Belle rose,
jolie rose,
Tous les
regards se posent
Sur tes tendres
pétales,
Rouge vif ou
rose si pale.
Tu vis de tes
couleurs :
Tristesse ou
bien bonheur.
J’espère
que le
soleil
Qui
t’accompagne au réveil,
Ne pourra
assécher
Ta
sève et mes
pensées
Qui, des
heures, jusqu’au soir
Portent haut
mes espoirs.
Avant que tu
n’écloses,
Fleur sur ton
bois de rose,
Déjà,
tu nous
transportes !
Par toi
s’ouvre
la porte
Du jardin des
enfants,
Pendant des
jours durant.
Tu ombrages le
muguet ;
Tes couleurs
sont plus gaies.
Pour ne voir
des épines,
Qui peuvent
devenir griffes,
Vient dire
à
tes amants
De jeter leurs
tourments.
Au rythme des
saisons,
Avec toi, nous
naissons
Pour colorier
les jours.
En compagne de
l’amour,
Tu composes les
bouquets
Et repousse les
regrets.
Que dois-je
faire en ton nom
Pour
écrire un
prénom ?
Cueillir sur
mon sentier
Une branche
d’olivier,
Distinguer fiel
et miel,
Regarder vers
le ciel ?
Un secret se
respecte ;
Le printemps
des poètes
Doit tant
à ta
beauté
Que, de
tendresse mêlée,
Il te reste
à
éclore
Pour bien des
jours encore !
René
Saens,
Reproduit avec l'aimable autorisation de l'Editeur.
pour télécharger les
poésies
cliquez
ici
Histoire du texte précédent -
Voici, contée très brièvement,
l'histoire du texte précédant. Bien
qu'elle comporte quelques aspects personnels, je
demeure
cependant persuadé que si, vous-mêmes,
êtes parents,
grands
parents ou éducateurs, nous pouvons, sans
fausse pudeur, en
partager l'esprit.
Je
me souviens, il
y a quelques
années de cela, avoir reçu une injonction forte
de la part de la plus
jeune de mes filles
(elle devait avoir, alors, sept ou huit ans) Elle me demandait, avec
une assurance que je ne lui connaissais pas jusque là, de
lui écrire
une
poésie dont elle se proposait de me donner le titre.
Celui-ci
arriva, exprimé et formulé ainsi : « ... Jolie rose » !
Je restai
interloqué devant la possibilité de revisiter
cette
thématique ! Je
commençai cependant à
y réfléchir de façon distraite,
sans vraiment être
persuadé de pouvoir mener à bien une telle
composition... florale !
Une
semaine
plus tard (je pensais que l'oubli avait fait son oeuvre), ma fille me
rappela la nature du sujet qu'elle m'avait enjoint de traiter. Je dus
reconnaître que je n'avais pas
beaucoup avancé. Voyant pointer dans son regard un
début de déception,
je sentis que la
possibilité
d'esquiver le challenge ne me serait plus laissée bien
longtemps !
Pourtant je
tergiversai une nouvelle fois.
Une autre semaine s'écoula, puis je fus
convoqué à... la récitation (ma «
jeune fille »
fit
preuve d'un surcroît d'assurance dont
je ne la croyais pas capable à son âge)
J'étais plutôt embarassé et sur
la
défensive, car je n'avais pas le moindre
début de texte
à lui présenter.
Cette fois, elle ne put contenir sa déception. Elle y
mêla
des
reproches appuyés (« Papa, j'avais pourtant cru que tu en
étais capable
! »
Une sorte de confusion et de gêne me monta au visage,
celle de
n'avoir pas osé m'attaquer à
ce sujet qui lui tenait pourtant tellement à coeur)
J'étais pris au piège d'une
expression paternelle que, même la pudeur à
exprimer des
sentiments, ne
pouvait plus se permettre de reporter. Je pris donc l'engagement
formel de me mettre sérieusement à l'ouvrage.
Décision heureuse,
prise dans la
perspective d'un rendez-vous pour le dimanche suivant.
Au jour
convenu, j'avais, cette fois,
quelque chose de tangible à présenter. Cependant,
quelques nuances
devaient encore être apportées, ce qui fut fait
dans les heures
qui suivirent. Voici
donc, résumée, l'histoire de cette
poésie que je vous ai confiée.
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