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Contre
l'oubli du... présent ! Chronique
et analyse de René Saens
Suite
à la proposition du Chef de l'Etat d'identifier chaque
enfant de CM2 à
un enfant Juif mort (déclarations du 13/02/2008 au
Dîner du CRIF,
Conseil représentatif des institutions juives de France)
Proposition
à Mme Simone VEIL :
(Suivie
d'une analyse de René Saens,
relative à la place
prise par la mémoire
sur les problématiques du présent, ainsi que sur
les risques
d'aggravation des dérives communautaires portant atteinte au
consensus
républicain)
Madame,
Avec tout le
respect que vous nous devons,
Et sans vouloir
détourner votre attention,
Si vous vouliez bien, en lieu et
place,
D'une proposition formulée bien imprudemment
Faire connaître
les noms et prénoms d'enfants
De contrées
du Tiers Monde qui, à leur tour,
Peuvent mourir
demain... faute de
soins.
Sauf erreur, ils sont des
millions dans ce cas.
Un respect de la Vie, une
pédagogie aussi.
Que pensez-vous de cet
ordre de priorité
Et des urgences d'un tel
traitement ?
Contre l'oubli du... présent,
Un
devoir de mémoire à titre préventif,
Une éducation
et des VIES
Dues à leur Humanité, aussi.
Cordialement
et respectueusement,
René
Saens,
Le 19 février 2008.
Des
questions toujours en suspens :
" Où
sont, désormais, les priorités : dans
l'exposé d'un passé révolu mais
ressassé jusqu'à la nausée ou bien...
dans l'action et le moment présents ? " RS
Question
complémentaire : Peut-on se satisfaire
des sempiternelless
culpabilisations et leçons données et
reçues au quotidien, alors
que...
"
La
faim tue plus de 17 000 enfants chaque jour "
Commentaires
et analyse
(Pour
lecteurs exigeants, conscients de leurs responsabilités,
ouverts à un
dialogue constructif - sans lâche complaisance - ,
puisqu'il s'agit d'établir un débat
nécessaire afin de dissiper les malentendus auxquels une
meilleure
attention aurait, non seulement du, mais
doit désormais être portée)
Indirectement aussi, quel
manque cruel d'attention et de respect vis à vis de nos
concitoyens et,
en particulier, pour le corps enseignant ! A l'inverse, nous
pensons que l'Education nationale assume, sur le sujet,
correctement sa mission, et de façon
pondérée. Laissez les historiens
et les pédagogues remplir leurs tâches avec
diligence. Sauf complexe de
supériorité non maîtrisé,
personne ne dispose d'un monopole moral ou
exclusif (partagé avec les combattants de la
LIBERTE qui, eux-aussi au prix de leur vie, sont venus redonner leur
dignité aux opprimés) à faire
prévaloir sur le travail appliqué, ni
sur le niveau de conscience de nos concitoyens. Cette remarque vaut en
particulier, aussi, pour le Président de la
République qui n'a pas
davantage à
empiéter ou à
s'immiscer dans
cette même conscience (Nous
critiquons ici une proposition, et non pas l'homme que nous
espérons
sincère - mais démocratie oblige - dans
sa volonté affirmée
de
réformer ce vieux pays arcquebouté sur ses
idéologies, structures
et corporatismes longtemps figés, alors qu'il oubliait de
voir à
quelle vitesse le monde changeait autour de lui).
De toutes les horreurs de
l'histoire,
Je n'en choisis et préfère aucune.
Toute
l'instrumentalisation et manipulation à des fins
idéologiques,
politiques et confessionnelles (?) à laquelle nous assistons
apparaît
s'inscrire dans la
montée en puissance des communautarismes et lobbysmes (ou
lobbying au sens anglosaxon) destructeurs
pour
notre pays et ses principes républicains. Elles sont, non
seulement
hors de
propos, mais inacceptables et à bannir, sauf
à briser un
consensus citoyen qui s'est longuement forgé dans
l'épreuve.
Il
y a, et nous ne saurions la sous-estimer, toute cette charge
émotionnelle et névrotique dont nous comprenons
bien sûr les raisons et qui
s'avère
tellement lourde à porter. Elle
entretient, hélas, un
climat
hystérique de repentance et de mortification permanentes
ressassées
journellement jusqu'à la nausée. Nous ne pouvons
donc accepter cette
culture de l'émotivité et les
dépendances morbides et mortifères
qu'elle entraîne avec elle.
Alimenter
le feu de l'angoisse, vouloir
faire croire que
la situation que nous vivons est comparable à la
montée du nazisme en
Allemagne dans les années trente, est d'une
malhonnêteté intellectuelle
coupable. Elle ne résiste pas à la moindre
analyse sérieuse.
Alors, réfléchissons avant de crier au loup ! Si
le problème est
ailleurs, il faut avoir le courage de le dire et ne pas utiliser les
subterfuges ou les faux-fuyants.
Cette
proposition
n'a pas à être adoubée par des
personnalités que nous n'attendions pas
à ce rendez-vous funeste (Serge KLARSFELD). Elle ne va pas davantage
" dans le bon sens " (selon les déclarations
superficielles et tout
aussi irréfléchies, en cette occasion, de
Ségolène Royal ou encore
empressées
de François
Hollande,
Premier secrétaire du Parti Socialiste dans les heures qui
ont suivi)
Le
moment n'est-il pas - enfin - venu de "faire le deuil" de
l'Holocauste
et de le replacer parmi les éléments formant le
corpus des horreurs du
monde, pour en faire un instrument de connaissance et de
pédagogie (qui
ne peut être
unique et privilégié).
Il ne saurait davantage être question d'en
faire un enjeu communautaire. La tragédie de
l'Holocauste
ou Shoah est d'une
ampleur telle qu'il était prévisible que le
travail de deuil perdure
plus longtemps. Pourtant, il n'est pas imaginable que cette
souffrance devienne une
plaie purulente qui ne puisse se refermer ou être
refermée. Elle a
vocation à devenir
une "grande cicatrice". C'est aujourd'hui une exigence...
Sachant
que, pour
ceux qui l'ont vécu dans leur chair, elle restera
probablement une
plaie ouverte qu'ils continueront de porter. Elle ne
disparaîtra
qu'avec
eux (ils l'emporteront dans leur tombe, morts-vivants ou
déjà morts à
la vie ?) Pour autant, ne doivent-ils n'être que des
vieillards qui ne
se
souviennent que... du passé, au point d'en oublier la
prégnance du
présent, ainsi que toutes les urgences et
priorités qui,
aujourd'hui même, s'imposent à l'homme
contemporain ?
Nous
devons également nous poser d'autres questions.
Plus
d'un demi de siècle après son
déroulement, l'Holocauste (Shoah en
hébreu, ce qui signifie aussi anéantissement,
cataclysme ; Shoah, terme
appliqué aux seuls Juifs d'Europe), ce génocide,
perpétué non seulement
contre les Juifs, n'est-il pas en train d'évoluer sur la
voie
- ne disons pas d'un - mais de plusieurs nouveaux cultes
identitaires, avec dérives sectaires
à la clef ?
Ce genre de " nouvelle(s) Internationale(s) " ne nous laisse
présager
rien de bon. Le refus de reconnaître aussi la souffrance des
autres, en
se centrant presque exclusivement sur la sienne propre, a pu,
hélas,
contenir ou alimenter une
part des germes destructeurs d'exactions et crimes odieux (nous pensons
bien sûr au drame d'Ilan Halimi) Nous savons
également que le conflit
israélo-palestinien a été la source
d'une violence importée par effet
d'identification (tiens là-encore), notamment chez les plus
jeunes de
nos concitoyens
français d'origine
arabe ou de confession musulmane (la montée du
pseudo-antisémitisme
français dont on parle tant pour l'instrumentaliser
(?) à des fins
politiques et culpabiliser encore et
encore, coïncide en
fait à la seconde Intifada palestinienne et à ses
conséquences). Un
sentiment d'incompréhension a également vu le
jour chez d'autres de nos concitoyens, comme résultante
d'une certaine
forme de
négationnisme des drames de l'esclavage ou de la
colonisation,
autrement dit à ce refus, aussi, de reconnaître la
nature de ce passé
pourtant révolu (douleurs perçues comme
subalternes ou secondaires par
rapport à l'omniprésent Holocauste qui
submergeait tous les écrans et
tous les médias)
Pourtant, essayons de trouver une
note d'espoir
d'après orage. Ce " Dîner du
CRIF" (13/02/2008)
et son caractère tragique auront sans
nul doute des conséquences peut-être
même... salutaires !
Serait-ce le fait d'une intervention divine ou
présidentielle ? En tout cas, nous pouvons
dire qu'il y aura un avant et un après. Car se posent
à cette occasion
des questions d'une gravité extrême pour nos
Institutions et
leurs dérives en cours et potentielles.
Les
politiques de tous
bords (gauche
et droite confondues, mais devons-nous faire le distingo sur de tels
sujets comme sur tant d'autres d'ailleurs ?), qui se
bousculent en grand nombre à ces manifestations, semblent,
en la
circonstance, avoir été pris "la main dans le pot
de confiture" (je déplore la trivialité de cette
expression choc) des
tentations
néo-communautaristes à la Française
que, pour notre part, nous estimons
utile de rejeter avec la plus grande fermeté (ou alors,
changeons tout
et tout de suite, y-compris de devise nationale)
Est-ce
bien la
place du Président de la République et du
gouvernement au grand complet
d'être présents à une telle
manifestation où les enjeux confessionnels
(et politiques) ainsi que les pressions sont manifestes ?
A quand et
devant qui, la prochaine
génuflexion de complaisance ou d'allégeance :
devant l'Assemblée des
Evêques de France, devant le Conseil français du
culte musulman ou
devant toute autre instance confessionnelle, respectable et
à défendre,
certes (aux dernières nouvelles, les Organisations
citées n'en demandaient
pas tant). En tout cas, pour l'intérêt de
la République, ce
que nous
pouvons souhaiter à tous les Conseils dits
représentatifs, quels qu'ils
soient, c'est d'être de moins en moins
représentatifs des
expressions des extrêmes et des extrémismes qu'ils
abritent en leur
sein (A l'inverse, on se souvient aussi du camouflet reçu en
son temps
par Jean-Pierre Raffarin, venu déjà ce
jour-là aussi avec son
gouvernement au complet, pour recevoir une non moins magistrale
leçon
de politique étrangère)
La
prochaine fois, il apparaît de la
plus grande importance, pour Nous citoyens, d'être plus
rigoureux et
plus
professionnels dans... l'élection du Président de
la République ! Nous
devrons rappeler, bien entendu avant élection, ce que doivent
être
les engagements de la République à
l'égard des cultes, des mouvements
religieux ou ceux d'inspiration confessionnelle et communautaire, aussi
respectables
soient-ils. En effet, est-il besoin de rappeler que dans toute
manifestation à laquelle il est fait
référence, l'invité d'honneur
devra être le Ministre de l'Intérieur, par
ailleurs Ministre des cultes
(ce qui n'interdit pas, bien entendu, la présence du Premier
ministre
lors d'un anniversaire décadaire par exemple, de
même que l'on veillera
à appliquer le même traitement à tous),
sans oublier la présence du Secrétaire
d'Etat aux anciens combattants. La Représentation
nationale,
ainsi que la politique de la France n'ont pas à
être court-circuitées
dans
des "grands-messes" co-présidées par ceux qui
n'ont pas à y officier.
En
tout cas, l'heure des remises en cause (républicaines)
semble avoir
sonné.
Serions-nous
en train de sortir de l'ornière dans laquelle nous avait
enlisé le
désastreux attelage Chirac-Jospin : ni réflexion
(en tout pas sur les
sujets qui fâchent) et, surtout encore moins,
décision... remise aux
calendes grecques ! Autrement dit, la triste
réalité d'une combinaison
d'hypocrisie, de manque de courage et de mensonge qui ne
mène à rien,
sinon à infantiliser et sous-estimer le peuple. Une
façon aussi de
perpétuer, pour un temps, la condescendance
d'un élitisme français
décadent.
Revenons,
après cette parenthèse, à notre sujet.
Tout
citoyen ayant par ailleurs été
profondément touché, dans sa
chair et dans son esprit, par l'ignominie* de la proposition
formulée,
ne peut rester dans le statut quo d'une simple neutralité
passive. Elle
ouvrirait probablement la voie à on ne sait quelle autre
demande supplémentaire tout aussi extravagante, selon un
phénomène de
surenchère bien connu (* proposition qui a, aussi, le
mérite d'exister
puisqu'elle permet l'ouverture d'un débat constructif,
longtemps
repoussé, qui suscite, à cette occasion, des
prises de position en
faveur de choix clairs).
Ainsi,
Faire
porter à un enfant ou à des enfants,
L'esprit
d'un enfant Juif mort
Ou de tout autre enfant mort
Serait
un crime et une forfaiture,
Contraire
au sens même de la Vie.
Une telle incursion dans les esprits
Revêt un caractère odieux et morbide.
A cette
double tentative de "violation" d'esprit et de conscience
Nous ne pouvons donc opposer qu'un NON franc, FERME et MASSIF !
Si
cette sinistre proposition refaisait surface, nul doute que nos
compatriotes
devraient, à regret, en tirer toutes les conclusions. Dans
les faits,
leur devoir
se traduira par le boycott et la
désobéissance civile. En la
circonstance, il s'agira d'un devoir civique et d'un devoir
moral. Cette position est fondamentale pour toute femme et
pour
tout homme ayant, précisément, une haute
conscience du fait que la Vie
et l'Esprit, son essence même, sont les biens les
plus
précieux et les plus inviolables (pour que, en aucun cas, il
n'y soit
dérogé).
Une
autre proposition, "version light", mais tout aussi
irréfléchie a vu le
jour. Puisque la proposition était insupportable et odieuse
pour un
enfant seul, pourquoi ne pas la faire supporter par une classe
entière.
Là encore, quelle stupidité ! Comme si une
proposition totalement
inacceptable pour un enfant pourrait être reportée
sur un groupe tout
entier, ce qui reviendrait à dire que la charge
de "cette nouvelle
croix" serait mieux répartie si elle était
supportée par un groupe
d'enfants. Quelle dérive et indigence (ou
déshérence) de la pensée ! Une
proposition est bonne ou ne l'est pas et, en l'occurrence, la
démonstration a été faite.
La
ligne blanche ayant donc été franchie, il ne
sera pas question que
ce détournement d'identification soit
érigé en credo digne d'une
nouvelle secte de l'Apocalypse. Ce concept
d'éducation négative en opposition frontale avec
le caractère solennel de la vie (concept
d'éducation négatif "révisionniste"
s'il en est, qui n'existait pas encore sous cette
forme et cette violence),
autrement dit cette odieuse violation d'un esprit vivant,
apparaît totalitaire dans
son approche, ses méthodes et sa nature. Il ne peut donc
être que
rejetée. La sagesse élémentaire
voudrait d'ailleurs qu'elle
soit
retirée de suite.
Pour redevenir positif, le
débat doit rejoindre, à un moment ou à
un
autre, la raison.
Autres
interrogations.
Ce
type de demande ou de proposition nous fait entrer, toutes portes
ouvertes, dans la démesure et l'hystérie. Elle
revient aussi à faire
peser sur la communauté nationale un nième
péché originel qui lui est
pourtant étranger, mais qui servirait, une nouvelle fois
à l'asservir
sous le feu croisé de la sempiternelle
culpabilisation-rédemption
millénaire (comme si toutes les
précédentes ne suffisaient pas). Elle
viserait aussi, de façon beaucoup plus pernicieuse,
à installer un
droit de vassalité de la communauté nationale vis
à vis de l'une de ses
composantes qui, bien que fortement minoritaire, se verrait arroger,
à
l'inverse, un droit d'allégeance pour fait de nazisme !
Est-il besoin
de rappeler que le criminel à l'origine de cet
évènement, le dictateur
Adolphe Hitler, se situe tellement à l'opposé de
l'esprit des
Lumières, lequel est l'un des fondements
même dans lequel s'inscrit la Nation
française (Dieu soit loué, il
n'est même pas né sur le sol français,
ce qui, bien entendu,
n'est qu'une boutade cependant significative de cette illustration)
Si la communauté juive a des problèmes
d'identité (à supposer que Moïse, Josias
et les prophètes ne suffisent
plus, ce qui apparaîtrait bien étrange et
surprenant), il semble
dangereux pour elle-même, de se doter d'une strate
identitaire
supplémentaire à partir de la Shoah, ce qui
l'installerait, de façon
définitive, dans le statut de victime perpétuelle
et désignée. Si cet
élément a été
utilisé pour initier les fondements et cimenter
l'Etat d'Israël, ce qui peut se comprendre, il ne
saurait pourtant
être question de réclamer l'adjonction d'un nouvel
élément identitaire
de nature confessionnelle à la Nation française,
alors que celle-ci a,
à l'inverse, tout fait pour installer en son sein le
principe de
laïcité allant de pair avec la
séparation de l'Eglise et de l'Etat
(nous devrions d'ailleurs parler aujourd'hui de la
séparation des
Religions et de l'Etat)
Enfin,
puisqu'il a été
beaucoup question d'émotivité dans ce
débat, alors, oui, je veux
bien être de ceux qui abordent de front cette question.
Est-ce que nos
compatriotes de confession juive ne nous posent pas toute simplement
cette question de confiance : " Si des menaces pesaient sur nous, sur
notre existence même, comme nous l'avons connu par le
passé, est-ce que
vous seriez (de nouveau) à nos côtés
pour nous défendre ? Est-ce que
vous auriez ce
courage ? " La réponse doit être Oui, sans
ambiguïté. De la même façon,
si vous voulez que ce soit bien le cas, ne nous faîtes pas
l'injure de
poser comme préalable une question de
défiance à la communauté
nationale. Accordez-lui la bonne foi dans la
fidélité à cet engagement.
Cela étant, restons vigilants, c'est vrai. Et surtout,
sachons passer à
autre chose. Il en est plus que temps, tellement ce que nous avons
à
réaliser (ensemble de préférence,
chaque fois que possible)
nécessite déjà toute notre attention
et nos énergies au quotidien.
En toile de fond, l'Iran et le
conflit au Moyen-Orient
Il
y a aussi le subliminal, le non-dit, qui est très
certainement l'un des
facteurs les plus
importants, car il détermine tout un jeu diplomatique en
sous-mains.
Cela consisterait (ainsi que les membres de la communauté
juive parmi
les plus agissants et les plus radicaux le préconisent)
à envisager
l'ajustement systématique éventuel de la France
sur la politique de
l'Etat israélien. Notre pays deviendrait en quelque sorte,
au
Moyen-Orient, un satellite politique d'Israël. Ce qui, bien
entendu,
constituerait une régression et, aussi, une
ingérence
insupportable dans la politique étrangère
française (qui, de fait,
perdrait, avec l'Union Européenne, le rôle
d'arbitre potentiel qu'elle
pourrait être amenée à jouer, un jour,
dans une conférence de paix) Il
faut en effet savoir que,
jusqu'à présent, Israël lui
préfère très nettement l'arbitrage
potentiel, et jusque-là acquis sans aucune
réserve, des Etats-Unis (Un
très mauvais service d'ailleurs, rendu à
Israël. Où est le temps où un
James Baker pouvait taper du poing sur la table, ou encore un Bill
Clinton faire asseoir les ennemis irréductibles autour d'une
table ?
Une fin désastreuse pour la présidence Bush, sur
ce sujet comme sur
tant d'autres) Pour Israël, le rôle de l'Europe
semble, le plus
souvent, relégué à assurer le
financement des dépenses de fonctionnement courantes de
l'Administration palestinienne, ainsi que les frais de reconstruction
(après bombardements et dommages frappant lourdement les
populations
civiles).
Bien sûr, et nul
ne pourrait le sous-estimer, les
menaces sur la paix "régionale" au Moyen-Orient jettent de
l'huile sur
le feu des tensions
mondiales, avec des répercussions dans, pratiquement, tous
les pays.
Elles constituent l'un des foyers parmi les plus importants, sinon le
plus important. Sur
ce point précis, il faut, là-aussi,
être clair : la communauté
internationale doit faire preuve de la plus grande
fermeté. Il n'est pas question d'accepter la moindre
prolifération
nucléaire dans cette région (Israël est
déjà en possession de la
fameuse bombe et de ses ogives, grâce
d'ailleurs à un transfert de
technologie français intervenu dans les années
soixante ; tout celà
n'est que secret de Polichinelle) Pour
éviter d'accroître encore les tensions, la potentielle "bombe iranienne" doit,
cependant, être
empêchée par tous les moyens. A
l'inverse, l'Iran, cette
civilisation millénaire ne saurait être
humiliée par un refus
d'accéder, si elle le souhaite et si elle en apporte les
garanties, au
nucléaire civil sous réserve
d'engagements fermes et d'un contrôle strict de l'AIEA
(Agence
Internationale de l'Energie atomique). Toutefois, la
personnalité
du Président iranien et ses déclarations
agressives nous amènent
actuellement à faire état des plus
extrêmes réserves. En effet, la
situation n'engage pas à
accorder crédit ou confiance à ce pays sur la
destination de son potentiel
d'enrichissement d'uranium de premier niveau. Il pourrait, au terme
de quelques années et dans le cadre du franchissement d'un
nouveau
seuil technologique, être détourné
à des fins militaires (probablement
quelques années encore à attendre, aussi, avant
de voir une meilleure
amorce de démocratie).
Nous l'avons déjà évoqué,
une attention particulière est à accorder
à la résolution du conflit
israélo-palestinien. Cependant,
les perspectives d'un accord de paix au Moyen Orient
se
trouvent une
nouvelle fois dans l'impasse. La mise en place de telles conditions
supposerait, de part et autre, un leadership fort et un consensus des
populations pour parvenir à une solution
négociée. Ce qui n'est toujours
pas le cas, puisque nous constatons une dégradation notable
de la
situation depuis la guerre contre le Liban ou, plus exactement, le
Hezbollah en 2006 (au
prétexte
de la détention de deux soldats, alors que le conflit est
évidemment
basé sur des griefs bien plus fondamentaux, dont les
roquettes tirées
sur Israël et l'emprise de ce parti islamiste, l'ennemi
communautaire et
héréditaire) qui
s'est soldée par un échec
retentissant et des dommages considérables sur le Pays du
Cèdre, avec
utilisation par Israël de bombes à fragmentation et
de bombes
thermobariques à effet de souffle (l'aide
à la
reconstruction est, là-encore, en partie assurée
par l'Union
Européenne) On note
aussi, cette fois, une recrudescence très nette des tensions
qui ne
cessent de
s'exercer sur et à l'intérieur de la bande de
Gaza. L'escalade des
haines réciproques se poursuit donc inexorablement. Elle
nous engagera
probablement davantage lorsque les belligérants seront
parvenus à la
conclusion qu'il faudra, coûte que coûte, passer
par la solution
négociée. En tout cas, la régression
actuelle est désespérante pour
tous ceux qui se sont investis sérieusement dans
l'ébauche d'une
solution, puisqu'elle nous fait reculer plus de dix ans en
arrière,
avec un handicap encore plus lourd à remonter ! Enfin, un
élément
complémentaire est en train d'apparaître. En
effet, il n'est plus
exclus que l'on s'achemine vers la constitution de deux
entités
palestiniennes, l'une en Palestine proprement dite, l'autre
à Gaza
(avec une intégration possible ou des liens qui se
resserreraient à
terme avec l'Egypte)
RS
Ndrl
- une autre pierre d'achoppement n'a pas été
évoquée ici. Pour en
parler, nous renvoyons le lecteur à un texte plus
poétique :
"Jérusalem, les livres de pierre" (se reporter à
la liste des
chroniques)
Ad.
du 27/02/08 : des personnalités ont
été réunies par le Ministre M.
Xavier Darcos, afin de revoir cette désastreuse proposition
présidentielle. Il s'agirait, officiellement, de faire
machine arrière.
Toutefois, la vigilance reste de mise.
Une
question
cruciale d'éthique et de démocratie se trouve en
effet posée, puisque
la composition de cette commission comprend, dans sa
quasi-totalité,
des membres d'une seule communauté qui s'arrogerait ainsi le
droit et
l'autorité de décider en lieu et place de
l'ensemble des citoyens français (comment
une instance communautaire minoritaire, représentant 1 % de
la
population, aussi respectable soit-elle, peut-elle s'arroger
un
tel droit ? Là encore, il s'agit d'une véritable
provocation ou de
quelque chose qui sera perçu comme tel). Il est
donc à craindre que nous soyons, une nouvelle fois, en
présence de
l'illustration des dérives d'un communautarisme
français arrogant
qui vient saper les fondements même de nos principes
républicains,
pourtant les plus précieux, car à l'origine du
consensus social
et politique. Une mise en garde, aussi, à des
apprentis-sorciers qui ne
mesurent pas bien les conséquences de leurs actes,
alliées à un
excès de propagande qui est en train de se retourner contre
eux !
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