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" Vicaire à Saint-Tropez, une
sinécure ? " -
Chronique de René Saens Cette
chronique a été écrite à
l’occasion de la sortie du livre de Gérard
Fouquet. « Vicaire à
Saint-Tropez » Homme de
convictions et d'engagement, Gérard Fouquet est pétri
dans une glaise qui façonne les rencontres. Il construit son
monde en utilisant un matériau noble, un ciment particulier,
les relations humaines. L'homme marque non seulement par son charisme,
mais aussi par ses talents de conteur. La chronique qui suit est aussi
un témoignage d’amitié. Je n’ai certes pas
connu
l’abbé Gérard Fouquet
lorsqu’il était vicaire à Saint-Tropez,
mais, me référant à sa
capacité d’adaptation, à son entrain et
son enthousiasme communicatifs, je crois pouvoir affirmer que,
s’il avait fait carrière dans cette bourgade, la
notoriété de
l’évêque de Rome elle-même en
eut pâli. En effet, si tel avait été le
cas, l’abbé aurait pu jouir aujourd’hui
du statut envié
d’aumônier-archevêque auprès
des stars de ce monde, faisant des émules sur tous les
rivages, de Cannes à Menton. Sans parler des autres
« riviera » de notre
planète ! C’est dire qu’il aurait,
probablement, suscité de nombreuses vocations.
Bien sûr,
ceux qui, par la suite, sont devenus ses paroissiens de
substitution (qu’ils soient humbles croyants ou
touristes-pélerins en cet Univers) n’auraient eu
le privilège de l’approcher pour
bénéficier de ses conseils et de ses
enseignements éclairés. Dieu, de même
que les autorités ecclésiastiques à
leur manière, l’ont sans doute voulu ainsi. Le
vicaire, devenu pasteur, a accepté son sacerdoce pour le
bonheur et le salut de celles et de ceux qu’il continue
d’accompagner spirituellement. Je le
confesse volontiers :
à l’occasion de la sortie de son livre
« Vicaire à
Saint-Tropez », c’est un honneur, et aussi
une joie pour moi, d’évoquer le
savoir-être et le savoir-faire de l’abbé
Gérard Fouquet.
Je reviens sur les
talents de conteur de
l’abbé, ses récits que Marcel Pagnol
lui-même n’aurait pas reniés. Autant
d’anecdotes, en si peu de temps me direz-vous! En effet, quelques mois semblent avoir suffi
à cet expert pour « mettre en
boîte » le caractère
épicé de ce coin de Provence,
débordant de couleurs et de parfums. Ajoutez, pour pimenter
le tout, une pointe du parler truculent de ses habitants,
accompagnée d’un zeste de leur accent. Les
herboristes et les marchands de quatre-saisons sont
prévenus : ils n’ont
qu’à bien se tenir, car la concurrence sera rude !
Un instant
déstabilisé, le
jeune abbé semble apprendre à se mouvoir
facilement, voire presque à se fondre, dans cette faune et
cette flore, tel un poisson dans l’eau. Toutefois,
s’il apprécie la douceur des rivages et la
beauté multicolore des fonds marins, il sait
d’instinct qu’il lui faudra résister
à l’ivresse des profondeurs et à
l’absence de transparence du monde sub-aquatique.
Gérard Fouquet nous
livre le
témoignage d’un homme
« nageant » parmi les hommes. Sur
le ton de l’humour, face aux aléas
rencontrés - qu’il sait si bien retourner -, il
conserve, en toutes circonstances, sa fraîcheur
d’esprit et son franc-parler. Ceci constitue
incontestablement une force, car, avec le temps, l’homme y
apprend aussi les vertus de la diplomatie.
Vous ne trouverez pas
dans ce livre de grands
sermons (c’est d’ailleurs pour cette raison que
vous achèterez le livre, ou que, par chance, il vous sera
peut-être offert) Vous découvrirez (seulement
pourrait-on dire, mais c’est déjà
tellement !), quelques témoignages dont nous
pourrions dire qu’ils sont « croustillants
d’humanité », tels le pain,
frais et chaud à la fois, sortant de chez la
boulangère !
C’est
peut-être l’un de ses secrets que je
révèle ici. Gérard Fouquet a
trouvé, au quotidien et en dépit de ses
responsabilités, le moyen d’être proche
de tous - paroissiens ou interlocuteurs d’un jour -, de nous
qui demeurons avides de comprendre le monde, la vie qui nous entoure et
celle dont nous sommes porteurs. Et c’est
précisément là que le miracle
intervient : l’abbé Fouquet, infatigable
chercheur devant l’Eternel, rend audible et
compréhensible les textes les plus abscons, dussent au
passage les mystères les plus savamment entretenus y perdre
de leur hébreu ou de leur latin ! L’abbé, c’est
l’Evangile fait homme ! Ses homélies, paroles de Dieu
ressorties d’un bain de Jouvence !
A Saint-Tropez comme
ailleurs,
l’abbé Fouquet, devenu par la suite
curé, ne se pose pas en gendarme des âmes.
Certaines, telles des déesses lointaines, demeurent
impénétrables, d’autres, profitant de
la pénombre de son confessionnal, voudraient - à
son corps défendant -, se mettre à nu. Il sait
que les âmes oscillent entre aspiration au bonheur et
exigence de plaisirs. En réponse, il nous indique quelque
chemin qui ne soit de perdition, nous met en garde contre les obstacles
et les dangers, nous suggère d’être
forts, mais, en fin de compte, nous laisse libres d’agir et,
surtout, de bien agir. Il nous transmet des
éléments de savoir-être, jadis appris
auprès de son « vieux
curé » qui, en définitive, ne
l’avait gratifié que de quelques
« Attention l’abbé ! ».
Je ne parlerai pas de
la dualité de
l’homme. Je ne parlerai pas non plus de ses motivations
théologiques ; je laisse ce soin aux
prédicateurs ex cathedra. En terminant, je voudrais vous
assurer que mon propos était, simplement, de vous parler
… de l’homme, pour mieux vous laisser
apprécier le plaisir de passer quelques agréables
moments de lecture avec lui.
René Saens, ©
Annoncesno1.com - le magazine
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