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DSK face à son
destin. Une femme de chambre
traumatisée et violentée accuse le candidat
potentiel
à la primaire socialiste. Le trouble a gagné son
camp.
Quelle incidence aura l'événement sur le cours
de la politique française ?
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L'univers
confortable d'une suite de l'hôtel (C) Sofitel |
Doute ou
conscience ? |
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Le 16 mai 2011, le Tribunal de New York (Manhattan Criminal
Court) s'est abstenu de
dérouler le tapis rouge pour Dominique Strauss-Kahn.
Celui-ci avait rendez-vous avec la rigueur de la Justice
américaine.
Les faits incriminés se sont déroulés
le samedi 14
mai vers midi au Sofitel de New-York. DSK, Directeur du Fonds
Monétaire International, avait réservé
une suite
dans l’Etablissement.
La femme de chambre affirme être entrée dans la
suite
2806, censée être vide, pour y faire le
ménage.
Après avoir traversé le corridor, et selon des
circonstances qui restent à préciser, elle
s’est
trouvée face à face avec son violeur en
puissance, un
homme nu, qui, selon son témoignage, l’a
agressé
sexuellement.
Nous
donnons ci-après accès à
l’acte présenté devant la
juridiction new-yorkaise. Sept chefs d’accusation sont
invoqués à l’encontre de DSK. Ils se
basent
sur l'énoncé de faits graves.
S’agissant
d’une agression sexuelle assortie d’une tentative
de viol,
les mots sont crus.
Il est précisé que le prévenu a : (voir l’acte d’accusation
de DSK en fichier pdf)
1) Fermé la porte et
empêché la plaignante de sortir ;
2) Lui a saisi les seins sans son
consentement ;
3) A cherché à lui
arracher ses bas et lui a saisi de force le vagin ;
4) L’a forcée
à deux reprises à pratiquer une fellation ;
5) A commis les actes
précédents en utilisant physiquement sa force.
Coup
de tonnerre dans l’univers socialiste
Sonnant comme un coup de tonnerre dans le ciel rougeoyant de l'avant
présidentielle de 2012,
l’univers des socialistes français vient, pour une
part,
de s’effondrer.
Le choc est terrible : ces derniers ont-ils favorisé
l’ascension d’un homme indigne d’exercer
les plus
hautes fonctions ? Leurs ambitions ou leur quête de
portefeuilles
ministériels les ont-ils amenés à
fermer les yeux
sur les frasques de l’un de leurs, pressenti pour les
représenter dans la course vers le pouvoir ?
Sur la base des premières déclarations,
le Parti socialiste fait bloc, au moins dans une unanimité
de
façade, autour de son « poulain ».
La première secrétaire, Martine Aubry, a
déclarée être sous le choc,
incrédule face
à l’information, de même que
stupéfaite par la célérité
d’une Justice
américaine qui ne fait pas de différence entre
les
justiciables (DSK est sorti menottes au poignet du
commissariat
de Manhattan, une procédure cependant courante en Droit
américain pour des faits de
nature criminelle).
En revanche, à ce stade, pas un mot de compassion
n’a
été exprimé pour la «
victime
présumée », elle-aussi
probablement en
état de choc. D’autres « lieutenants
» de DSK,
tels Pierre Moscovici et Manuel Valls ont exprimé leur vif
désarroi évitant, eux-aussi, de faire
état de
la partie offensée. Pour l'instant,
l’humanisme demeure à sens unique,
l’émotion
l’emportant sur une analyse qui, du moins on l'espère,
viendra plus tard. Il n'en reste pas moins que cette attitude fera
peser longtemps une lourde hypothèque, probablement
rédhibitoire, sur l'aptitude de leur camp à
prétendre diriger, un jour, les affaires de ce pays au plus
haut
niveau.
A l’inverse, une seule femme engagée politiquement
a fait
preuve de pondération dans son
appréciation. Il s’agit de Clémentine
AUTAIN. Plus
sensible que d’autres aux comportements machistes en vigueur
dans
les partis politiques français, elle a eu le courage de
révéler avoir été victime
d’un viol
il y a quelques années. Un autre témoignage,
nettement en
retrait, celui d'Aurélie Filipetti entrouve le voile de
l'omerta qui régnait au parti socialiste.
Si les faits sont confirmés, la
réalité
apparaîtra dans toute sa crudité : le
côté
strass et paillettes de Dominique Strauss-Kahn sera vu
sous un éclairage moins « séduisant
» ou
séducteur, selon l’euphémisme
consacré. Il
deviendra celui par qui le scandale est arrivé. Son nom sera
associé à une sinistre histoire de
mœurs qui aurait, peut-être, pu
être
évitée si la «
pathologie » du sujet avait
été abordée et
traitée sans complaisance. En ce sens, ses « amis » lui ont probablement
rendu un très mauvais service.
Le coup est rude pour les moralistes et donneurs de leçons.
Il y
a quelques semaines encore, nombre d’entre eux
s’affichaient autour du directeur du FMI, comme des
éphémères dans l’attente
d’une
envolée vers les feux de la rampe.
Au vu des événements, le scénario
attendu pour la
présidentielle française ne peut donc plus se
dérouler comme annoncé. D’une certaine
façon, c’est dommage pour la nature d'un
débat de
fond qui n'avait pas encore commencé et dont les citoyens ne
sauraient être privés.
Il n’est plus question comme cela a pu, par le
passé,
être le cas en France, de « noyer le poisson
» dans
les méandres des procédures judiciaires,
assorties
à l’occasion de pressions sur les
enquêteurs, de
dessaisissements et de transfert de siège ou de juges pour
confier l’affaire à une juridiction plus
conciliante
à l’égard des puissants.
L’affaire de la MNEF où DSK avait, en son temps,
été mis en cause est là pour en porter
témoignage à sa façon. En la
circonstance, la
Justice française a tristement établi que,
désormais, les « faux en écriture
» ne seront
plus passibles d’une sanction pénale. De fait, si
DSK
avait été élu Président,
tout
Français aurait pu se référer de cette
jurisprudence régressive, voire décadente.
Autrement dit, les citoyens français
se seraient eux-mêmes déshonorés
s’ils
n’avaient pu se souvenir à temps de ce jugement
aux
conséquences lourdes en termes de régression de
la morale
publique (comprendre ici «
morale »
au sens d'équité et
d'élément fondateur de la confiance).
Faiblesse
des arguments de la « classe politique »
Tant que la Justice ne s’est pas prononcée, tout
accusé est « présumé
innocent ». Le
principe s’applique de la même façon
à
Dominique Strauss-Kahn.
Pourtant, aujourd’hui, cette simple assertion ne suffit pas
à lever d’un trait de plume les graves accusations
qui
pèsent sur lui. A l’évidence, pour la
famille et
les proches de Dominique Strauss-Kahn, l’épreuve
est
devant eux. Elle ne peut d’ailleurs être
souhaitée
à personne.
Cela étant, il est difficile de ne pas relever quelques
incohérences et erreurs
d’interprétation de la
classe politique française qui, hélas (nous
disons bien,
hélas, risque de prêter le flanc à un
discrédit supplémentaire), ne semble pas en
mesure de
relever le niveau de la repésentation populaire et ses
aspirations.
En particulier, il est un point sur lequel nous ne pouvons
que nous
élever ici : dire et laisser croire, comme nous
l’avons entendu
à plusieurs reprises, que cette affaire « porte
atteinte
à l’image de la France ». En effet, sous
cette formulation,
l’argument
n’est pas recevable. La réalité doit
être
précisée :
l’affaire DSK « porte atteinte à
l’image
d'une classe politique française »
déjà
trop souvent compromise, mais, en aucune
façon, ne doit atteindre l’image de la
France !
NE
PAS EN RESTER A L’ECUME DES VAGUES
Dominique
Strauss-Kahn : côté face, le mythe,
côté pile, sa
réalité !
L’étoile DSK s’est brusquement ternie.
La star se
révèle telle qu’elle était :
une construction médiatique, une peopolisation
montée en
épingle par des communicants qui, le plus souvent,
favorisent
la narration du superficiel au détriment de
l’analyse
fondée sur des critères objectifs et
dûment
professionnels.
A ce stade, il est difficile d’en rester à une
simple
narration des faits. Ce serait faire la part trop
belle à
l’écume des vagues.
En réalité, il existe des
éléments bien
plus graves et significatifs passés sous silence
à ce
jour. Nous ne nous attarderons pas ici sur les frasques connues de DSK,
bien qu'une certaine intelligentsia ait maintenu sur elles la loi de
l’omerta.
Dominique Strauss-Khan était présenté
comme un
personnage clé, discutant d’égal
à
égal avec les chefs d’Etat. La complaisance
médiatique préférait en rendre compte
ainsi.
Toutefois, cette présentation
traduit-elle la
réalité des faits ?
La réalité diffère quelque peu de la
présentation officielle. Dans sa
fonction de Président du FMI, Dominique Strauss-Khan n'a
rien inventé qui n’existât
déjà. C'est ainsi. C'est la stricte
réalité. Les prêts accordés
aux pays en
difficulté sont la résultante de
pratiques presque
déjà cinquantenaires. Les crédits
accordés par les pays
prêteurs résultent de techniques qui trouvent leur
origine
dans les DTS (Droits de Tirages Spéciaux),
inventés en
1969. Ils recouvrent des procédures de prêt entre
Etats et
banques centrales. Ces dernières années, le
procédé s’est transformé en
un gigantesque
système de « cavalerie monétaire
»
manié de façon bien imprudente. Tout un chacun
aurait
pourtant intérêt à chercher
à mieux
comprendre leur fonctionnement, pour une bonne et simple raison : un
jour ou l’autre, ils auront (nous aurons) à en
payer le prix !
La plupart des gens l’ignorent, mais le FMI était
mieux
géré et, en tout cas, de façon plus
efficace,
lorsqu’il était placé sous la
responsabilité
de techniciens qui se contentaient de faire leur travail et rien
d’autre. Rappelons que, avant Strauss-Kahn, deux
Français
ont occupé le poste : Jacques de Larosière (deux
mandats)
de 1978 à 1987, ainsi que Michel Camdessus
(reconduit sur
trois mandats) de 1987 à 2000. Ces deux hommes, inconnus du
grand public, ont rempli leur mission avec sérieux,
efficacité et application. Ils n’ont jamais fait
la une
des journaux people ni de médias en quête
d’informations commercialisables !
Nous pourrions résumer ainsi la face et le drame
cachés de Dominique Strauss-Kahn : un
« grand bourgeois » à qui ses amis
voulaient,
probablement contre son gré, faire revêtir un
habit
trop rigide, celui d’un socialisme quelque peu jaloux de la
prospérité d’autrui, quelque chose qui
ressemble à du «
peine à jouir »,
à un double langage qui ne réussit pas
à
enthousiasmer son public.
A l’inverse, la trajectoire de Dominique Strauss-Khan a
été montée en épingle pour
être
présentée à un public
laissé trop
volontiers dans l’ignorance de faits économiques
pourtant
à la portée du plus grand nombre. Un public qui,
hélas aussi, ne fait probablement pas suffisamment
d’efforts pour s’intéresser aux
questions
stratégiques d’importance qui conditionnent
pourtant son avenir.
DSK quitte la sphère des hommes politiques qui, sous couvert
de
sauvetage des pays en difficulté, mettent en
réalité en place une spoliation à
grande
échelle des populations des pays en proie à des
difficultés économiques. Les
épargnants
européens en seront également les futures
victimes. Il faut dire aussi que le
parti socialiste comme d'autres, ne dispose pas aujourd’hui
d’analystes lucides en
mesure de suivre ces phénomènes.
En outre, réussir à faire croire que Dominique
Strauss-Kahn
était socialiste, relevait de la gageure. A ce titre, sa
disparition de la scène politique rend service au parti
socialiste. Si la
manœuvre avait pu fonctionner jusqu’à
son terme,
nous aurions, très probablement, été
confrontés à la plus grande mysthification
(imposture) de la politique
française contemporaine.
Revenons, pour les expliciter, sur les montages mis en place
par le FMI, en accord avec les gouvernements nationaux. Voici notre
point de vue : les affaires du monde
sont de plus en plus ouvertement
gérées au
profit de la finance internationale.
Comment fonctionnent ces montages ? Contrairement à ce que
beaucoup pensent, ces mécanismes sont relativement
simples
à comprendre.
Suite aux spéculations développées
à un
niveau sans précédent au cours de la
décade
écoulée, les banques américaines ont
anticipé la création de valeur (production de
biens et
services). Autrement dit, en s’appuyant sur une
légalité construite sur mesure pour elles, elles
ont
cherché à s’accaparer, par la
spéculation,
l’argent et des bénéfices futurs de
l’activité des acteurs économiques.
Néanmoins, la machine a déraillé
à la suite
d’un retournement de conjoncture. La faillite de Lehman
Brothers
en 2008 a déclenché l’effondrement des
principaux
montages financiers qui ne reposaient que sur du sable (sur des
spéculations hasardeuses).
Suite aux défaillances enregistrées
dans le recouvrement des créances par les banques (dont
les créances hypothéquaires sur l'immobilier
américain), les
spéculateurs ont enregistré des pertes abyssales.
Pour
sauver les banques et les hedge funds, les Banques centrales et les
Etats ont été
contraints de leur venir en aide.
Sur le plan formel, sauver en conséquence
le système bancaire s'avérait être
une bonne intention. A priori, rien à dire donc, sauf que le
sauvetage des responsables de ce vaste gâchis
économique
(qui a entraîné les licenciements que
l’on sait)
s'est fait en passant sous silence une épineuse
question de
morale publique. Cela revenait
à
dédouaner de leurs responsabilités les
spéculateurs qui, en toute logique, étaient
censés
devoir assumer leurs erreurs et fautes. Pour ces derniers,
c'est
tout bénéfice : dans leur quasi
intégralité, les
profits reviennent dans leur escarcelle, tandis que
les pertes seront pour les contribuables (idem pour les bonus
distribués aux traders).
C'est ainsi que les pressions des financiers ont conduit les Banques
centrales ainsi que les Etats à « reprendre
à leur
compte » les créances des spéculateurs.
Par un
simple jeu d’écriture, ils se trouvent ainsi
lavés
des dégâts qu’ils avaient
occasionnés. Il
s’agit d’un tour de passe-passe auquel Dominique
Strauss-Khan a, avec d’autres, largement participé
à couvrir. Il y a
apporté la caution - au moins implicite - du FMI. Nous
allons
désormais avoir à faire face à une
réalité
extrêment cruelle : ce sera désormais aux
citoyens
des Etats
d’assumer personnellement et collectivement la charge de la
dette
créée par la spéculation des
financiers !
DSK
: un homme violent ?
La réponse apparaît, hélas, positive !
Nous allons préciser cette appréciation.
Il ne s’agit pas de s’étendre ici sur
les frasques
de DSK, ainsi que sur l’omerta et l’hypocrisie qui
ont
prévalu dans la presse et certaines élites
françaises au sujet des comportements « border
line
» du présumé innocent » ou du
«
présumé coupable »
DSK un homme violent ? En tout cas, oui, si l’on
considère
son passage au Ministère de l’Economie sous le
gouvernement Jospin de 1997 à 1999. Durant ce court laps de
temps, il a déchaîné, avec une violence
inégalée jusqu’alors, le
zèle et la hargne des Services
fiscaux. Il s’en est suivi une véritable chasse
aux
sorcières, responsable de la fermeture de plusieurs milliers
d’entreprises et de la perte de centaines de milliers
d’emplois.
Via les Services fiscaux, DSK s’en est pris
également aux
Associations qui ont été victimes de
procédures
d’inquisition et de redressements sauvages et irresponsables,
pour ne pas dire « imbéciles ». De
nombreux
élus, y-compris socialistes s’en sont
émus
auprès de Lionel Jospin lui-même.
Dans le même temps, Dominique Strauss-Kahn se
réservait le
traitement des dossiers des personnalités
privilégiées, les exonérant dans
certains cas de
tout paiement de l’impôt (les faits sont
là ; il suffit
de reprendre les chroniques de l’époque)
Jugement
et compassions
Il ne nous appartient pas, ici, de juger des hommes. Ce rôle
est
dévolu à la Justice. En ce qui nous concerne, nos
appréciations ne peuvent porter que sur
l’observation et
l’analyse des faits.
Pourtant, nous ne pouvons oublier la ou les victimes successives.
Dans l’affaire la plus récente, la principale
victime
demeure la présumée femme offensée
qui,
désormais, a toutes les chances de vivre un enfer. Elle doit
recevoir notre sympathie et notre soutien. C’est une question
de
décence, de morale publique et
d’honnêteté
intellectuelle.
Il ne fait aucun doute que Dominique Strauss-Kahn peut
s’offrir
les services d’avocats à deux mille dollars
l’heure.
Ceux-ci n’auront de cesse de rechercher dans le
passé de
la victime en vue de la discréditer, elle et son
témoignage. Il n'est pas
acceptable qu’elle puisse être salie
et méprisée une possible seconde fois.
La femme visée par la procédure a tout
à craindre de
ces avocats en apparence bien policés, qui peuvent
devenir, sur
commande, des « mercenaires payés au mensonge ou
à
l’alibi du plus offrant ».
Il ne faut pas être grand clerc pour prévoir les
roueries
qui pourraient être mise en place par une ligne de
défense
qui pensera être en mesure de
s’affranchir de tout scrupule. Ses
défenseurs pourront
soutenir qu’il ne s’est rien passé : la
femme sera
considérée comme une menteuse, une mythomane, une
«
pauvre fille » (une femme de chambre, noire,
immigrée,
sortie de la misère de son Afrique natale).
Dans un second temps, si les faits ne peuvent plus être
contestés, la femme entrera dans le groupe des nymphomanes
consentantes. En trente secondes chrono, elle sera tombée
sous
le charme ravageur d’un sexagénaire sortant de sa
salle de
bain (agressif comme un ours en rut et « bandant comme un
étalon » !)
Enfin, si l’agression sexuelle ne peut plus être
battue en
brêche, ils se raviseront. Ils plaideront coupable pour
obtenir
une transaction avec la plaignante. En se récusant, de
mensonges
piteux en régression, DSK ira t-il
jusqu’à accepter
l’infamie qui ne lui laissera aucune porte de sortie
honorable aux yeux de ses amis et de ses concitoyens ?
Peut-on faire un rapprochement avec d’autres affaires ? En
particulier, la droite de
Nicolas Sarkozy mérite t’elle davantage de
ménagement ou de considération ? Nous ne le
pensons pas.
L’on se souvient, en effet, de
l’indécence de la
nomination de Frédérique Mitterrand,
précédemment « touriste du sexe
» en
Thaïlande, au poste de Ministre de la culture. Un point
partout,
pourrait-on dire, et la partie recommence. Eh bien, non ! Ne
sommes-nous pas en présence d’images
éminemment
négatives offertes aux citoyens, relayées par une
classe politique qui, pour une large part, a perdu la confiance des
Français ?
Loin de nous l'idée de vouloir jouer ici aux procureurs,
moralisateurs ou autres donneurs de leçons.
Toute faiblesse peut avoir une cause profonde ou se cumuler avec un
élément de nature personnelle : solitude, manque
d’affection, misère sexuelle ou intellectuelle,
insatisfaction ou frustrations diverses.
Alors, pour nous faire pardonner des propos que certains jugeront trop
sévères (tout ne peut cependant être
dit), nous
pourrions y ajouter un peu de
légèreté en
montrant la voie du
pardon, " façon Enrico Macias " (Ndrl
: il ne s'agit pas d'une citation attribuée au chanteur,
mais d'une méthaphore ou figure de comparaison)
:
" S’il n’y avait que cela, mon frère,
pour
t’empêcher d’entrer en
résonance avec ton
désir et ton droit au bonheur, nous te pardonnerions
volontiers
ce qui
t’est reproché. En particulier, les griefs les
plus
acerbes à ton
égard pourraient tomber. La plus infamante
des accusations serait
levé si tu pouvais reconnaître que tu es
resté
prisonnier
d’un état second dont, malgré tes
efforts, tu n’as
pas réussi à t’extraire !
Mais, au moins, aie la dignité de demander
officiellement pardon de ton comportement. Il offense et blesse
quelqu’un qui, en humanité, te ressemble. Ne
crains pas de
perdre les faux amis qui s'intéressaient surtout
à un
pouvoir potentiel que, d’ailleurs, tu ne
détenais
pas. En
changeant de regard sur ta propre vie et sur le monde, tu peux gagner
des amitiés bien plus fidèles,
sincères et
durables ".
Pour sa part, Dominique Strauss-Kahn s’est-il
comporté en
irresponsable ou bien a t’il été
victime de sa
pathologie (une « addiction » qu’il
convient de
soigner) ? La vérité se trouve
peut-être entre les
deux (Désolé pour les amateurs de romans
policiers, mais,
à ce stade, il est difficile de retenir la
théorie du
complot ou celle de la femme de chambre vicieuse et perverse)
S’il nous fallait choisir entre plusieurs compassions, la
première irait à la femme de ménage
dont le
principal tort ou mérite est d’avoir accompli son
travail pour gagner sa vie (nettoyer et préparer des
chambres au prix d’un salaire mensuel inférieur au
montant
payé par le client d'une suite en une seule nuit,
une
situation par ailleurs surprenante pour un homme disposant
d’un
pied à terre à Manhattan).
La seconde de nos compassions va son épouse, Anne
Sinclair, à sa famille
et aux proches de DSK dont nous pouvons comprendre la souffrance et le
désarroi.
La troisième va, enfin, à
l’accusé
lui-même. Ses amis ont voulu lui faire endosser un costume
qui
n’était probablement pas taillé
à sa
personnalité. Ils en portent eux-aussi une part de
responsabilité indirecte.
Peut-on sérieusement envisager qu’un «
grand bourgeois
jouisseur » puisse facilement entrer dans le costume
nettement
plus serré d’un socialisme français
dont les
références sont par ailleurs
passéistes ?
Pour sa part, le parti de DSK, le parti socialiste, semble
engoncé dans un style à la
fois étriqué et théatral. Il fait
penser à du «
peine à accomplir ». D'ailleurs, son
fonds de
commerce, basé essentiellement sur les
difficultés
rencontrées par les Français, ne pouvait
être de
nature
à stimuler l’enthousiasme d'un
DSK, banquier et financier de son état, ni
d'ailleurs de
quiconque aspirant à une réelle
prospérité.
Qui pourrait
sérieusement penser que Dominique Strauss-Kahn ait pu, de
gaîté de cœur, accepter de promouvoir un
modèle économique visant certes à
réduire
les
inégalités, tout en courant
aussi le risque élevé de niveler par le
bas les revenus des Français ? Rien n'exclut qu'il n'ait pas
préféré une forme de « suicide
politique » éminemment tragique, plutôt
que de subir une aventure contraire à
ses aspirations les plus profondes.
Quelle
sera la position du parti socialiste ?
Il ne faudra que quelques jours, quelques semaines tout au plus, au
parti socialiste pour faire le deuil du mythe Strauss-Kahn. En
revanche, se refaire une santé sera plus difficile.
Le réalisme va cependant revenir à grand pas
à
l’approche des échéances
électorales.
C’est ainsi que la compétition va reprendre, en
mettant en
évidence les ambitions des uns et des autres. Restera
cependant
un « vide programmatique » persistant.
Quelles
conséquences à en tirer pour nous
Français ?
Cet
épisode supplémentaire atteint encore plus la
crédibilité d'une classe
politique française défaillante.
Cela doit nous servir d'électrochoc.
Pourrions-nous en tirer deux conclusions principales ?
- Réagir pour reprendre en mains notre destin, sans attendre
les recommandations d'improbables hommes providentiels ;
- Renouveler notre classe politique, en manque d'imagination, de
solutions et de références.
Comment croire en la prétendue gouvernance
d'élites
peu fiables et partisannes qui dévoient le débat
démocratique ? Elles font corps
autour de leurs privilèges en se renvoyant l'ascenseur.
Ellles
s'auto-protègent. Par le déni de parole et de
solutions
proposées aux citoyens, elles
acculent les plus fragiles au désespoir.
En réalité, ce ne sont pas les hommes en
eux-mêmes
qu'il faut récuser, ce sont les méthodes qu'il
faut
rejeter. Il faut pouvoir
s'appuyer sur des compétences qui, en
elles-mêmes, ne
suffisent pas. La morale (l'équité) en politique
ne peut
être bafouée. Elle requiert des femmes et
des hommes
intègres
et dévoués au
service de la Nation.
Nous pensons que, désormais, les Français ne
devraient
plus accepter d’être trahis. Notre souhait : que
les
conséquences en soient tirées, qu'une
véritable
prise de conscience intervienne. C'est le travail de chacun,
regroupé dans une action commune, qui nous
permettra de reprendre en
mains notre destin. C'est une affaire de volonté. C'est une
affaire de conviction.
Voilà bien des enjeux, essentiels, qui vont se trouver
au cœur de notre prochain débat national et qui
persisteront
tout au long du prochain quinquennat.
R.
Rouzioux-Saens,
Le 16 mai
2011.
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©
Annoncesno1.com - le magazine, 2 mai 2011
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