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PLAIDOYER POUR ... UNE EMISSION
NORMALE -
Chronique de René Saens
Nb - Cette chronique (prémonitoire) a été écrite bien avant la diffusion de (feu !) la « 1
ère compagnie » sur tf1. Puisse t'elle continuer
à
braver l'actualité du petit
écran !
Nous
connaissons tous, désormais, la surenchère qui
sévit entre les différentes chaînes de
télévision, engagées dans une course
effrénée aux « 100, 50, 40,
30, 20, 10 plus grands …etc. »
Il
y a de quoi demeurer perplexe face à une escalade
basée, à n’en pas douter, sur la
volonté louable de recueillir le maximum
d’audience, tout en courant le minimum de risques. Cependant,
il est à craindre que cela finisse par indisposer
ceux-là mêmes qui ne sont pas des suiveurs
inconditionnels, dans le genre « fans de
… »
Ce
« nec plus ultra » des
émissions ne finira
t’il pas par aboutir à fabriquer des
frustrés qui
auront de plus en plus de mal à regagner la terre
ferme ? A
l’inverse, que devons-nous faire pour gagner, sur
d’autres
terrains, la bataille de la course à
l’originalité ? Cherchons à
reconquérir
les éléments d’un public
tenté de
décrocher … bien avant la page de
publicité !
Rêvons un peu, pas du tout, beaucoup
… à la folie !
Je me prends une nouvelle fois à
rêver, et j’aimerais – sous
réserve de votre bon plaisir – vous
entraîner avec moi dans ce rêve ! Chers
amis lecteurs et téléspectateurs, je souhaiterais
vous avoir à mes côtés pour animer une
émission de « seconde
partie » de soirée. La nuit serait
à nous ! Elle serait belle, tendre,
généreuse, distrayante… et plus
encore ! Elle pourrait ressembler aux veillées en famille et entre amis que
certains ont connues dans leur enfance. Elle réunirait des
gens qui se déplaceraient, non pas pour se mettre en valeur
ou se vendre, mais pour le plaisir de passer quelques moments
agréables en belle et due compagnie.
Les échanges seraient vifs, inattendus
et, parfois même, décousus … mais
passionnants. Il y aurait aussi des silences et des respirations.
Parfois nous ririons du plaisir d’être ensemble,
parfois nous retiendrions nos larmes !
Nous serions sujets au trac ... En quelque sorte,
nous serions même sous pression, mais pas n’importe
laquelle ! L’animateur
« presserait » ses
invités de la plus belle des façons, parfois
à mains nues, parfois en faisant entendre puis chanter le
cliquetis doux et ferme du pressoir. Quelle serait
« goûtue » cette
« belle huile » qui en sortirait,
celle que l’on affirme être,
précisément, de
« première
pression » ! Même si, au
départ, elle devait sortir quelque peu troublée,
je lui laisserai néanmoins le temps de retrouver ses
esprits, de se décanter. Comme un maître de chais,
je la ré-assemblerai sans toutefois en trahir
l’esprit. Dans son processus d’affinage, elle
redeviendra limpide, claire, pure, et … presque
vierge ! J’inviterai Maïté
à venir la goûter. Au besoin, je lui demanderai de
coller quelques étiquettes. Je suggérerai
à Jean-Pierre Koffe de me donner quelques conseils
d’assaisonnement (même si ce
n’était pas toi Jean-Pierre, ce serait ton fils
spirituel, car il faudra bien que tu en désignes un,
l’un de ces jours) Qu’ils seraient beaux les
légumes de nos terroirs, les fruits odorants et
débordants de cette terre généreuse !
Quel plaisir nous aurions à les
« cuisiner » !
Dans cette « tambouille
à l’ancienne »,
j’inviterai même les artisans et artistes-chanteurs
à revisiter des mélodies hors du temps, mais pas
hors d’âge (sauf pour le cognac), celles qui
peuvent encore nous enchanter de leur présence. Attention,
je ne me parle pas ici de nostalgie. Je ne chercherai
d’ailleurs à singer personne. Comme je sais
qu’il faut aussi vivre avec son temps, je ne resterai pas,
non plus, le « cul sur ma
chaise » En animateur chargé
d’attiser le feu de l’action, je me tiendrai,
moi-aussi, sur le pont où les hommes mouillent
leur chemise !
Mes
invités ne seront pas tant choisis en fonction de leur
actualité, mais de ce qu’ils ont à
dire, à
conter et à raconter. Ce n’est pas tout :
je les
surprendrai et ils nous surprendront. Je les défierai et ils
relèveront nos défis. Bien entendu,
j’inviterai
aussi quelque « ours mal
léché »,
quelque déjanté ou décalé
de service. Je
garderai aussi une fenêtre ouverte sur ceux que
l’on voit
peu, mais que l’on gagnerait à
connaître et
à reconnaître!
A
boire et à manger, il y en aura assurément pour
tout le
monde ! Il faudra donner un nom à cette
émission,
à cette sorte
d’« l’Auberge
espagnole … à la Française
» (il ne
s’agit pour l’instant que d’un nom de
code) ! Nous
revisiterons les standards établis pour en
créer de
nouveaux ! Comme un grand Chef dans sa cuisine, l’animateur
sera,
bien évidemment, dur et exigeant avec ses collaborateurs,
mais
ce sera pour la bonne cause, rien moins que la contrepartie du salaire
conventionnel, le prix à payer pour gagner quelques
étoiles au Michelin de l’audiovisuel !
Autant sur le fond que sur la forme,
l’émission aura fière allure !
Elle sera faite par et pour des gens qui n’ont pas
l’ambition d’avoir les « plus
belles gueules », mais pour les autres, tous les
« cœurs
d’artichauts », ceux qui pour pallier
leurs insuffisances n’hésitent pas à
montrer, non sans fierté, leurs feuilles
bariolées !
Et si ce rêve
n’était plus rêve. S’il
devenait
réalité ?
Je mets, provisoirement, un terme à cet
exposé car il m’apparaît que, comme
toute bonne émission de télévision, un
plaidoyer ne doit pas être trop long !
A la semaine prochaine ou au mois prochain, si
Dieu le veut, et si vous le voulez bien !
René
Saens
©
Annoncesno1.com - le magazine, 5
janvier 2005
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