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" VIE DE PRINCE "
A MONACO : le défi monégasque -
Chronique de René Saens
Ndrl
- Depuis l'écriture de cette
chronique, peu d'initiatives
ou d'annonces notables sont venues marquer la vie du Rocher (nous "tempérons" cependant cette remarque initiale en revenant plus loin dans cette chronique sur
une initiative remarquée d'Albert Grimaldi, Prince de Monaco, en
2006, dans laquelle il apparaît résolument s'engager au nom de la
Principauté). A
croire qu'il est plus difficile de faire entendre sa voix sur des
sujets d'importance plutôt que de renvoyer (y-compris
à
son insu) son reflet sur les
pages glacées des magazines ou dans les colonnes des
journaux
people. D'ailleurs, le nouveau prince régnant peut-il
renoncer
facilement à une vie de dandy mondain,
contrôlée
plus
que
réglée
par une Cour appointée à penser en ses lieu et
place ?
Que peut-on attendre désormais de particulier, sachant que
les
grandes ambitions charismatiques ne
seront probablement pas au
rendez-vous ? Au final, et sur ce point, une
relative et probable déception après quelques
notes
d'espoir. Les
historiens dresseront-ils un jour le panégyrique
d'Albert II (prince sportif ou faux Gentil de service) ? Ou, tout
simplement, feront-ils le portrait d'un homme simple, un peu d'ailleurs
à l'image de son aïeul Albert 1er, soucieux de
goûter
une part de bonheur protocolaire servie au quotidien,
agrémentée à l'occasion d'un zeste
d'aventure. Il
est à parier que son penchant pour
des activités plus consensuelles
(sportives et de
grand air) s'avère et s'avérera plus fort que son
intérêt - qui reste à
démontrer - pour
les questions d'ordre philosophique ou politique. En
conséquence
de cela, il ne lui sera probablement pas demandé
d'être un découvreur ou un leader,
mais un ambassadeur, rôle qu'il a déjà
coutume d'assumer.
En ce qui concerne plus prosaïquement la " vie de
Prince
", le plus important tient, probablement, à ce que toutes
celles
et tous ceux qui résident à Monaco soient
invités
à la partager et à la vivre, à
condition toutefois
de disposer de la bonne fortune qui sied avec ! Le
bonheur
est sur la terre... (fusse t'elle non républicaine) qui n'a
pas
besoin d'institutionnaliser le RMI pour créer les conditions
favorables à la réussite de
ses citoyens!
Une Cité-Etat accrochée à un rocher
Monaco,
un territoire de deux
kilomètres carrés solidement arrimé
à un rocher mythique, jadis conquis de haute lutte. Plus
qu’un îlot de confort, de luxe et de
volupté, Monaco, c’est aussi un Etat pleinement
reconnu par la Communauté internationale. Il y a quelques années encore, une
« Cité Etat »
dirigée (en termes d'orientations et non de gouvernement)
par - feu - un Prince (le Prince Rainier) qui a su
préserver
niveau
de vie et prospérité, pour le plus grand
bénéfice de ses habitants [NB
- Il
ne s'agit pas, ici, de faire l'apologie d'un système
politique
par rapport à un autre (tout en n'étant cependant
ni
langue de bois, ni hypocrites), simplement de reconnaître
que des options constitutionnelles existent et qu'elles
relèvent aussi du libre choix des habitants d'un territoire]
Outre son
célèbre rocher,
Monaco c’est aussi un complexe économique et
touristique d’importance internationale. Si la place a su
acquérir une telle audience, cela ne tient ni au hasard, ni à un simple concours de circonstances. Depuis des décennies,
la Principauté bénéficie
d’une gestion avisée. Elle a ainsi pu associer
avec bonheur travail et festivités,
c’est-à-dire une formule magique qui aurait de
quoi faire pâlir d’envie bien d’autres
Etats modernes en apparence plus puissants. Que pourrait en effet
trouver à redire un grand pays voisin, sûr de lui
et dominateur, toujours prompt à se poser en donneur de
leçons ? Subir à son tour des reproches
ou bien accepter de recevoir des leçons de respect, de
courage et de convivialité ?
Voeux renouvelés et perspectives ?
Beaucoup
d’encre a
déjà coulé sur Monaco, ses fastes et
ses mondanités. Et pourtant, au moment où
l’un de ses princes régnants vient de tirer sa
révérence (Ndrl - le Prince Rainier est
décédé le 6 avril 2005), une fenêtre
s’ouvre sur une ère nouvelle à
construire à partir de ce socle de continuité.
Quelles en seront les principales caractéristiques et la
marque de fabrique ? Qu’entreprendront Monaco et son nouveau
Prince afin de relever les défis du vingt et
unième siècle ? Quelles contributions
apporteront-ils à l’équilibre de notre
Monde ? Des pistes exploratoires ont déjà
été ouvertes : préservation
de la faune et des fonds marins, actions de communication en faveur de
la solidarité internationale et du développement
durable … Des choix élargis en
perspective ! (Ndrl - Création le 27 juin 2006 de la Fondation Prince Albert II de Monaco, qui se veut un "accélérateur de projets et de solutions pour l'environnent", dans trois grands domaines ou axes de travail : le changement climatique, la biodiversité et l'eau).
Quoi qu’il
en soit, nous adressons nos
meilleurs vœux de prospérité et de
sérénité à Monaco,
à ses nouveaux responsables, de même
qu’à ses habitants. Et plus encore que le faste,
des vœux de réussite dans la mise en
œuvre d’actions perspicaces à la hauteur
des engagements d’un Etat moderne.
Dans
l’attente, nous ne saurions parler
de Monaco de façon habituelle ou ordinaire. C’est
la raison pour laquelle nous prolongeons ici cette
présentation sous forme d’un poème
intitulé : « Vie de Prince
à Monaco » dédié
à SAS Albert II et à ses concitoyens. Davantage
qu’un discours de circonstance, voici quelques
réflexions éponymes (Ndlr
- Extraits du recueil de textes intitulé « Parfums,
Saveurs et Couleurs de Vie », de
René Saens, paru aux Editions EDRS)
" Vie de Prince "
à Monaco (extraits)
Loin des fastes de Venise,
S’y reflète aussi la mer ;
La vie ne peut être grise
Quand les cieux sont bien trop chers,
Car ils marquent de leur emprise,
Fêtes, glamour ou bien surprises.
Près de l’hôtel Regina (*),
Où sont passées tant
d’étoiles,
La vue sur les marinas
Lance ses paillettes sur la toile.
Ici, avec père et mère,
On voudrait fuir l’éphémère.
Avoir un Prince pour Seigneur,
C’est donner sens aux honneurs.
Si c’est le prix du bonheur,
Pourquoi en retarder l’heure ?
Là, nous pourrions vivre vieux,
Et même faire bien des envieux.
Quand sur le rocher mythique,
Les clameurs égaient la nuit,
- Qui ne se veut hystérique -,
La lune ressort de son puits.
Vie de prince est solitaire,
Pour survivre à l’ordinaire !
Fenêtres et salle du trône,
Regardent vers les jardins,
Tandis qu’à la foire du trône,
Les mômes jouent avec entrain,
Sans protocole, ni soumis,
Car tous leurs rêves sont permis.
La famille de Luxembourg
Aime luxe, calme et volupté (**)
Elle n’a pas besoin de cour
Pour vivre une vie enchantée,
Bien que Grand duc ou duchesse
Ne puisse étaler richesse.
Aurions-nous donc en commun
Quelque noblesse de cœur ?
Si, pour une fois, nos chemins
Se tournaient vers le bonheur,
Nous pourrions nous rencontrer,
Au hasard des destinées !
René Saens.
(*) Hotel Régina : Titre de fiction
(**) En référence à Baudelaire
« Là, tout n’est
qu’ordre et beauté,
luxe,
calme et volupté ».
Charles
Baudelaire
in L’invitation au voyage.
©
Annoncesno1.com - le magazine, 5
janvier 2005
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